<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><feed xmlns='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss' xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'><id>tag:blogger.com,1999:blog-7750110186755123605</id><updated>2012-01-07T23:17:49.040Z</updated><title type='text'>La plume dissidente</title><subtitle type='html'>«L´enfer, c´est un endroit sans livre»
                    Elie Wiesel</subtitle><link rel='http://schemas.google.com/g/2005#feed' type='application/atom+xml' href='http://laplumedissidente.blogspot.com/feeds/posts/default'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7750110186755123605/posts/default?max-results=100'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laplumedissidente.blogspot.com/'/><link rel='hub' href='http://pubsubhubbub.appspot.com/'/><link rel='next' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7750110186755123605/posts/default?start-index=101&amp;max-results=100'/><author><name>la plume dissidente</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03412569277603503352</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='25' height='32' src='http://bp3.blogger.com/_fsVpp6E0gFg/R2LD2rHNZvI/AAAAAAAAAAM/1jGsASMCYsA/S220/santos.jpg'/></author><generator version='7.00' uri='http://www.blogger.com'>Blogger</generator><openSearch:totalResults>141</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>100</openSearch:itemsPerPage><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7750110186755123605.post-1714520556769084615</id><published>2011-12-28T15:29:00.002Z</published><updated>2012-01-07T23:17:49.056Z</updated><title type='text'>Chronique de janvier 2012</title><content type='html'>&lt;div dir="ltr" style="text-align: left;" trbidi="on"&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/-2WilJbJIt1M/Tvsz3B1Ra8I/AAAAAAAAAcM/FxKfJu_qe7M/s1600/douch.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/-2aebsU6vvWc/Tvs0QK5PDdI/AAAAAAAAAcg/ZlkJSLQKcbQ/s1600/fran%25C3%25A7ois+bizot.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" src="http://4.bp.blogspot.com/-2aebsU6vvWc/Tvs0QK5PDdI/AAAAAAAAAcg/ZlkJSLQKcbQ/s1600/fran%25C3%25A7ois+bizot.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&amp;nbsp;François Bizot&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/-TVGB1usH0TE/Tvs0U8ThXII/AAAAAAAAAco/YlnD0sOLLN0/s1600/livre+de+bizot.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" src="http://2.bp.blogspot.com/-TVGB1usH0TE/Tvs0U8ThXII/AAAAAAAAAco/YlnD0sOLLN0/s1600/livre+de+bizot.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/-fUdpIyowYFw/Tvs1VwTiUpI/AAAAAAAAAcw/5yzTpkAQEwQ/s1600/douch+devant+la+cour.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" src="http://1.bp.blogspot.com/-fUdpIyowYFw/Tvs1VwTiUpI/AAAAAAAAAcw/5yzTpkAQEwQ/s1600/douch+devant+la+cour.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;Douch devant la Cour&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/-TYkVR5kRsHs/Tvsz89ViCEI/AAAAAAAAAcU/bjeCHq57tSY/s1600/fran%25C3%25A7ois+bizot.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&amp;nbsp;Le bourreau du Kampuchéa.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Un bourreau est-il un être humain comme les autres? Peut-on affirmer que les génocidaires sont des êtres qui, par une quelconque perversion de la nature, se sont fait contaminer par un étrange virus qui leur aurait ôté toute humanité ? Ces questions qui dans une première lecture peuvent paraître assez simplistes sont depuis des décennies- à vrai dire après l´Holocauste-&amp;nbsp; au cœur des débats politiques et philosophiques.&amp;nbsp; Au même titre que le débat sur l´indicible, l´imprescriptibilité des crimes contre l´humanité ou le devoir de mémoire, la réflexion sur le rôle du bourreau et son côté monstrueux, du domaine de l´inhumain, n´a cessé de noircir nombre de pages sous la plume d´écrivains et chercheurs qui se sont penchés au fil des années sur le phénomène totalitaire. Au Cambodge-alors dénommé le Kampuchéa-, en Asie, dans les années soixante-dix, sous l´inspiration d´un certain Pol Pot (sobriquet de Saloth Sâr), a sévi un des totalitarismes les plus violents du vingtième siècle. Avant leur prise du pouvoir en 1975 et la mise en place d´un plan de collectivisation radicale qui a provoqué la mort de près de 1,7 million d´êtres humains (victimes de torture, épuisement et malnutrition), les Khmers rouges contrôlaient déjà, depuis le début des années 70, de vastes zones du territoire cambodgien où ils avaient strictement appliqué un socialisme à visage inhumain. &lt;br /&gt;Le 10 octobre 1971,&amp;nbsp; François Bizot, un jeune ethnologue de 31 ans qui faisait des recherches au Cambodge, accompagné de sa jeune fille Hélène, âgée d´un peu moins de quatre ans, et de deux collaborateurs, Lay et Son, est arrêté dans un monastère par des miliciens de la guérilla cambodgienne. Sa fille Hélène est laissée sur la route tandis que François Bizot, Lay et Son sont emmenés dans un camp, le M.13, où d´autres personnes étaient déjà emprisonnées. L´ethnologue français comparaît devant un simulacre de tribunal où on l´interroge sous l´œil d´un public applaudissant à tout rompre. Plus tard, rejoignant ses deux acolytes, il voit une demi-douzaine de jeunes filles, l´air dégouté, leur cracher au visage. Quoique condamné à mort par cette mascarade de tribunal, François Bizot est libéré au bout de quasiment trois mois (la veille de Noël) et la décision lui est communiquée par Kang Kek Iev, dit Douch, son geôlier, un intellectuel de 28 ans, professeur de mathématiques,&amp;nbsp; parlant couramment le français et suivant au pied de la lettre les consignes de Pol Pot. Malheureusement Lay et Son – François Bizot l´a appris plus tard- n´auraient pas la même chance et&amp;nbsp; seraient exécutés.&lt;br /&gt;Des années ont passé et ce n´est qu´en 2000 que François Bizot a décidé de livrer son premier témoignage sur sa captivité&amp;nbsp; en publiant aux éditions La Table Ronde le récit&amp;nbsp; &lt;i&gt;Le Portail&lt;/i&gt;, avec une belle préface de John Le Carré. Cet automne –en septembre 2011- est paru chez Flammarion un deuxième livre sur le même sujet, d´une autre perspective, intitulé &lt;i&gt;Le silence du bourreau.&amp;nbsp;&lt;/i&gt; Quel événement aurait-il poussé François Bizot, après un silence aussi long, à témoigner sur ses trois mois de captivité ? Certes, il y a de nombreux exemples dans l´histoire littéraire où l´on ne témoigne que bien des années plus tard. Il est bien des expériences qui réclament un temps de maturation, un temps de réflexion assez prolongé pour que la plume soit apte à livrer ses impressions. Toujours est-il que pour François Bizot il est deux dates qui ont contribué à déclencher dans son esprit le besoin de témoigner.&lt;br /&gt;La première c´est 1988. C´est en effet cette année-là que François Bizot, en regardant une photo, lors d´une visite à la prison de Tuol Sleng, a reconnu le visage de celui qui avait été son geôlier. Or, quelle ne fut sa stupeur en découvrant que celui en qui il était malgré tout parvenu à dénicher un brin d´humanité pendant son emprisonnement était, dans les années de la terreur des khmers rouges au Cambodge, le directeur même de cette prison, connue aussi sous le nom de camp S21, un centre de torture sis dans les locaux d´un ancien lycée à Phnom Penh. Il fut directement responsable de la mort de quelque 40.000 personnes. La deuxième date c´est en 1999 et là l´impact est encore plus incisif. Douch avait reparu vivant. Deux journalistes l´avaient trouvé et aussitôt reconnu grâce à de vieilles photos, il vivait paisiblement dans un village cambodgien.&amp;nbsp;&amp;nbsp; François Bizot ne pouvait plus se taire : « J´ai vu les éléments du puzzle infernal s´ordonner dans ma tête. La biographie de Douch ne pourrait plus être que celle du «bourreau de Tuol Sleng», alors qu´il m´avait fait voir à moi autre chose de lui-même. Il ne m´était plus permis de me taire : l´individu révolté, le spécialiste engagé, l´homme démasqué, l´être exigeant et moral, ou tout était vrai, ou tout était facette. Ses métamorphoses prenaient la signification des tragédies antiques qui n´expliquent rien, dont le sens est obscur, mais où le thème unique demeure la représentation des forces de la vie, au sein desquelles l´homme se débat, en plein milieu du danger»*.&lt;br /&gt;Le silence du bourreau- dont on a extrait les paroles que vous venez de lire- est un récit épuré, donc sans fioritures, et écrit face à l´extrême. Une œuvre de sagesse en ce sens que François Bizot dans le dépouillement&amp;nbsp; et la sobriété de son témoignage nous donne une merveilleuse leçon d´humanisme et de tolérance. Tolérance n´est aucunement synonyme ici d´une quelconque compréhension vis-à-vis des crimes perpétrés par Douch ou commis à son instigation. Le fait que François Bizot ait reconnu une part d´humanité dans le comportement de Douch pendant sa période de captivité ne renvoie nullement à un amenuisement de ses responsabilités criminelles. François Bizot ne plaide point la compassion pour Douch. La terrible interrogation qu´il ne peut s´empêcher de formuler porte sur la possibilité ou non de reconnaître les crimes des bourreaux dans toute leur dimension sans mettre en cause l´homme lui-même. C´est-à-dire-contrairement à ce que l´on croit d´ordinaire et reprenant de la sorte les réflexions présentées au début de cet article- que les bourreaux sont eux aussi&amp;nbsp; des êtres humains et non pas des monstres. Ce sont&amp;nbsp; des hommes comme vous et moi. Combien de fois n´avez-vous pas été frappé de stupéfaction après que l´on eut découvert&amp;nbsp; qu´un voisin poli et qui vous saluait gentiment chaque jour avait commis un crime des plus hideux ? &lt;br /&gt;Ce récit est composé de deux parties : le&amp;nbsp; bref récit de la captivité de François Bizot, sur fond du portrait de Douch(le révolutionnaire, le bourreau, le détenu, l´accusé) et les annexes du procès de Douch lui-même qui a été détenu en 1999.&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;br /&gt;Après l´arrestation de Douch,&amp;nbsp; François Bizot l´a vu pour la première fois en 2003. Le dialogue s´est poursuivi au-delà de leur rencontre sans aucune sorte de complicité entre les deux hommes. Le 31 juillet 2007, Douch est inculpé de crimes contre l´humanité, crimes de guerre et meurtres avec préméditation par le tribunal du génocide cambodgien, parrainé par les Nations Unies. Le procès s´ouvre le 17 février&amp;nbsp; 2009 et Douch&amp;nbsp; demande pardon aux victimes de la dictature de Pol Pot, notamment pour les crimes commis à la prison de Tuol Sleng. Il fait&amp;nbsp; part également de sa conversion au christianisme en 1996.&amp;nbsp; Pourtant, une volte-face se produit le 27 novembre 2009, le jour où Douch -qui avait plaidé coupable toute la procédure durant- demande son acquittement. Tout en reconnaissant les crimes qui lui sont imputés, il nie néanmoins avoir été un haut dignitaire du régime de Pol Pot. Début juillet 2010, il se passe des services de son avocat français Me François Roux mais conserve l´avocat cambodgien Me Kar Savuth. Le verdict est rendu le 26 juillet et Douch est condamné à 35 ans de réclusion pour crimes contre l´humanité.&amp;nbsp; Cette peine sera&amp;nbsp; revue à la baisse étant donné que l´on a reconnu que sa détention par une cour militaire après son arrestation en 1999 était illégale. Un nouveau procès international s´est ouvert le 28 mars 2011 puisque tant l´accusé que les parties civiles ont fait appel de cette condamnation. Le verdict sera rendu le 12 février. Les procureurs ont requis la perpétuité, commuée en quarante-cinq ans de détention&amp;nbsp; alors que Douch&amp;nbsp; a réaffirmé qu´il n´était pas un des pontes du régime, voulant&amp;nbsp; ainsi&amp;nbsp; échapper à la compétence de cette Cour internationale.&amp;nbsp; &lt;br /&gt;Quel que soit le verdict définitif de ce procès contre Douch, rien n´effacera la brillante déposition de François Bizot le 9 avril 2009 dont je reproduis pour terminer l´ extrait&amp;nbsp; qui suit, révélateur de la stature humaine et morale de cet ethnologue français : «(…)Pour prendre la mesure de l´abomination du bourreau et de son action(…)je dis qu´il faut réhabiliter l´humanité qui l´habite. Si nous en faisons un monstre à part, dans lequel nous ne sommes pas en mesure de nous reconnaître, en tant qu´être humain, l´horreur de son action me semble nous échapper dans une certaine mesure. Alors que si nous considérons qu´il est un homme avec les mêmes capacités que nous-mêmes, nous sommes effrayés au-delà de cette espèce de ségrégation qu´il faudrait faire entre les uns qui seraient capables de tuer et puis nous qui n´en sommes pas capables. Je crains malheureusement qu´on ait une compréhension plus effrayante du bourreau quand on prend sa mesure humaine».&amp;nbsp; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;*&lt;i&gt;Le silence du bourreau&lt;/i&gt;, page 27.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À lire de François Bizot :&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Le silence du bourreau&lt;/i&gt;,&amp;nbsp; éditions Flammarion. Paris, 2011.&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Le Portail&lt;/i&gt;, éditions La Table Ronde, Paris 2000(disponible aussi en édition de poche dans la collection Folio, chez Gallimard). &lt;br /&gt;P.S- Sur cette période noire de l´histoire du Cambodge, je vous conseille aussi la lecture du roman très intéressant de Patrick Deville, &lt;i&gt;Kampuchéa&lt;/i&gt; (éditions du Seuil, Paris, 2011), considéré par le magazine Lire comme le meilleur roman de l´année dernière.&lt;br /&gt;À lire aussi &lt;i&gt;L´Élimination&lt;/i&gt;, de Rithy Panh, avec Christophe Bataille(éditions Grasset, Paris 2011) et à regarder le film de Rithy Panh, &lt;i&gt;Douch, le maître des forges de l´enfer&lt;/i&gt;, dans les salles françaises à partir du 18 janvier. &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7750110186755123605-1714520556769084615?l=laplumedissidente.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laplumedissidente.blogspot.com/feeds/1714520556769084615/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7750110186755123605&amp;postID=1714520556769084615' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7750110186755123605/posts/default/1714520556769084615'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7750110186755123605/posts/default/1714520556769084615'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laplumedissidente.blogspot.com/2011/12/chronique-de-janvier-2012.html' title='Chronique de janvier 2012'/><author><name>la plume dissidente</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03412569277603503352</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='25' height='32' src='http://bp3.blogger.com/_fsVpp6E0gFg/R2LD2rHNZvI/AAAAAAAAAAM/1jGsASMCYsA/S220/santos.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/-2aebsU6vvWc/Tvs0QK5PDdI/AAAAAAAAAcg/ZlkJSLQKcbQ/s72-c/fran%25C3%25A7ois+bizot.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7750110186755123605.post-5164162679556414289</id><published>2011-12-27T16:52:00.000Z</published><updated>2011-12-27T16:52:02.257Z</updated><title type='text'>Centenaire de la naissance de Alves Redol</title><content type='html'>&lt;div dir="ltr" style="text-align: left;" trbidi="on"&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/-ek1Z6UMqeIs/Tvn1rAHGjKI/AAAAAAAAAb4/RCpgNRfPz6s/s1600/alves+redol.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" src="http://2.bp.blogspot.com/-ek1Z6UMqeIs/Tvn1rAHGjKI/AAAAAAAAAb4/RCpgNRfPz6s/s1600/alves+redol.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Jeudi prochain, 29 décembre, on signalera le centenaire de la naissance d´un grand écrivain portugais du vingtième siècle, António Alves Redol.&amp;nbsp; Intellectuel progressiste et représentant du courant néo-réaliste de la littérature portugaise, Alves Redol a dépeint dans ses romans et ses contes le quotidien triste et gris des milieux ruraux et ouvriers portugais(surtout de Ribatejo,la région dont il était issu), muselés par la dictature de Salazar.Parmi ses oeuvres principales, on se permet de relever &lt;i&gt;Gaibéus&lt;/i&gt;(1939), &lt;i&gt;Avieiros&lt;/i&gt;(1942), &lt;i&gt;Fanga&lt;/i&gt;(1943), &lt;i&gt;A barca dos Sete Lemes&lt;/i&gt;(1958), &lt;i&gt;Barranco de Cegos&lt;/i&gt;(1961) et &lt;i&gt;Constantino, guardador de vacas e de sonhos&lt;/i&gt;(1962).&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Alves Redol est né à Vila Franca de Xira où il existe depuis 1990 le Musée du Néo-réalisme, en guise d´hommage à Alves Redol lui-même et à tous les écrivains de ce courant littéraire.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt; Il est mort à Lisbonne le 29 novembre 1969.&amp;nbsp; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7750110186755123605-5164162679556414289?l=laplumedissidente.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laplumedissidente.blogspot.com/feeds/5164162679556414289/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7750110186755123605&amp;postID=5164162679556414289' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7750110186755123605/posts/default/5164162679556414289'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7750110186755123605/posts/default/5164162679556414289'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laplumedissidente.blogspot.com/2011/12/centenaire-de-la-naissance-de-alves.html' title='Centenaire de la naissance de Alves Redol'/><author><name>la plume dissidente</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03412569277603503352</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='25' height='32' src='http://bp3.blogger.com/_fsVpp6E0gFg/R2LD2rHNZvI/AAAAAAAAAAM/1jGsASMCYsA/S220/santos.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/-ek1Z6UMqeIs/Tvn1rAHGjKI/AAAAAAAAAb4/RCpgNRfPz6s/s72-c/alves+redol.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7750110186755123605.post-537338686397671461</id><published>2011-12-18T12:42:00.001Z</published><updated>2011-12-19T10:53:52.391Z</updated><title type='text'>Vaclav Havel n´est plus</title><content type='html'>&lt;div dir="ltr" style="text-align: left;" trbidi="on"&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/-kdO-HmilqJ4/Tu3fGWtjoyI/AAAAAAAAAbk/q28n8Odn-qs/s1600/vaclav+havel.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="298" src="http://2.bp.blogspot.com/-kdO-HmilqJ4/Tu3fGWtjoyI/AAAAAAAAAbk/q28n8Odn-qs/s320/vaclav+havel.jpg" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Grièvement malade depuis longtemps, Vaclav Havel est mort aujourd´hui à l´âge de 75 ans. Dramaturge(&lt;i&gt;Fête en plein air, L´Audience,Largo desolato,Assainissement.&lt;/i&gt;..)et essayiste( &lt;i&gt;Le Pouvoir des&lt;/i&gt; &lt;i&gt;sans-pouvoir, L´Angoisse de la liberté&lt;/i&gt;...)Vaclav Havel est surtout connu comme homme politique. Dissident pendant la période communiste et co-fondateur du mouvement Charte 77, il fut emprisonné à plusieurs reprises et en 1989 il est devenu un des symboles les plus représentatifs de la révolution de velours. Nommé président de la Tchécoslovaquie en 1989 ,il a démissionné de ses fonctions le 20 juillet 1992 lorsque la partition entre Tchèques et Slovaques est devenue inéluctable. Pourtant,il a été&amp;nbsp; élu président de la République tchèque en 1993 et réélu en 1998.Il s´est vu décerner de nombreux prix, récompensant non seulement son oeuvre d´écrivain mais aussi son intervention civique. C´est toujours avec une énorme tristesse que l´on apprend la mort d´un humaniste...&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7750110186755123605-537338686397671461?l=laplumedissidente.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laplumedissidente.blogspot.com/feeds/537338686397671461/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7750110186755123605&amp;postID=537338686397671461' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7750110186755123605/posts/default/537338686397671461'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7750110186755123605/posts/default/537338686397671461'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laplumedissidente.blogspot.com/2011/12/vaclav-havel-nest-plus.html' title='Vaclav Havel n´est plus'/><author><name>la plume dissidente</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03412569277603503352</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='25' height='32' src='http://bp3.blogger.com/_fsVpp6E0gFg/R2LD2rHNZvI/AAAAAAAAAAM/1jGsASMCYsA/S220/santos.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/-kdO-HmilqJ4/Tu3fGWtjoyI/AAAAAAAAAbk/q28n8Odn-qs/s72-c/vaclav+havel.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7750110186755123605.post-6570203723614343547</id><published>2011-12-17T19:09:00.000Z</published><updated>2011-12-17T19:11:08.616Z</updated><title type='text'>Le Prix Pessoa pour Eduardo Lourenço</title><content type='html'>&lt;div dir="ltr" style="text-align: left;" trbidi="on"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/-mtz9Va1mywg/Tuzor0oiMYI/AAAAAAAAAbc/dVQWM3veAcs/s1600/eduardo+louren%25C3%25A7o.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="320" src="http://2.bp.blogspot.com/-mtz9Va1mywg/Tuzor0oiMYI/AAAAAAAAAbc/dVQWM3veAcs/s320/eduardo+louren%25C3%25A7o.jpg" width="318" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&amp;nbsp;Quand j´ai appris l´attribution du Prix Pessoa- un des plus prestigieux de la culture portugaise, créé il y a vingt-cinq par l´hebdomadaire Expresso et qui récompense chaque année une personnalité importante du pays-au penseur et essayiste Eduardo Lourenço,je me suis dit:«Il était temps» En effet, mieux vaut tard que jamais. Toujours est-il que Eduardo Lourenço l´a bien mérité, lui qui, à l´âge de 88 ans, ne cesse de réflechir sur le Portugal et l´Europe. Habitant à Vence(la petite ville française où est décédé en 1969 l´écrivain polonais Witold Gombrowicz, un des plus géniaux du vingtième siècle)depuis 1965, ancien professeur universitaire à Grenoble et à Nice, où il est devenu maître de conférences, Eduardo Lourenço est l´auteur entre autres titres de &lt;i&gt;Mythologie de la Saudade, Le Labyrinthe de&amp;nbsp; la saudade(essais sur la mélancolie portugaise), Fernando Pessoa,roi de notre Bavière, L´Europe désenchantée: pour une mythologie européenne &lt;/i&gt;ou&lt;i&gt; La splendeur du&lt;/i&gt; &lt;i&gt;chaos&lt;/i&gt;. En 1988, il a reçu le prix européen de l´essai Charles Veillon. Ses oeuvres sont disponibles en français chez des maisons d´édition comme Metailié, La Différence, L´escampette et Chandeigne.En portugais,ses Oeuvres Complètes sont maintenant en cours de publication par la prestigieuse Fondation Calouste Gulbenkian.&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7750110186755123605-6570203723614343547?l=laplumedissidente.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laplumedissidente.blogspot.com/feeds/6570203723614343547/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7750110186755123605&amp;postID=6570203723614343547' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7750110186755123605/posts/default/6570203723614343547'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7750110186755123605/posts/default/6570203723614343547'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laplumedissidente.blogspot.com/2011/12/le-prix-pessoa-pour-eduardo-lourenco.html' title='Le Prix Pessoa pour Eduardo Lourenço'/><author><name>la plume dissidente</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03412569277603503352</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='25' height='32' src='http://bp3.blogger.com/_fsVpp6E0gFg/R2LD2rHNZvI/AAAAAAAAAAM/1jGsASMCYsA/S220/santos.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/-mtz9Va1mywg/Tuzor0oiMYI/AAAAAAAAAbc/dVQWM3veAcs/s72-c/eduardo+louren%25C3%25A7o.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7750110186755123605.post-4955429186770187421</id><published>2011-12-02T22:13:00.003Z</published><updated>2011-12-15T16:30:58.931Z</updated><title type='text'>Le Cervantès pour Nicanor Parra</title><content type='html'>&lt;div dir="ltr" style="text-align: left;" trbidi="on"&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/-iST2_Quld2k/TtlXe3K0DFI/AAAAAAAAAbU/SOhYOroWqB0/s1600/nicanor%2Bparra.jpg"&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5681668592621587538" src="http://3.bp.blogspot.com/-iST2_Quld2k/TtlXe3K0DFI/AAAAAAAAAbU/SOhYOroWqB0/s200/nicanor%2Bparra.jpg" style="cursor: pointer; display: block; height: 134px; margin: 0px auto 10px; text-align: center; width: 200px;" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quoique je sois très attaché à la culture de langue espagnole(comme les lecteurs de ce blog peuvent le constater en lisant mes chroniques) je n´ai jamais fait ici mention de l´attribution annuelle du Prix Cervantès qui récompense tous les ans un grand écrivain de langue espagnole, même quand il fut attribué à un écrivain de ma prédilection, comme ce fut le cas en 2009 avec la consécration du poète mexicain José Emilio Pacheco. Pourtant, je ne pouvais nullement passer sous silence l´attribution du prix au poète chilien Nicanor Parra et ceci parce que depuis des années j´essaie de faire auprès de mes amis la promotion de son oeuvre, pratiquement inconnue au Portugal et en France. Auteur de plus d´une vingtaine de livres de poésie-dont le plus connu est peut-être &lt;span style="font-style: italic;"&gt; Poemas y Antipoemas&lt;/span&gt;(1954)-, Nicanor Parra a 97 ans et il est frère de la grande chanteuse Violeta Parra(décédée en 1967). Souvent, à l´occasion d´une fête d´anniversaire ou d´un dîner professionnel ou simplement entre amis, où l´on boit du vin, je cite de mémoire des vers de Nicanor Parra sur le nectar des dieux. Les vers- extraits du poème Coplas del Vino, du livre La Cueca Larga(1958)- sont ceux qui suivent: «El vino tiene un poder/que admira y que desconcierta/transmuta la nieve en fuego/y al fuego lo vuelve piedra»(«Le vin a un pouvoir/qui force l´admiration et déconcerte/il transforme la neige en feu/et le feu se mue en pierre»).&lt;br /&gt;J´espère bien que cette distinction contribuera à éveiller l´intérêt des éditeurs du Portugal, de la France et d´autres pays  pour l´oeuvre de Nicanor Parra.         &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7750110186755123605-4955429186770187421?l=laplumedissidente.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laplumedissidente.blogspot.com/feeds/4955429186770187421/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7750110186755123605&amp;postID=4955429186770187421' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7750110186755123605/posts/default/4955429186770187421'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7750110186755123605/posts/default/4955429186770187421'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laplumedissidente.blogspot.com/2011/12/le-cervantes-pour-nicanor-parra.html' title='Le Cervantès pour Nicanor Parra'/><author><name>la plume dissidente</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03412569277603503352</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='25' height='32' src='http://bp3.blogger.com/_fsVpp6E0gFg/R2LD2rHNZvI/AAAAAAAAAAM/1jGsASMCYsA/S220/santos.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/-iST2_Quld2k/TtlXe3K0DFI/AAAAAAAAAbU/SOhYOroWqB0/s72-c/nicanor%2Bparra.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7750110186755123605.post-8024975828720250823</id><published>2011-12-02T21:51:00.004Z</published><updated>2011-12-02T22:10:02.552Z</updated><title type='text'>Christa Wolf (1929-2011)</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/-H6IGK2xy3yg/TtlMWlgMtUI/AAAAAAAAAbI/T5mXRrYthDM/s1600/christa%2Bwolf.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 200px; height: 131px;" src="http://2.bp.blogspot.com/-H6IGK2xy3yg/TtlMWlgMtUI/AAAAAAAAAbI/T5mXRrYthDM/s200/christa%2Bwolf.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5681656355812586818" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Hier, nous avons appris la mort, à l´âge de 82 ans, de Christa Wolf, un des plus grands écrivains allemands. Auteur, entre autres titres, de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Médée. Voix&lt;/span&gt; et &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Cassandre.Les prémisses et le&lt;/span&gt; &lt;span style="font-style: italic;"&gt;récit&lt;/span&gt;, Christa Wolf a vécu dans l´ancienne RDA et certains lui ont souvent reproché sa complaisance envers le régime en place. En fait, elle n´a jamais été une enthousiaste de la réunification et en 1993, dans une interview accordée au Berliner Zeitung, elle a avoué sa «collaboration informelle» avec le Ministère de la Sûreté et de l´État de la RDA. Quoi qu´il en soit, son oeuvre compte parmi les plus importantes de la littérature allemande contemporaine et fut couronnée de plusieurs prix en Allemagne et à l´étranger.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7750110186755123605-8024975828720250823?l=laplumedissidente.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laplumedissidente.blogspot.com/feeds/8024975828720250823/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7750110186755123605&amp;postID=8024975828720250823' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7750110186755123605/posts/default/8024975828720250823'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7750110186755123605/posts/default/8024975828720250823'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laplumedissidente.blogspot.com/2011/12/christa-wolf-1929-2011.html' title='Christa Wolf (1929-2011)'/><author><name>la plume dissidente</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03412569277603503352</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='25' height='32' src='http://bp3.blogger.com/_fsVpp6E0gFg/R2LD2rHNZvI/AAAAAAAAAAM/1jGsASMCYsA/S220/santos.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/-H6IGK2xy3yg/TtlMWlgMtUI/AAAAAAAAAbI/T5mXRrYthDM/s72-c/christa%2Bwolf.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7750110186755123605.post-8654782795453052171</id><published>2011-11-27T18:51:00.005Z</published><updated>2011-12-15T16:35:23.408Z</updated><title type='text'>Chronique de décembre 2011</title><content type='html'>&lt;div dir="ltr" style="text-align: left;" trbidi="on"&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/-kfVsCZcEiCA/TtKJH2eUCcI/AAAAAAAAAaw/W7cWyMjBWFU/s1600/manuel%2Bchaves%2Bnogales.jpg"&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5679752848042363330" src="http://4.bp.blogspot.com/-kfVsCZcEiCA/TtKJH2eUCcI/AAAAAAAAAaw/W7cWyMjBWFU/s200/manuel%2Bchaves%2Bnogales.jpg" style="cursor: pointer; display: block; height: 110px; margin: 0px auto 10px; text-align: center; width: 200px;" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Manuel Chaves Nogales ou l´honneur de son métier.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="FR" style="mso-ansi-language: FR;"&gt;«J´étais ce que les sociologues dénomment un «petit-bourgeois libéral», citoyen d´une république démocratique et parlementaire». Cet aveu de &lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt; &lt;/span&gt;Manuel &lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt; &lt;/span&gt;Chaves Nogales, on peut le lire dans le prologue de son œuvre &lt;span style="font-style: italic;"&gt;A sangre y fuego&lt;/span&gt;(&lt;span style="font-style: italic;"&gt;À sang et à feu&lt;/span&gt;),neuf récits sur la guerre civile espagnole, probablement- je l´ai déjà écrit ailleurs- un des meilleurs livres que l´on eût jamais écrits sur ce conflit qui a ravagé l´Espagne dans les années trente du vingtième siècle. Au &lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt; &lt;/span&gt;début de cet automne est parue en Espagne sous la plume de María Isabel Cintas Guillén, une biographie de Manuel Chaves Nogales, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;El oficio de contar&lt;/span&gt;(&lt;span style="font-style: italic;"&gt;le métier de raconter&lt;/span&gt;)(1), &lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt; &lt;/span&gt;témoignant de l´intérêt croissant que suscite depuis quelques années enfin&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;  &lt;/span&gt;l´œuvre de cet écrivain et journaliste espagnol qui fut sans l´ombre d´un doute une des voix les plus lucides et l´une des plumes les plus avisées de la période la plus sanglante de la vie espagnole du siècle dernier. Cet intérêt est néanmoins-vous l´avez déjà sûrement déduit de mes paroles – tout récent. &lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt; &lt;/span&gt;Les écrivains Andrés Trapiello, Arcadi Espada ou Antonio Muñoz Molina comptent parmi les intellectuels qui se sont interrogés ces derniers temps sur le long silence qui s´est abattu pendant des décennies sur l´œuvre de ce journaliste et écrivain qui eut le tort de faire preuve de modération lorsque la passion la plus irrationnelle s´était emparée de l´Espagne au mitan des années trente. Attaché à la démocratie et à la légalité républicaine et parlementaire, dans ses écrits n´a jamais percé&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;  &lt;/span&gt;la moindre complaisance vis-à-vis des extrémismes de tout bord. Si la barbarie franquiste lui répugnait, il n´en croyait pour autant pas à la pureté révolutionnaire. Dans le prologue cité plus haut, il écrit : «N´importe quel révolutionnaire, avec tout le respect, m´a toujours semblé quelque chose d´aussi pernicieux qu´un quelconque réactionnaire.» Chaves Nogales savait de quoi il retournait, lui qui en reportage dans la patrie des Soviets avait constaté que les lendemains ne chantaient ni aussi fort ni de façon aussi accordée que ça. Son intransigeance devant la vérité est peut-être la raison qui explique non seulement que son nom fût mis sous le boisseau après le triomphe franquiste mais aussi que les cercles de l´opposition en exil n´eussent jamais fait le moindre effort pour promouvoir son œuvre.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="FR" style="mso-ansi-language: FR;"&gt;Manuel Chaves Nogales est né en 1897 à Séville dans un milieu relativement aisé et intellectualisé. Sa mère était concertiste et son père, Manuel Chaves Rey, un journaliste assez réputé localement qui travaillait notamment pour le journal El Liberal dont le directeur fut, pendant un temps,&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;  &lt;/span&gt;son beau-frère, José Nogales. Manuel Chaves Nogales s´est découvert lui aussi assez tôt cette vocation familiale et dès son enfance il accompagnait son père dans les rédactions des journaux où celui-ci collaborait. À la mort prématurée&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;  &lt;/span&gt;de Manuel Chaves Rey, son fils s´est fait fort de compléter une œuvre inachevée du père : &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Crónica Abreviada o Registr&lt;/span&gt;o &lt;span style="font-style: italic;"&gt;de Sucesos de la ciudad de Sevilla&lt;/span&gt; (Chronique abrégée ou Rapport d´événements de la ville de Séville), publiée en 1916. À vingt ans, il était déjà journaliste professionnel et officiait comme rédacteur des journaux El Noticiero Sevillano et La Noche et c´est encore dans la capitale andalouse qu´il&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;  &lt;/span&gt;a publié son premier livre d´essais &lt;span style="font-style: italic;"&gt;La ciudad(La ville&lt;/span&gt;). En 1922, il est parti avec sa femme Pilar à Madrid où il a collaboré aux périodiques La Acción, Ahora, La Estampa et surtout El Heraldo dont il est devenu rédacteur en chef et où il a fait la connaissance du grand journaliste César Gonzalez Ruano(2). En 1927 il a remporté le prix&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;  &lt;/span&gt;Mariano de Cavia, le plus prestigieux de la presse espagnole, grâce à son reportage «La llegada de Ruth Elder à Madrid» («L´arrivée de Ruth Elder à Madrid»), sur la première femme &lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt; &lt;/span&gt;ayant&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;  &lt;/span&gt;croisé l´Océan Atlantique en vol solitaire. Manuel Chaves Nogales était bel et bien au sommet de son art et les années suivantes les reportages à l´étranger se sont succédé, en Italie, en France, en Allemagne et &lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt; &lt;/span&gt;en Russie(ou plutôt en Union Soviétique). La toute nouvelle patrie des Soviets lui a inspiré quatre livres importants dans sa bibliographie : &lt;span style="font-style: italic;"&gt;La vuelta a Europa en avión, un pequeño burgués en la Rusia roja(Le tour d´Europe en avion, un petit bourgeois dans la Russie rouge&lt;/span&gt;), en 1929 ; &lt;span style="font-style: italic;"&gt;La&lt;/span&gt; &lt;span style="font-style: italic;"&gt;bolchevique enamorada-el amor en la Rusia roja(La bolchevique amoureuse- l´amour dans la Russie rouge)&lt;/span&gt; en 1930 ; &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Lo que ha quedado del imperio de los zares(Ce qui reste de l´empire des&lt;/span&gt; &lt;span style="font-style: italic;"&gt;tsars&lt;/span&gt;), publié en 1931 et &lt;span style="font-style: italic;"&gt;El maestro Juan Martínez estaba allí&lt;/span&gt; (&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Le double jeu de Juan&lt;/span&gt; &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Martínez&lt;/span&gt; ), paru en 1934. Si dans les deux &lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt; &lt;/span&gt;premiers livres, il raconte ce qu´il voit dans l´Union Soviétique des vainqueurs de la révolution, dans le troisième, il brosse le portrait de la soi-disant Russie blanche, la bourgeoisie et l´aristocratie russes qui ont fui leur pays après la révolution bolchevique. Il interroge nombre de ces figures- surtout à Paris où la plupart d´entre elles se sont&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;  &lt;/span&gt;réfugiées-, décrit le dénuement d´une ancienne élite et les mœurs qu´elle a pu conserver en exil. Il interviewe, outre des citoyens anonymes, des figures de renom comme le Grand -Duc&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;  &lt;/span&gt;Cyrile, Mathilde Kchesinska, la maîtresse de Nicolas II, le dernier tzar, ou le menchevique social-démocrate Alekxandr &lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt; &lt;/span&gt;Fiodorovitch Kerensky, qui, ayant contribué à mettre un terme à l´empire tsariste dans la révolution de février 1917, fut à son tour renversé par les bolcheviques en octobre de la même année. Contrairement à la rumeur qui s´était répandue à l´époque, nourrie par la propagande bolchevique, Kerensky ne jouissait pas d´un exil doré grâce à l´or volé pendant les quelques mois où il avait officié au gouvernement russe, mais menait une vie plutôt modeste en tant qu´éditeur d´un petit journal russe à Paris(3).Enfin, le quatrième livre «à l´ambiance russe» est un roman où l´on est témoin de l´imagination prodigieuse de Manuel Chaves Nogales aussi bien que de sa verve de conteur. &lt;span style="font-style: italic;"&gt;El maestro Juan Martínez estaba allí&lt;/span&gt; raconte l´histoire d´un danseur de flamenco Juan Martínez lui-même et sa compagne Sole qui en tournée en Russie sont pris de court par les événements révolutionnaires de février 1917. Sans pouvoir quitter le pays, ils sont en proie à toutes sortes de péripéties, assistent à la victoire des bolcheviques en octobre et à la guerre civile sanglante qui s´ensuit.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="FR" style="mso-ansi-language: FR;"&gt;L´éclectisme de Manuel Chaves Nogales s´étale au grand jour en 1935&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;  &lt;/span&gt;avec la parution de celui qui est sûrement son livre le plus connu : &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Juan Belmonte, matador de toros, su vida y sus&lt;/span&gt; &lt;span style="font-style: italic;"&gt;hazañas(Juan Belmonte, matador de taureaux, sa vie et ses prouesses), &lt;/span&gt;une biographie du torero mythique Juan Belmonte, sévillan comme l´auteur. D´aucuns considèrent encore aujourd´hui ce livre comme aussi mythique que la figure portraiturée, à coup sûr un des meilleurs livres jamais écrits sur la tauromachie et peut-être aussi sur la ville de Séville. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="FR" style="mso-ansi-language: FR;"&gt;En 1936 alors que Manuel Chaves Nogales dirigeait (depuis 1931) le journal Ahora, proche de Manuel Azaña(4), éclatait la guerre civile espagnole. L´ écrivain et journaliste sévillan- qui s´était déjà taillé une réputation de grand reporter, ayant notamment interviewé des figures politiques de l´actualité dont le ministre nazi de la Propagande Joseph Goebbels (qu´il a qualifié de «ridicule») et ayant fait état des nouveaux camps de travail hitlériens- &lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt; &lt;/span&gt;se met au service de la République espagnole et partant de la légalité parlementaire.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="FR" style="mso-ansi-language: FR;"&gt;Ses éditoriaux, objectifs et percutants, témoignent de la fermeté de ses convictions.&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;  &lt;/span&gt;Quand le gouvernement quitte Madrid le 6 novembre 1936, Manuel Chaves Nogales se rend compte qu´il ne peut rien faire d´autre pour défendre le régime républicain sur le territoire espagnol et quelques semaines plus tard il part à Paris.&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;  &lt;/span&gt;Toujours dans le prologue de son&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;  &lt;/span&gt;livre &lt;span style="font-style: italic;"&gt;A sangre y&lt;/span&gt; &lt;span style="font-style: italic;"&gt;fuego&lt;/span&gt;, publié au Chili en 1937, ses paroles sont celles d´un homme à la fois désabusé et doté d´une extrême lucidité dans ses jugements : « Je suis parti quand j´ai eu la conviction intime que tout était perdu et qu´ il n´y avait plus rien à sauver, quand la terreur ne me laissait plus vivre et le sang me noyait. Attention ! Dans ma désertion le sang versé par les bandes d´assassins qui exerçaient la terreur rouge à Madrid pesait autant que celui que déclenchaient les avions de Franco, tuant des femmes et des enfants innocents. Et je craignais autant ou davantage la barbarie des maures, des bandits de Tercio et des assassins de la Phalange que celle des analphabètes anarchistes ou communistes(…) J´ai voulu me payer le luxe de n´éprouver aucune solidarité à l´égard des meurtriers. Peut-être est-ce un luxe excessif pour un Espagnol». Et plus loin, sur les raisons de son départ : &lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;&lt;/span&gt;«Homme d´un seul métier j´ai erré dans l´Espagne gouvernementale confondu avec ces pauvres gens arrachés à leur ménage et à leur labeur par le tourbillon de la guerre. Je me suis expatrié lorsque je me suis aperçu que rien&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;  &lt;/span&gt;d´autre ne pourrait se faire en Espagne que d´aider à la guerre même.»&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="FR" style="mso-ansi-language: FR;"&gt;En ce temps-là, Paris grouillait de réfugiés venus de tous les coins d´Europe, notamment d´Espagne à cause de la guerre, d´Allemagne fuyant le nazisme. Tantôt tolérés, tantôt dédaignés par les autorités françaises, nombre d´entre eux menaient une vie misérable, séjournant en des hôtels louches comme Arturo Barea(5), un autre écrivain espagnol longtemps oublié, ou sombrant dans l´alcoolisme comme le grand écrivain et journaliste autrichien Joseph Roth.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="FR" style="mso-ansi-language: FR;"&gt;Manuel Chaves Nogales, quant à lui, est toujours aussi actif en exil et met sa plume au service du combat contre la poussée du fascisme en Europe. Il participe à la résurrection de l´agence Havas, collabore à France Soir, Candide, L´Europe Nouvelle et à nombre de périodiques latino- américains. De son appartement dans le quartier de Montrouge, il compose un petit journal, à l´intention des exilés espagnols, sur les nouvelles d´Espagne, le plus souvent ramenées par les nouveaux exilés eux-mêmes. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="FR"&gt;Fiché par la Gestapo, Manuel Chaves Nogales doit abandonner Paris quelques jours avant l´invasion nazie et partir d´abord à Bordeaux puis à Londres où il s´est fixé. La débâcle française lui&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;  &lt;/span&gt;inspire un nouveau livre- encore une fois d´une lucidité et d´une objectivité hors de pair-intitulé &lt;span style="font-style: italic;"&gt;L&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span lang="FR" style="font-style: italic;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;span lang="FR" style="mso-ansi-language: FR;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;a agonia de Francia &lt;/span&gt;(&lt;span style="font-style: italic;"&gt;L´agonie de la France&lt;/span&gt;). Son séjour parisien avait permis à Manuel Chaves Nogales de connaître un peu les méandres de la politique française et de ne pas s´étonner de l´archaïsme des militaires, de la lâcheté des hommes politiques –que la romancière russe Nina Berberova, exilée elle aussi à Paris,&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;  &lt;/span&gt;a qualifié de «cadavres ambulants»-et de l´insouciance des citoyens devant la menace expansionniste tudesque. Ce francophile&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;  &lt;/span&gt;explique, de main de maître, comment le pays qui avait été pendant plus d´un siècle un modèle à suivre par tant d´autres nations de par le monde, par son attachement aux valeurs de la démocratie et de la liberté, a pu succomber aussi facilement devant l´avalanche nazie qui, à vrai dire, n´a fait qu´une bouchée de l´armée française. Ce livre fut publié en 1941 à Montevideo. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="FR" style="mso-ansi-language: FR;"&gt;Manuel Chaves Nogales part donc à Londres, mais sa famille rentre en Espagne. Dans la capitale britannique, fidèle à ses principes et aux combats de toute une vie, il collabore au service étranger de la B.B.C,&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;  &lt;/span&gt;dirige The Atlantic Pacific Press Agency et tient une chronique régulière dans le quotidien Evening Standard. En&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;  &lt;/span&gt;mai 1944, une péritonite a fauché la vie de cet homme exemplaire. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="FR" style="mso-ansi-language: FR;"&gt;Longtemps épuisés et introuvables- même chez les bouquinistes, ce que les Espagnols désignent comme librerías de viejo- ses livres sont aujourd´hui réédités à un rythme assez régulier grâce à des maisons d´édition comme Libros del Asteroide, Espasa Calpe, Renacimiento ou Almuzara. En français, il y a pour l´instant trois traductions disponibles : &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Juan Belmonte, matador de taureaux&lt;/span&gt; (Verdier) ; &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Le double jeu de Juan Martínez&lt;/span&gt; et &lt;span style="font-style: italic;"&gt;À feu et à sang&lt;/span&gt; (Quai Voltaire). La parution de l´essai&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;  &lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;L´agonie de la France&lt;/span&gt; est prévue pour l´année prochaine. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="FR"&gt;&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt; &lt;/span&gt;Victime&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;  &lt;/span&gt;peut-être, pendant des décennies, de ceux qui conçoivent la politique, la littérature, le journalisme ou l´histoire comme des écoles de sectarisme et de vengeance, honni pour son indépendance, Manuel Chaves Nogales est enfin réhabilité. Tant mieux pour la littérature et le journalisme espagnols qui retrouvent ainsi une de ses références majeures de la première moitié du vingtième siècle. Ils sont grands les pays qui savent honorer leurs justes…&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="FR" style="mso-ansi-language: FR;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="FR" style="mso-ansi-language: FR;"&gt;&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="FR" style="mso-ansi-language: FR;"&gt;(1)Le livre est paru aux éditions de la Fundación José Manuel de Lara.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="FR" style="mso-ansi-language: FR;"&gt;(2)Le prix González Ruano, en l´honneur de ce journaliste renommé, est aujourd´hui un des plus prestigieux de la presse espagnole. Ce prix est octroyé par la Fondation Mapfre et le dernier lauréat est Jorge Edwards (voir la chronique de mai 2011) pour son article La serpiente de San Miguel(Le serpent de Saint-Michel), paru le 11 juin 2010 dans le quotidien chilien La Segunda et quatre jours plus tard dans le quotidien espagnol El País. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="FR" style="mso-ansi-language: FR;"&gt;(3) Kerensky est mort à New York en 1970, à l´âge de 89 ans.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="FR" style="mso-ansi-language: FR;"&gt;(4)Manuel Azaña fut un des hommes politiques espagnols les plus réputés des années trente. Il fut premier ministre lors de l´avènement de la République en 1931, puis Président de la République pendant la guerre civile.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="FR" style="mso-ansi-language: FR;"&gt;(5)Arturo Barea est parti à Londres avec sa femme Ilse &lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt; &lt;/span&gt;Kulcsar, une autrichienne, en&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;  &lt;/span&gt;février 1939 et y a vécu jusqu´à sa mort en 1957. C´est dans la capitale britannique qu´il a publié &lt;span style="font-style: italic;"&gt;La&lt;/span&gt; &lt;span style="font-style: italic;"&gt;forja de un rebelde(La forge d´un rebelle&lt;/span&gt;),devenu un succès à l´époque.&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;   &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7750110186755123605-8654782795453052171?l=laplumedissidente.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laplumedissidente.blogspot.com/feeds/8654782795453052171/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7750110186755123605&amp;postID=8654782795453052171' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7750110186755123605/posts/default/8654782795453052171'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7750110186755123605/posts/default/8654782795453052171'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laplumedissidente.blogspot.com/2011/11/chronique-de-decembre-2011.html' title='Chronique de décembre 2011'/><author><name>la plume dissidente</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03412569277603503352</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='25' height='32' src='http://bp3.blogger.com/_fsVpp6E0gFg/R2LD2rHNZvI/AAAAAAAAAAM/1jGsASMCYsA/S220/santos.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/-kfVsCZcEiCA/TtKJH2eUCcI/AAAAAAAAAaw/W7cWyMjBWFU/s72-c/manuel%2Bchaves%2Bnogales.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7750110186755123605.post-2625009303137074338</id><published>2011-11-20T12:12:00.003Z</published><updated>2011-11-20T12:38:27.306Z</updated><title type='text'>Daniel Sada n´est plus</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/-_j9_tT2neJE/Tsj0Op_jbaI/AAAAAAAAAak/a04QcLaMwMs/s1600/daniel%2Bsada.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 200px; height: 154px;" src="http://4.bp.blogspot.com/-_j9_tT2neJE/Tsj0Op_jbaI/AAAAAAAAAak/a04QcLaMwMs/s200/daniel%2Bsada.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5677055862928272802" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;L´écrivain mexicain Daniel Sada, conteur, romancier et poète, né le 25 février 1953 à Mexicali, est décédé vendredi dernier, 18 novembre, à Mexico, victime d´une insuffisance rénale. Daniel Sada était considéré comme un des écrivains latino-américains les plus représentatifs de sa génération et sa prose a souvent été comparée, par sa richesse lexicale, à celle du grand écrivain cubain José Lezama Lima. Son oeuvre avait été récompensée par des prix assez prestigieux comme le Xavier Villaurrutia  en 1992 pour le roman &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Registro de causantes &lt;/span&gt;et le Prix Herralde en 2008 pour le roman &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Casi Nunca.&lt;/span&gt; Le Prix National Mexicain des Sciences et des Arts lui a été attribué vendredi dernier, le jour de son décès. Daniel Sada, hospitalisé, est mort sans avoir appris cette dernière distinction.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7750110186755123605-2625009303137074338?l=laplumedissidente.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laplumedissidente.blogspot.com/feeds/2625009303137074338/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7750110186755123605&amp;postID=2625009303137074338' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7750110186755123605/posts/default/2625009303137074338'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7750110186755123605/posts/default/2625009303137074338'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laplumedissidente.blogspot.com/2011/11/daniel-sada-nest-plus.html' title='Daniel Sada n´est plus'/><author><name>la plume dissidente</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03412569277603503352</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='25' height='32' src='http://bp3.blogger.com/_fsVpp6E0gFg/R2LD2rHNZvI/AAAAAAAAAAM/1jGsASMCYsA/S220/santos.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/-_j9_tT2neJE/Tsj0Op_jbaI/AAAAAAAAAak/a04QcLaMwMs/s72-c/daniel%2Bsada.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7750110186755123605.post-5392548621979961332</id><published>2011-11-13T21:57:00.004Z</published><updated>2011-12-18T22:09:51.142Z</updated><title type='text'>Un cahier mural de Philippe Despeysses</title><content type='html'>&lt;div dir="ltr" style="text-align: left;" trbidi="on"&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/-SKqbgyUERsQ/TsA_D63Z8ZI/AAAAAAAAAaY/nlh60ugrKnk/s1600/cahier%2Bmural-philippe%2Bdespeysses.jpg"&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5674604867060625810" src="http://3.bp.blogspot.com/-SKqbgyUERsQ/TsA_D63Z8ZI/AAAAAAAAAaY/nlh60ugrKnk/s200/cahier%2Bmural-philippe%2Bdespeysses.jpg" style="cursor: hand; cursor: pointer; display: block; height: 100px; margin: 0px auto 10px; text-align: center; width: 100px;" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Jeudi prochain, 17 novembre, notre ami Philippe Despeysses présentera à 19 heures à l´Institut Français du Portugal, à Lisbonne(AV. Luís Bivar, 91), son dernier livre de poésie &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Chaque mot est un pas&lt;/span&gt;, un cahier mural avec des photos de Hervé Hette et traduction de Maria do Carmo Faria.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Après la présentation, on aura droit à un petit spectacle avec des musiciens du Cap-Vert. Un événement à ne pas rater.&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7750110186755123605-5392548621979961332?l=laplumedissidente.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laplumedissidente.blogspot.com/feeds/5392548621979961332/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7750110186755123605&amp;postID=5392548621979961332' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7750110186755123605/posts/default/5392548621979961332'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7750110186755123605/posts/default/5392548621979961332'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laplumedissidente.blogspot.com/2011/11/un-cahier-mural-de-philippe-despeysses.html' title='Un cahier mural de Philippe Despeysses'/><author><name>la plume dissidente</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03412569277603503352</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='25' height='32' src='http://bp3.blogger.com/_fsVpp6E0gFg/R2LD2rHNZvI/AAAAAAAAAAM/1jGsASMCYsA/S220/santos.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/-SKqbgyUERsQ/TsA_D63Z8ZI/AAAAAAAAAaY/nlh60ugrKnk/s72-c/cahier%2Bmural-philippe%2Bdespeysses.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7750110186755123605.post-6301640769311640720</id><published>2011-11-02T15:05:00.003Z</published><updated>2011-11-02T15:21:27.120Z</updated><title type='text'>Alexis Jenni remporte le prix Goncourt 2011</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/-67R4RCN9xMI/TrFfeoyk7zI/AAAAAAAAAaI/YLdxouFLO3A/s1600/alexis%2Bjenni.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 200px; height: 100px;" src="http://2.bp.blogspot.com/-67R4RCN9xMI/TrFfeoyk7zI/AAAAAAAAAaI/YLdxouFLO3A/s200/alexis%2Bjenni.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5670418385786433330" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Alexis Jenni, 48 ans, professeur de biologie à Lyon, vient de remporter le Prix Goncourt 2011. &lt;span style="font-style: italic;"&gt;L´art français de la guerre&lt;/span&gt; est le titre de ce premier roman, une fresque sur l´héritage des guerres coloniales en France. Ce pavé(autour de 640 pages) est publié chez Gallimard.&lt;br /&gt;Entretemps, le prix Renaudot a été attribué à Emmanuel Carrère pour son livre &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Limonov&lt;/span&gt;(chez P.O.L) qui est d´ailleurs le sujet de la dernière chronique de ce blog . Enfin, le Grand Prix du roman de l´Académie Française avait déjà récompensé la semaine dernière le livre &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Retour à Killibegs&lt;/span&gt; de  Sorj Chalandon, chez Grasset.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7750110186755123605-6301640769311640720?l=laplumedissidente.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laplumedissidente.blogspot.com/feeds/6301640769311640720/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7750110186755123605&amp;postID=6301640769311640720' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7750110186755123605/posts/default/6301640769311640720'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7750110186755123605/posts/default/6301640769311640720'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laplumedissidente.blogspot.com/2011/11/alexis-jenni-remporte-le-prix-goncourt.html' title='Alexis Jenni remporte le prix Goncourt 2011'/><author><name>la plume dissidente</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03412569277603503352</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='25' height='32' src='http://bp3.blogger.com/_fsVpp6E0gFg/R2LD2rHNZvI/AAAAAAAAAAM/1jGsASMCYsA/S220/santos.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/-67R4RCN9xMI/TrFfeoyk7zI/AAAAAAAAAaI/YLdxouFLO3A/s72-c/alexis%2Bjenni.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7750110186755123605.post-6359560973123761031</id><published>2011-10-28T12:26:00.012+01:00</published><updated>2011-12-15T11:20:48.127Z</updated><title type='text'>Chronique de novembre 2011</title><content type='html'>&lt;div dir="ltr" style="text-align: left;" trbidi="on"&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/-uQ-NDZxuwCs/TqqTpBqlllI/AAAAAAAAAZ8/5465ftTnTV0/s1600/emmanuel%2Bcarr%25C3%25A8re.jpg"&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5668505414030169682" src="http://2.bp.blogspot.com/-uQ-NDZxuwCs/TqqTpBqlllI/AAAAAAAAAZ8/5465ftTnTV0/s200/emmanuel%2Bcarr%25C3%25A8re.jpg" style="cursor: pointer; display: block; height: 132px; margin: 0px auto 10px; text-align: center; width: 200px;" /&gt;&lt;/a&gt;Emmanuel Carrère&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/-6YMetID-8Hs/TqqTbns8VfI/AAAAAAAAAZw/lwPISru5Bas/s1600/%25C3%25A9douard%2Blimonov.jpg"&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5668505183722427890" src="http://3.bp.blogspot.com/-6YMetID-8Hs/TqqTbns8VfI/AAAAAAAAAZw/lwPISru5Bas/s200/%25C3%25A9douard%2Blimonov.jpg" style="cursor: pointer; display: block; height: 110px; margin: 0px auto 10px; text-align: center; width: 200px;" /&gt;&lt;/a&gt;Edouard Limonov&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/-QglmQ473Szs/TqqTUuIFVaI/AAAAAAAAAZk/n3dJP1TUpNc/s1600/livre%2Bd%25C2%25B4emmanuel%2Bcarr%25C3%25A8re.jpg"&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5668505065187792290" src="http://4.bp.blogspot.com/-QglmQ473Szs/TqqTUuIFVaI/AAAAAAAAAZk/n3dJP1TUpNc/s200/livre%2Bd%25C2%25B4emmanuel%2Bcarr%25C3%25A8re.jpg" style="cursor: pointer; display: block; height: 147px; margin: 0px auto 10px; text-align: center; width: 100px;" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une autre vie que celle d´Emmanuel Carrère.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="FR" style="mso-ansi-language: FR;"&gt;Avant sa parution le 8 septembre, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Limonov&lt;/span&gt;, le dernier livre (biographie ? roman-enquête ?roman biographique ? biofiction(1) ?) d´Emmanuel Carrère était un des plus attendus de la rentrée. Inspiré par la vie de l´écrivain russe Edouard Limonov, ce livre a fait l´objet, dans presque toutes les gazettes,&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;  &lt;/span&gt;de commentaires fort élogieux, contribuant ainsi à asseoir la réputation d´Emmanuel Carrère comme un des auteurs français les plus prestigieux de l´actualité. La&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;  &lt;/span&gt;seule exception- du moins parmi celles que j´ai&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;  &lt;/span&gt;lues- à ce tableau dithyrambique, je l´ai dénichée sous la plume d´Oriane Jeancourt Galignani, dans le magazine Transfuge. Le livre est d´ailleurs présenté au sommaire du numéro de septembre de ce beau magazine de littérature et de cinéma comme une des déceptions de la rentrée avec &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Les Souvenirs&lt;/span&gt; de David Foenkinos et &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Freedom&lt;/span&gt; de Jonathan Franzen. Les arguments d´Oriane Jeancourt Galignani sont assez solides. Ils ne mettent pas en question les qualités littéraires du livre, mais le fait qu´il n´est pas à proprement parler une fiction(le titre de l´article l´annonce d´ailleurs sans ambages : Ceci n´est pas un roman). La journaliste ne cache pas son admiration pour l´œuvre de l´auteur dont elle évoque les livres précédents où Carrère confrontait le lecteur «à l´objet obscur de son effroi». Il manque, selon Oriane Jeancourt Galignani, à Limonov ce que recelait&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;  &lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;L´Adversaire&lt;/span&gt;, un autre livre de l´auteur, «un mystère, une ombre sur le visage qui permettrait de suggérer cette folie grimpante, sur le point de posséder l´homme». Et la phrase finale de l´article est assez lapidaire : «Nul anonyme n´a jamais survécu dans un livre d´histoire». Quoique l´on puisse considérer qu´elle n´a pas tout à fait tort et que l´on puisse ranger ce livre au rayon de la biographie historique, il n´en est pas moins vrai- à mon avis, du moins- qu´Emmanuel Carrère a trouvé pour nous raconter l´histoire d´Edouard Limonov une formule séduisante, aérée, teintée aussi d´impressions autobiographiques, tenant le lecteur en haleine tout le long de près de cinq cents pages et ceci –on doit le reconnaître- il faut bien un sacré talent pour le faire. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="FR" style="mso-ansi-language: FR;"&gt;Qui est au fait Edouard Limonov ? Aura-t-il eu-de son propre aveu- une vie de merde ? Qu´est-ce qu´une vie de merde, par ailleurs ? Edouard Véniaminovitch Savenko, dit Limonov, écrivain et fondateur du parti national-bolchevique est né le 22 février 1943 à&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;  &lt;/span&gt;Dejerzinsk dans un milieu qui n´était pas particulièrement aisé. Son père Veniamine Savenko était issu d´une famille de paysans. Electricien habile, il est recruté par le NKVD, police politique soviétique, et c´est grâce&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;  &lt;/span&gt;à ce recrutement qu´il a&amp;nbsp;pu échapper au front et fut affecté à la garde d´une usine d´armement. C´est lors d´un bombardement qu´il connaît une jeune ouvrière, Raïa Zybine, fille d´un directeur de restaurant, destitué pour détournement de fonds. En 1947, Savenko est muté à Kharkov, en Ukraine. C´est la qu´Édouard grandit et rejoint une bande de garnements qui font leur vie pratiquement dans la rue. Il&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;  &lt;/span&gt;est friand de&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;  &lt;/span&gt;poésie et commence à fréquenter avec le temps les milieux artistiques. Il connaît deux femmes importantes dans sa vie (une troisième des années plus tard) : Anna, une maniaco-dépressive&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;  &lt;/span&gt;et Elena, un mannequin. Entre 1967 et 1974, il vit à Moscou où il fait partie de l´underground moscovite.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="FR" style="mso-ansi-language: FR;"&gt;Contrairement à des dissidents avérés, qui plus est choyés par les «démocraties bourgeoises», que la bureaucratie moscovite pourrait facilement classer comme «antisociaux» et «antisoviétiques» et que Limonov ne tenait pas lui-même en haute estime comme Josef Brodsky et Alexander Soljenitsyne, le jeune intellectuel grandi à Kharkov était plutôt du menu fretin.&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;  &lt;/span&gt;Quoiqu´il en soit, les circonstances de son départ aux Etats-Unis ne sont pas très claires. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="FR" style="mso-ansi-language: FR;"&gt;Toujours est-il qu´en 1975 Édouard Limonov et Elena débarquent à New-York où la vie ne sera pas une partie de plaisir. Ils fréquentent certes des gens huppés mais cela ne leur vaut pas pour autant d´avoir pignon sur rue. Ils commencent à se disputer jusqu´à consommer leur&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;  &lt;/span&gt;rupture. Limonov vivote, écrit pour de petits journaux d´émigrés russes de faible tirage où la plupart des journalistes parlent à peine l´anglais-le baragouinent plutôt-et connaît des expériences homosexuelles. Il prend du plaisir à «sucer des bites» et&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;  &lt;/span&gt;à «se faire enculer par des Noirs», histoire de vérifier si le mythe de la puissance sexuelle des hommes d´origine africaine a quelque fond de vérité. De ces expériences, il&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;  &lt;/span&gt;écrit deux livres intitulés respectivement &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Le poète russe préfère&lt;/span&gt; &lt;span style="font-style: italic;"&gt;les grands Nègres&lt;/span&gt; et &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Journal d´un raté&lt;/span&gt;(2). À un moment donné, il devient valet de chambre d´un milliardaire, ce qui lui inspirera&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;  &lt;/span&gt;un autre titre : &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Histoire de son serviteur&lt;/span&gt;. Ces livres verront le jour des années plus tard à Paris où l´on retrouve Limonov en 1980.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="FR" style="mso-ansi-language: FR;"&gt;Dans la ville lumière, il séjournera toute la décennie et connaîtra Natacha, la troisième femme de sa vie. Il est particulièrement actif, collabore à des journaux et fait partie, Jean-Edern Hallier en tête, de l´équipe qui relancera L´idiot international. C´est à cette époque aussi qu´il acquiert la réputation de rouge-brun, à la fois fasciste et bolchevique. Ceci explique qu´il ne salue pas la chute du mur de Berlin et qu´il aura vite la nostalgie de l´empire soviétique. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="FR" style="mso-ansi-language: FR;"&gt;Il rentre dans son pays&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;  &lt;/span&gt;dès décembre 1989 et ne peut naturellement s´empêcher d´être témoin de l´écroulement de l´Union Soviétique. Il participe à deux reprises à la guerre en ex-Yougoslavie, prenant le parti serbe, bien entendu, solidarité slave oblige. En 2002, il est arrêté, purgeant une peine de deux ans pour trafic d´armes et tentative de coup d´état au Kazakhstan. Ces dernières années, il a animé le parti national bolchevique(interdit par la cour de la ville de Moscou le 19 avril 2007), le mouvement L´Autre Russie et se déclare ennemi juré de Vladimir Poutine.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="FR" style="mso-ansi-language: FR;"&gt;Cette réputation de rouge-brun et cette nostalgie de l´Union Soviétique donneraient peut-être matière à réflexion à&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;  &lt;/span&gt;tous ceux&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;  &lt;/span&gt;qui croient à la pureté des dissidents, à quiconque pense que quelqu´un qui a vécu sous la botte d´un régime totalitaire ne peut nullement épouser des combats qui contredisent les&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;  &lt;/span&gt;idéaux de liberté et de justice. &lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt; &lt;/span&gt;Ce serait oublier que Soljenitsyne lui-même - qui avait affirmé un jour que Limonov «est un petit insecte qui écrit de la pornographie»-victime du&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;  &lt;/span&gt;Goulag(3) et symbole majeur de la dissidence avait la nostalgie de la Sainte Russie tzariste, a soutenu Poutine et, s´érigeant en moraliste attitré, a pondu force imprécations contre la dégradation morale des démocraties occidentales. Poutine, pour sa part, adversaire de Limonov, n´a-t-il pas déploré l´effondrement de l´Union Soviétique en déclarant devant le parlement russe le 26 avril 2005 qu´il s´agissait de «la plus grande catastrophe géopolitique du vingtième siècle» ? Quant à Edouard Limonov, eût-on pu jamais le considérer comme un dissident ? Son départ aux États-Unis dans les années soixante-dix ne fut-il pas, comme Emmanuel Carrère l´insinue dans son livre, le fait d´une ruse ? &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="FR" style="font-size: 11pt;"&gt;Au bout du compte, la Russie intemporelle a toujours été là. Il y a une continuité historique&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;  &lt;/span&gt;entre la Russie tzariste et l´Union Soviétique (surtout sous la férule de Staline). Même philosophie de mépris pour la condition humaine entre le bagne décrit par Dostoïevski et le goulag soviétique. Même les méthodes de torture de la Tchéka, puis Guépeou, ensuite NKVD et enfin KGB n´étaient pas au fait aussi dissemblables que ça, à part l´évolution technique naturelle, de celles employées par l´Okhrana tzariste. Aujourd´hui même, à y regarder de plus près, malgré des procédés adoucis et sous une façade démocratique, le poutinisme et le medvédisme puisent un peu dans l´héritage éternel de la Russie tzariste et soviétique. Les soupçons sur le rôle des services secrets dans le meurtre de la journaliste Anna Politovskaïa(3) et l´empoisonnement de l´ancien espion Alexander Litvinenko ne se sont jamais dissipés &lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt; &lt;/span&gt;et nul n´ignore que Poutine est un ancien officier du KGB. On pourrait même se demander si entre Limonov et Poutine il n´y aurait pas par hasard un certain rapport d´amour-haine. Ne sont-ils pas assez proches après tout ?&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;  &lt;/span&gt;Emmanuel Carrère y croit, comme il l´a confié dans une interview au magazine Les Inrockuptibles : «Ils viennent du même milieu social, ressentaient de la fierté pour le communisme en préférant ignorer le Goulag parce que pour eux l'essentiel était que la Russie ait vaincu l'Allemagne. Ils ont une même vision du monde : le droit du plus fort, le refus de toute espèce de sentimentalité, considérer tous les trucs de démocratie et de droits de l'homme avec un haussement d'épaules. Si Limonov ne s'était pas mis dans une position d'opposant, Poutine devrait être son héros. Que Poutine dise à l'Occident "je vous emmerde et vous ne marchez pas sur nos pieds comme ça" reste la raison de sa grande popularité en Russie. Ce qui apparaît comme typiquement russe chez Limonov, c´est son côté extrême, comme un personnage de Dostoïevski. Il est capable d´autodestruction, sauf que lui rebondit toujours. Sa capacité vitale est fascinante. Au fond, c´est un personnage nietzschéen, qui veut donner du style à sa vie».&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;  &lt;/span&gt;&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span lang="FR" style="font-size: 11pt; mso-ansi-language: FR;"&gt;&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;   &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="FR" style="mso-ansi-language: FR;"&gt;Emmanuel Carrère, né en 1957, fils de l´académicienne Hélène Carrère d´Encausse( auteur de l´essai &lt;span style="font-style: italic;"&gt;L´empire éclaté&lt;/span&gt;, publié encore du temps de l´Union Soviétique en 1978), a déjà une dizaine de livres à son actif. Parmi ses titres, je me permets de relever ceux qui sont peut-être les plus emblématiques comme &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Le Détroit de Behring&lt;/span&gt; (1986), essai sur l´uchronie(évocation imaginaire dans le temps, fondée sur le modèle d´utopie, voir à ce propos dans les archives de ce blog la chronique de juillet 2010 sur un livre de Christian Kracht) ; &lt;span style="font-style: italic;"&gt;La classe de neige&lt;/span&gt;(1995), prix Femina ; &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Je suis vivant et vous êtes mort&lt;/span&gt;(1999), une biographie de Philip K. Dick ; &lt;span style="font-style: italic;"&gt;L´adversaire&lt;/span&gt;(2000), inspiré par l´histoire réelle d´un faux médecin qui a tué sa famille ; &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Un&lt;/span&gt; &lt;span style="font-style: italic;"&gt;roman russe&lt;/span&gt;(2007)sur trois personnages dont des membres de sa famille et &lt;span style="font-style: italic;"&gt;D´autres vies que la&lt;/span&gt; mienne(2009) également sur des figures qui ont vraiment existé.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="FR"&gt;&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt; &lt;/span&gt;Avec son dernier livre, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Limonov&lt;/span&gt;, Emmanuel Carrère poursuit&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;  &lt;/span&gt;une œuvre importante dont l´audience ne cesse de croître.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="FR" style="mso-ansi-language: FR;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="FR" style="mso-ansi-language: FR;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="FR" style="mso-ansi-language: FR;"&gt;(1)À lire, à propos du terme «biofiction», l´enquête de Marc Dambre dans le numéro d´octobre du Magazine littéraire.&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;  &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="FR" style="mso-ansi-language: FR;"&gt;(2)&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Le journal d´un raté&lt;/span&gt; vient de reparaître aux éditions Albin Michel et les éditions Actes-Sud(qui avaient publié en 2009 Mes Prisons, le récit de Limonov sur ses séjours en prison) viennent de publier &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Des chaussures pleines de vodka chaude&lt;/span&gt;, un recueil de nouvelles de Zahkar Prilepine, journaliste, linguiste et camarade d´Édouard Limonov au Parti national-bolchevique, une figure également citée dans ce livre d´Emmanuel Carrère.&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;   &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin-left: 18pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="FR" style="mso-ansi-language: FR;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="FR" style="mso-ansi-language: FR;"&gt;(3)À propos de Goulag, Les éditions François Bourin ont publié il y a quelques mois, en un seul volume, deux magnifiques documents : &lt;span style="font-style: italic;"&gt;L´île de l´Enfer &lt;/span&gt;de Sozerko Malsagov et &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Les camps de la&lt;/span&gt; &lt;span style="font-style: italic;"&gt;mort &lt;/span&gt;en Urss de Nikolaï Kisselev-Gromov. Le volume s´intitule : &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Aux origines du Goulag&lt;/span&gt;, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Récits des îles Solovki.   &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="FR" style="mso-ansi-language: FR;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="FR" style="mso-ansi-language: FR;"&gt;Emmanuel Carrère, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Limonov&lt;/span&gt;, éditions P.O.L, Paris 2011&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7750110186755123605-6359560973123761031?l=laplumedissidente.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laplumedissidente.blogspot.com/feeds/6359560973123761031/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7750110186755123605&amp;postID=6359560973123761031' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7750110186755123605/posts/default/6359560973123761031'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7750110186755123605/posts/default/6359560973123761031'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laplumedissidente.blogspot.com/2011/10/chronique-de-novembre-2011.html' title='Chronique de novembre 2011'/><author><name>la plume dissidente</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03412569277603503352</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='25' height='32' src='http://bp3.blogger.com/_fsVpp6E0gFg/R2LD2rHNZvI/AAAAAAAAAAM/1jGsASMCYsA/S220/santos.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/-uQ-NDZxuwCs/TqqTpBqlllI/AAAAAAAAAZ8/5465ftTnTV0/s72-c/emmanuel%2Bcarr%25C3%25A8re.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7750110186755123605.post-4829298427040487410</id><published>2011-10-15T22:00:00.002+01:00</published><updated>2011-10-15T22:23:11.098+01:00</updated><title type='text'>Centenaire de la naissance de Manuel da Fonseca</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/-S4lsq02Pw-E/Tpn5hu2yxiI/AAAAAAAAAZY/o4ItBzrKmXA/s1600/manuel%2Bda%2Bfonseca.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 159px; height: 200px;" src="http://4.bp.blogspot.com/-S4lsq02Pw-E/Tpn5hu2yxiI/AAAAAAAAAZY/o4ItBzrKmXA/s200/manuel%2Bda%2Bfonseca.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5663832364303959586" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Aujourd´hui 15 octobre, on signale le centenaire de la naissance d´un grand écrivain portugais du vingtième siècle: Manuel da Fonseca, né à Santiago do Cacém et mort le 11 mars 1993 à Lisbonne. Inconnu à l´étranger, il fut un écrivain particulièrement actif au Portugal. Membre du Parti Communiste portugais, il fut naturellement un opposant de la dictature fasciste de Salazar puis de Caetano. Romancier, conteur, poète et chroniqueur, il fut également un des noms les plus emblématiques du néo-réalisme littéraire portugais et a dénoncé dans ses écrits la misère   du peuple portugais, surtout celle des paysans d´Alentejo, sa région.  Les romans &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Seara de vento&lt;/span&gt; et &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Cerromaior&lt;/span&gt;, les livres de contes &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Aldeia Nova&lt;/span&gt; et &lt;span style="font-style: italic;"&gt;O fogo e as cinzas&lt;/span&gt; et le  livre de poèmes&lt;span style="font-style: italic;"&gt; Rosa dos&lt;/span&gt; &lt;span style="font-style: italic;"&gt;ventos&lt;/span&gt; comptent parmi ses oeuvres les plus importantes.    &lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7750110186755123605-4829298427040487410?l=laplumedissidente.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laplumedissidente.blogspot.com/feeds/4829298427040487410/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7750110186755123605&amp;postID=4829298427040487410' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7750110186755123605/posts/default/4829298427040487410'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7750110186755123605/posts/default/4829298427040487410'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laplumedissidente.blogspot.com/2011/10/centenaire-de-la-naissance-de-manuel-da.html' title='Centenaire de la naissance de Manuel da Fonseca'/><author><name>la plume dissidente</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03412569277603503352</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='25' height='32' src='http://bp3.blogger.com/_fsVpp6E0gFg/R2LD2rHNZvI/AAAAAAAAAAM/1jGsASMCYsA/S220/santos.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/-S4lsq02Pw-E/Tpn5hu2yxiI/AAAAAAAAAZY/o4ItBzrKmXA/s72-c/manuel%2Bda%2Bfonseca.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7750110186755123605.post-3087203577128794666</id><published>2011-10-06T21:29:00.004+01:00</published><updated>2011-10-06T21:44:47.755+01:00</updated><title type='text'>Thomas Tranströmer-Prix Nobel de Littérature 2011</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/-E5rSkM6aTGo/To4R86IA0OI/AAAAAAAAAZQ/tNCAjUjeKn4/s1600/thomas%2Btranst%25C3%25B6rmer.jpeg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 155px; height: 200px;" src="http://4.bp.blogspot.com/-E5rSkM6aTGo/To4R86IA0OI/AAAAAAAAAZQ/tNCAjUjeKn4/s200/thomas%2Btranst%25C3%25B6rmer.jpeg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5660481519743979746" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Le poète suèdois Thomas Tranströmer, né en 1931, est le lauréat du Prix Nobel de Littérature 2011, ce qui n´est pas à proprement parler une surprise puisqu´il figurait sur la liste des candidats depuis plusieurs années.&lt;br /&gt;L´histoire, la mémoire et la nature sont les thèmes majeurs de sa poésie. Il est traduit dans près d´une soixantaine de langues.&lt;br /&gt;Frappé en 1990 par une attaque d´apoplexie, il est partiellement paralysé et aphasique.&lt;br /&gt;En France, ses oeuvres sont disponibles chez Gallimard et Le Castor Astral.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7750110186755123605-3087203577128794666?l=laplumedissidente.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laplumedissidente.blogspot.com/feeds/3087203577128794666/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7750110186755123605&amp;postID=3087203577128794666' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7750110186755123605/posts/default/3087203577128794666'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7750110186755123605/posts/default/3087203577128794666'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laplumedissidente.blogspot.com/2011/10/thomas-transtromer-prix-nobel-de.html' title='Thomas Tranströmer-Prix Nobel de Littérature 2011'/><author><name>la plume dissidente</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03412569277603503352</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='25' height='32' src='http://bp3.blogger.com/_fsVpp6E0gFg/R2LD2rHNZvI/AAAAAAAAAAM/1jGsASMCYsA/S220/santos.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/-E5rSkM6aTGo/To4R86IA0OI/AAAAAAAAAZQ/tNCAjUjeKn4/s72-c/thomas%2Btranst%25C3%25B6rmer.jpeg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7750110186755123605.post-8295303748225470583</id><published>2011-10-02T10:40:00.004+01:00</published><updated>2011-10-02T11:01:25.832+01:00</updated><title type='text'>La mort de Hella Haasse</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/-7Mo9k5UP_sg/Tog2HiwxRII/AAAAAAAAAZI/n_0tEVDl17Y/s1600/hella%2Bhaasse.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 174px; height: 200px;" src="http://2.bp.blogspot.com/-7Mo9k5UP_sg/Tog2HiwxRII/AAAAAAAAAZI/n_0tEVDl17Y/s200/hella%2Bhaasse.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5658832435009373314" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Jeudi dernier, 29 septembre, est morte à Amsterdam, à l´âge de 93 ans, Hélène Serafia Haasse, dite Hella Haasse, la grande dame des lettres néerlandaises. Née le 2 février 1918 en Indonésie, Hella Haasse était un écrivain éclectique,ayant écrit des nouvelles, des pièces de théâtre, des romans, des essais et des textes autobiographiques. &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Le lac noir&lt;/span&gt;, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Les Seigneurs du thé&lt;/span&gt;, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;La ville&lt;/span&gt; &lt;span style="font-style: italic;"&gt;écarlate&lt;/span&gt;, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Les jardins de Bomarzo&lt;/span&gt;, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;En la forêt de longue attente&lt;/span&gt;, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;La récalcitrante&lt;/span&gt; ou &lt;span style="font-style: italic;"&gt;La chasse aux&lt;/span&gt; &lt;span style="font-style: italic;"&gt;étoiles&lt;/span&gt; sont quelques-uns des titres les plus représentatifs de son oeuvre. Une oeuvre couronnée de nombreux prix, notamment en France où elle a  vécu pendant dix ans (entre 1981 et 1990). Le Ministère de la Culture de France lui a décerné le titre de commandeur dans l´ordre des Arts et des Lettres et puis celui d´officier de la Légion d´Honneur. Son oeuvre est traduite dans le monde entier.       &lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7750110186755123605-8295303748225470583?l=laplumedissidente.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laplumedissidente.blogspot.com/feeds/8295303748225470583/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7750110186755123605&amp;postID=8295303748225470583' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7750110186755123605/posts/default/8295303748225470583'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7750110186755123605/posts/default/8295303748225470583'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laplumedissidente.blogspot.com/2011/10/la-mort-de-hella-haasse.html' title='La mort de Hella Haasse'/><author><name>la plume dissidente</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03412569277603503352</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='25' height='32' src='http://bp3.blogger.com/_fsVpp6E0gFg/R2LD2rHNZvI/AAAAAAAAAAM/1jGsASMCYsA/S220/santos.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/-7Mo9k5UP_sg/Tog2HiwxRII/AAAAAAAAAZI/n_0tEVDl17Y/s72-c/hella%2Bhaasse.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7750110186755123605.post-2336602216583541036</id><published>2011-09-27T22:57:00.005+01:00</published><updated>2011-12-15T16:36:21.018Z</updated><title type='text'>Chronique d´octobre 2011</title><content type='html'>&lt;div dir="ltr" style="text-align: left;" trbidi="on"&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/-KF_PV8PUH2M/ToJLPffCvuI/AAAAAAAAAY4/37Ew8VaK-CA/s1600/george%2Borwell.jpg"&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5657166811452587746" src="http://4.bp.blogspot.com/-KF_PV8PUH2M/ToJLPffCvuI/AAAAAAAAAY4/37Ew8VaK-CA/s200/george%2Borwell.jpg" style="cursor: pointer; display: block; height: 150px; margin: 0px auto 10px; text-align: center; width: 200px;" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span lang="FR" style="mso-ansi-language: FR;"&gt;George Orwell ou la conscience d´un intellectuel progressiste.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;  &lt;br /&gt;&lt;div class="MsoNormal"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="FR" style="mso-ansi-language: FR;"&gt;L´essayiste belge Simon Leys (pseudonyme de Pierre Ryckmans)qui avait défrayé la chronique en 1971 avec la publication de son livre &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Les habits neufs du président Mao&lt;/span&gt;(1), un livre prêtant à polémique et s´attaquant à bien des idées reçues concernant le Grand timonier à une époque où le maoïsme faisait encore rêver les jeunes universitaires en France et ailleurs, Simon Leys, donc, en 1984 -l´année où l´on célébrait le roman homonyme de George Orwell-, publiait un essai chez Hermann, repris par Plon et revu par l´auteur en 2006, en guise d´hommage à l´écrivain anglais intitulé &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Orwell ou l´horreur de la politique&lt;/span&gt;. Étant donné le rôle joué par George Orwell dans la vie culturelle britannique et européenne dans les années trente et quarante du vingtième siècle et son indiscutable intervention civique on est en droit de se demander : avait-il vraiment horreur de la politique ou le titre de cet essai est-il une boutade de Simon Leys ? Non, le titre n´est pas du tout une boutade de Simon Leys et l´on peut bien considérer que Orwell avait horreur de la politique telle qu´elle est conçue par certains hommes politiques et même certains intellectuels. Il tenait en horreur non seulement la politique des combines, des intérêts mesquins, celle qui fait fi des principes les plus nobles, mais aussi la politique prônée par ceux qui au nom d´un noble idéal basculent dans le totalitarisme le plus&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;  &lt;/span&gt;abscons et perfide.&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;  &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="FR" style="mso-ansi-language: FR;"&gt;Avec sa plume, servie par une imagination prodigieuse, George Orwell a livré, soit dans ses essais ou articles soit dans ses fictions, un combat intrépide pour la vérité, la justice et contre tous les totalitarismes.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="FR" style="mso-ansi-language: FR;"&gt;De son vrai nom Eric Arthur Blair, George Orwell (qui n´adoptera ce nom de plume que vers 1934) naît le 25 juin 1903 à Motihari (actuel Bihar) en Inde, fils de Richard Walmesley Blair, un fonctionnaire de l´administration chargé de la régie de l´opium, et d´Ida Mabel Blair. L´année suivante, sa mère décide de rentrer en Angleterre avec son fils Eric Arthur et une de ses sœurs. Quoiqu´issu de la bourgeoisie anglaise, plutôt aisée par rapport au commun des citoyens, George Orwell doit bénéficier d´une bourse pour pouvoir s´inscrire dans des écoles huppées, d´abord St Cyprien, puis au collège d´ Eton où il a&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;  &lt;/span&gt;pour un temps assez bref comme professeur de français-en remplacement du titulaire parti à la guerre en 1917-&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;  &lt;/span&gt;Aldous Huxley, le futur grand écrivain, auteur de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Brave New World&lt;/span&gt;( &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Le meilleur des mondes&lt;/span&gt;). Sir Steven Ruciman, condisciple d´Orwell, tout en reconnaissant les qualités de Huxley et le goût des mots qu´il a transmis aux élèves, n´en considérait pas moins que Huxley avait du mal à se faire respecter par les élèves, ce qui exaspérait Orwell qui trouvait assez cruel le comportement de ses condisciples à l´égard de leur professeur. Après avoir achevé ses études, George Orwell, en épousant une vieille tradition familiale de service à la couronne britannique, part en Birmanie&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;  &lt;/span&gt;où il&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;  &lt;/span&gt;devient sergent de la police impériale de Birmanie. Ces années ennuyeuses lui dessillent &lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt; &lt;/span&gt;en quelque sorte les yeux quant au bien-fondé de la politique coloniale. Non seulement elles lui&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;  &lt;/span&gt;inspirent son essai &lt;span style="font-style: italic;"&gt;A hanging&lt;/span&gt;(&lt;span style="font-style: italic;"&gt;La&lt;/span&gt; &lt;span style="font-style: italic;"&gt;pendaison&lt;/span&gt;) et plus tard le roman &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Burmese days&lt;/span&gt;(&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Une histoire birmane&lt;/span&gt;), mais elles servent surtout à ce qu´ Orwell puisse consolider sa véritable vocation d´écrivain et s´ouvre la voie à la dénonciation des méfaits de l´impérialisme britannique. En rentrant de Birmanie en 1927, il&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;  &lt;/span&gt;annonce à sa famille qu´il va désormais se consacrer exclusivement à l´écriture. L´état d´esprit d´Orwell quand il&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;  &lt;/span&gt;abandonne son métier en Birmanie, c´est lui-même qui le confiera à ses futurs lecteurs dans son essai de 1937 &lt;span style="font-style: italic;"&gt;The road to Wigan Pier&lt;/span&gt;(&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Le quai de Wigan&lt;/span&gt;)et que je me permets de reproduire ici, me servant de la traduction qu´en a &lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt; &lt;/span&gt;faite Simon Leys dans son livre &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Orwell ou&lt;/span&gt; &lt;span style="font-style: italic;"&gt;l´horreur de la politique&lt;/span&gt; que j´ai cité plus haut : «J´étais conscient d´une écrasante culpabilité qu´il m´allait falloir expier(…).Je sentais qu´il fallait non seulement que je rejette l´impérialisme mais aussi bien toutes les formes de domination de l´homme par l´homme».&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="FR" style="mso-ansi-language: FR;"&gt;C´est effectivement après son retour de Birmanie que George Orwell s´intéresse aux conditions de vie et de travail de la classe ouvrière et prend forme dans ses écrits (des essais ou des articles) son adhésion croissante aux idées socialistes, des idées ici ou là teintées d´un brin d´anarchisme. &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Down and out in London and Paris&lt;/span&gt; (&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Dans la dèche à Londres et à Paris&lt;/span&gt;), publié en 1933, signale l´adoption du pseudonyme George Orwell et traduit l´expérience de ses vagabondages dans ces deux grandes métropoles européennes où il a suivi de près le quotidien des plus démunis et des clochards. Le livre fait l´objet de commentaires fort élogieux mais les ventes sont plutôt médiocres. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="FR" style="mso-ansi-language: FR;"&gt;En 1936, un événement majeur bouleverse la vie politique en Europe. Le 18 juillet un putsch de militaires- Francisco Franco en tête -&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;  &lt;/span&gt;déclenche &lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt; &lt;/span&gt;la guerre civile espagnole. Boudés par les démocraties anglaise et française, les républicains espagnols ne &lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt; &lt;/span&gt;peuvent compter que sur le soutien de l´Urss et celui de nombre d´intellectuels européens et américains qui regroupés autour par exemple des Brigades Internationales participent aux combats en défense de la démocratie contre les fascistes espagnols soutenus par Hitler et Mussolini. George Orwell&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;  &lt;/span&gt;rejoint les milices du Poum(parti ouvrier d´unification marxiste), une organisation marxiste qui avait pourtant critiqué les Procès de Moscou et n´était donc pas vue d´un bon œil par les communistes pro-staliniens. De ce fait, la rivalité entre ces deux organisations, affaiblit le camp républicain. Le Poum, accusé à tort d´être trotskiste, est particulièrement fort en Catalogne et à la faveur de sa participation aux «troubles de mai» qui l´oppose au gouvernement catalan et aux forces du Psuc (parti socialiste unifié de Catalogne), pro -soviétique, le mouvement est déclaré illégal et nombre de ses membres arrêtés, voire fusillés. George Orwell doit s´enfuir pour ne pas être lui aussi détenu. En rentrant en Angleterre, indigné par la propagande des communistes staliniens qui affublaient de fascistes les partisans du Poum,&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;  &lt;/span&gt;il décide de rétablir la vérité et rédige &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Homage to Catalonia&lt;/span&gt;(&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Hommage à la Catalogne&lt;/span&gt;, traduit aussi comme &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Catalogne libre&lt;/span&gt;)en 1938.&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;  &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="FR" style="mso-ansi-language: FR;"&gt;Alors qu´un vent de haine souffle sur l´Europe et un conflit à l´échelle mondiale se profile&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;  &lt;/span&gt;à l´horizon, George Orwell compte parmi ceux qui, dans un premier temps, ne voient pas dans la perspective d´une nouvelle guerre une solution aux problèmes sociaux et politiques de l´époque. Pour lui, la guerre ne ferait que renforcer les impérialismes qui gangrenaient le monde et desservirait la cause progressiste et ouvrière.&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;  &lt;/span&gt;Pourtant, il se rend compte petit à petit&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;  &lt;/span&gt;qu´il n´y aurait pas d´autre issue et qu´une seconde guerre mondiale serait inévitable. Il &lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt; &lt;/span&gt;met alors &lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt; &lt;/span&gt;sa plume et sa voix &lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt; &lt;/span&gt;au service de la démocratie et de la liberté. The Tribune (journal de la gauche radicale), The New Stateman, The Observer, Evening Standard ou Manchester Evening News sont quelques-uns des titres de presse pour lesquels il écrit. En 1940, il s´engage dans la Home Guard, la milice &lt;/span&gt;de &lt;span lang="FR" style="mso-ansi-language: FR;"&gt;volontaires organisée par l'État et créée dans le but de résister en cas d´invasion nazie en Grande-Bretagne, et&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;  &lt;/span&gt;en 1941&lt;/span&gt;&lt;span lang="FR"&gt; &lt;/span&gt;&lt;span lang="FR"&gt;il est producteur à la BBC&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;  &lt;/span&gt;et participe à la diffusion d´émissions culturelles et commentaires de guerre à destination des Indes.&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;  &lt;/span&gt;Cet engagement a suscité des commentaires intéressants de ses biographes, repris par Simon Leys dans son essai. Cyril Connolly produit les assertions qui suivent : «Orwell s´ajusta à la guerre exactement comme on enfile un confortable vieux veston de tweed(…). Il se sentait merveilleusement chez lui au milieu du Blitz, parmi les bombes, l´héroïsme, les décombres, le rationnement, les sans-logis, les signes précurseurs d´un mouvement révolutionnaire.» Ces assertions nous renvoient à une question cruciale de l´engagement civique d´Orwell. Il croit qu´en même temps que l´Angleterre viendra à bout des dictatures fascistes, on pourra jeter au pays les bases d´une véritable révolution sociale, une révolution qui s´impose et dont les plaies de la guerre ne font qu´en démontrer l´urgence au regard des inégalités croissantes entre les ouvriers et les milieux les plus aisés. Ces inégalités, même la guerre n´a pas pu les effacer.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="FR" style="mso-ansi-language: FR;"&gt;Un autre commentaire qu´il me paraît utile de reproduire est celui de Bernard Crick qui dresse une comparaison que je ne puis passer sous silence entre George Orwell et Winston Churchill : «Orwell comme Churchill ressemblait plus à un républicain de la Rome antique qu´à un libéral moderne : les privations autant que l´excitation de la guerre le séduisaient positivement.».&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;  &lt;/span&gt;En effet, de même que Churchill évoque le sacrifice qu´il fallait consentir pour vaincre la guerre, de même Georges Orwell est fasciné par le courage physique et l´esprit de corps, quoique leurs opinions politiques fussent&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;  &lt;/span&gt;assez divergentes. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="FR" style="mso-ansi-language: FR;"&gt;Après la fin de la guerre, Orwell poursuit son combat-à travers son arme la plus affûtée, sa plume-pour une société plus juste et équitable. C´est à cette époque qu´il publie ses deux romans les plus emblématiques, ceux qui l´ont rendu célèbre et qui en quelque sorte sont à l´origine de l´adjectif «orwellien» : &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Animal Farm&lt;/span&gt;(&lt;span style="font-style: italic;"&gt;La ferme des animaux&lt;/span&gt;), paru en 1945 et &lt;span style="font-style: italic;"&gt;1984&lt;/span&gt; qui a vu le jour en 1949. Ce sont ses deux chefs-d´œuvre, les livres où son imagination atteint les sommets. Il y dénonce, par le biais de deux fables prodigieuses, les dérives totalitaires engendrées par des utopies qui, portées à un degré aussi haut d´incandescence, versent dans la perversité. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="FR" style="mso-ansi-language: FR;"&gt;Dans &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Animal Farm&lt;/span&gt;(2), George Orwell décrit une ferme où les animaux, commandés par deux cochons (Napoléon et Boule de Neige) et secondés par un goret (Brille – Babil), se rebellent contre le fermier, M. Jones. Ils finissent par le chasser et s´emparer ainsi de la ferme. Les leaders de la contestation promettent à leurs pairs des lendemains qui chantent, une ferme d´où sera banni l´esclavage et où tous seront égaux. Toujours est-il que ces leaders exercent un pouvoir tyrannique sur les autres animaux et une des phrases les plus célèbres du roman est celle où l´on peut lire : « tous les animaux sont égaux mais certains sont plus égaux que d´autres». &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="FR" style="mso-ansi-language: FR;"&gt;Ce livre est interprété dès sa parution comme une satire de la révolution russe et une critique acerbe, bien que parodique, du stalinisme. Ceci peut expliquer la méfiance que ce roman a suscitée chez les milieux éditoriaux britanniques à un moment où&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;  &lt;/span&gt;il n´était pas concevable d´éreinter&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;  &lt;/span&gt;Staline, allié de l´Angleterre dans la lutte contre le&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;  &lt;/span&gt;totalitarisme nazi. Le livre fut refusé par quatre éditeurs avant d´être accepté par Secker and Warburg qui l´a pourtant publié sans la préface où Orwell se plaignait de la censure dont il avait été victime.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="FR" style="mso-ansi-language: FR;"&gt;Dans &lt;span style="font-style: italic;"&gt;1984&lt;/span&gt;,roman considéré comme une dystopie(qui dépeint le pire des mondes, contrairement à l´utopie qui présente un monde idéal), George Orwell, inspiré par sa lecture du roman &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Nous&lt;/span&gt; &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Autres&lt;/span&gt; de l´écrivain russe Evgueni &lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt; &lt;/span&gt;Zamiatine(3) décrit une Grande-Bretagne où se serait instauré, trente ans après une guerre nucléaire, un régime tenant du stalinisme et un peu du nazisme, où la liberté d´expression n´existe plus, où toutes les attitudes sont strictement surveillées et où la figure métaphorique de ce régime totalitaire et policier est un certain Big Brother qui s´occupe de tout le monde. Les rues sont d´ailleurs pleines d´affiches avertissant les gens que «Big Brother(Le Grand Frère) vous regarde («Big Brother is watching you»). D´autre part, l´anglais est concurrencé par la novlangue(en anglais «newspeak», une langue d´une simplification lexicale et syntaxique telle que la seule idée de critique devient impossible) et les Ministères portent des noms traduisant les idées contraires à ce que l´on est en train de promouvoir : La Paix pour la Guerre, l´Amour pour la torture et le bourrage de crâne, la Vérité&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;  &lt;/span&gt;pour le Mensonge. George Orwell n´a pas longtemps survécu à la parution de ce roman. Rongé par la tuberculose, il s´est éteint le 21 janvier 1950(4), à l´âge de 46 ans. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="FR" style="mso-ansi-language: FR;"&gt;&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt; &lt;/span&gt;La postérité a assuré à son œuvre une place de choix dans l´histoire de la littérature anglaise tant et si bien qu´en janvier 2008,un classement des cinquante meilleurs écrivains britanniques depuis 1945, établi par le très sérieux et prestigieux quotidien anglais The Times, une véritable institution au Royaume-Uni, a placé George Orwell à la deuxième place, derrière le poète Philip Larkin.&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;  &lt;/span&gt;Si l´on connaît surtout ses romans, ses essais et ses articles politiques, il a également écrit des poèmes (de qualité plutôt moyenne, il est vrai) et fait de la critique littéraire où ses jugements faisaient montre d´une énorme lucidité et d´un savoir éclectique. Il a écrit sur des classiques comme Swift, Dickens, Stendhal&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;  &lt;/span&gt;et Conrad, mais aussi sur des contemporains comme T.S. Eliot, Evelyn Waugh, ou Julien Green. Il fut en outre un des premiers à comprendre la modernité de James Joyce. &lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt; &lt;/span&gt;D´après Simon Leys, Orwell aurait également été- avec des livres comme &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Down and out in London and Paris&lt;/span&gt;, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;The road to Wigan Pier&lt;/span&gt; ou &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Homage to Catalonia&lt;/span&gt;- bien avant Truman Capote et Norman Mailer (je me permets d´ajouter le nom de l´Argentin Rodolfo Walsh et vous renvoyer à ma chronique de décembre 2008), le créateur du roman-sans-fiction ou de «la transmutation du journalisme en art, la recréation du réel sous le déguisement d´un reportage objectif, minutieusement attaché aux faits.»(5)&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;  &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="FR" style="mso-ansi-language: FR;"&gt;Tout récemment la parution de ses &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Diaries&lt;/span&gt;(&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Journaux&lt;/span&gt;) a jeté une nouvelle lumière sur son travail et sa vie entre 1938 et 1942, mais ce qui est parfois à l´ordre du jour, concernant Orwell, ce sont les accusations selon lesquelles il n´aurait pas été l´homme intègre que l´on croit mais au contraire un vil indicateur de police qui aurait livré aux services secrets britanniques une prétendue« liste noire» avec les noms d´une foule d´intellectuels communistes. Or, cette affaire- qui est remise sur le tapis de temps à autre par des staliniens attitrés (on dirait plutôt, des nouveaux-staliniens) -a été subvertie dans le but de porter atteinte à la mémoire de l´auteur. Ce qui s´est effectivement produit avait déjà été révélé par son biographe Bernard Crick en 1980(6). En fait, à la fin de la guerre, un département de propagande du ministère des affaires étrangères cherchait à soutenir des écrivains, journalistes et&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;  &lt;/span&gt;artistes qui puissent aider à&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;  &lt;/span&gt;contrer la propagande communiste. Dans ce cadre, Orwell a fourni, à titre privé,&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;  &lt;/span&gt;à son amie Celia Kirwan qui y officiait une liste de personnes qui, de par leurs engagements ou leurs sympathies communistes, n´étaient pas en mesure de collaborer dans ce projet.&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;  &lt;/span&gt;Les archives du ministère et les documents personnels de Celia Kirwan ne laissent planer le moindre soupçon sur cette affaire. Seules les théories de la conspiration et la culture du ressentiment nourries par les staliniens pourraient enfanter un tel mensonge. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="FR" style="mso-ansi-language: FR;"&gt;George Orwell fut un des tout premiers intellectuels européens progressistes à saisir la perversité du stalinisme, à combattre le totalitarisme soviétique à partir d´un point de vue de gauche, et sa participation dans la guerre civile espagnole a joué un rôle décisif dans le développement de sa pensée. &lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt; &lt;/span&gt;Si l´on peut regretter qu´une certaine droite conservatrice se soit approprié l´héritage orwellien de dénonciation des totalitarismes, en mettant&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;  &lt;/span&gt;pour ainsi dire sous le boisseau les critiques virulentes de l´auteur contre les inégalités sociales et les conditions de vie des couches les plus démunies de la population, on ne saurait faire l´impasse non plus sur la frilosité et la gêne d´une certaine gauche qui voit encore dans toute critique de l´expérience communiste, à fortiori stalinienne, une complicité avec «l´impérialisme bourgeois» et la droite conservatrice.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="FR" style="mso-ansi-language: FR;"&gt;George Orwell est, sans l´ombre d´un doute, et quoi qu´on en dise, un des grands écrivains progressistes de la première moitié du&lt;span style="mso-spacerun: yes;"&gt;  &lt;/span&gt;vingtième siècle.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="FR" style="mso-ansi-language: FR;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="FR" style="mso-ansi-language: FR;"&gt;(1)Simon Leys, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Les habits neufs du président Mao&lt;/span&gt;, collection Champ Libre, éditions Ivrea. Ce titre est également disponible dans le volume &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Essais sur la Chine&lt;/span&gt; de la collection Bouquins aux éditions Robert Laffont.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="FR" style="mso-ansi-language: FR;"&gt;(2) Le livre a d´abord été traduit en français en 1947 sous le titre &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Les animaux partout&lt;/span&gt;, puis &lt;span style="font-style: italic;"&gt;La&lt;/span&gt; &lt;span style="font-style: italic;"&gt;république des animaux&lt;/span&gt;, en 1964, et finalement &lt;span style="font-style: italic;"&gt;La ferme des animaux&lt;/span&gt; en 1981(éditions Champ Libre).&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="FR" style="mso-ansi-language: FR;"&gt;(3)Traduction française aux éditions Gallimard (collection L´imaginaire).&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="FR" style="mso-ansi-language: FR;"&gt;(4) Je laisse ici une note personnelle et sentimentale que les lecteurs comprendront à coup sûr. C´est aussi un 21 janvier, mais de l´année 1980, qu´est mort, dans un accident de voiture à Lisbonne, Couto e Santos, journaliste sportif et, avant tout, mon père. Je n´ai pu m´empêcher de penser à lui en écrivant ces lignes.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="FR" style="mso-ansi-language: FR;"&gt;(5)&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Orwell ou l´horreur de la politique&lt;/span&gt; (page 22).&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="FR" style="mso-ansi-language: FR;"&gt;(6)Bernard Crick, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;George Orwell, a life&lt;/span&gt;, Penguin Books, 1980, puis 1992. La traduction française est disponible chez Flammarion.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7750110186755123605-2336602216583541036?l=laplumedissidente.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laplumedissidente.blogspot.com/feeds/2336602216583541036/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7750110186755123605&amp;postID=2336602216583541036' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7750110186755123605/posts/default/2336602216583541036'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7750110186755123605/posts/default/2336602216583541036'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laplumedissidente.blogspot.com/2011/09/chronique-doctobre-2011.html' title='Chronique d´octobre 2011'/><author><name>la plume dissidente</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03412569277603503352</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='25' height='32' src='http://bp3.blogger.com/_fsVpp6E0gFg/R2LD2rHNZvI/AAAAAAAAAAM/1jGsASMCYsA/S220/santos.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/-KF_PV8PUH2M/ToJLPffCvuI/AAAAAAAAAY4/37Ew8VaK-CA/s72-c/george%2Borwell.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7750110186755123605.post-8153403230329434351</id><published>2011-09-18T18:01:00.004+01:00</published><updated>2011-09-18T18:14:34.042+01:00</updated><title type='text'>Souvenir de Gil Courtemanche</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/-tlzPMtgKit8/TnYmkfaPJeI/AAAAAAAAAYw/mSOiuKSJGF0/s1600/gil%2Bcourtemanche.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 200px; height: 112px;" src="http://1.bp.blogspot.com/-tlzPMtgKit8/TnYmkfaPJeI/AAAAAAAAAYw/mSOiuKSJGF0/s200/gil%2Bcourtemanche.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5653748790558926306" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Le 19 août, est décédé le journaliste et écrivain canadien Gil Courtemanche. J´étais en vacances à l´étranger et quoique consultant le Net régulièrement je n´ai appris la disparition de l´auteur de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Un lézard au Congo&lt;/span&gt; et &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Un dimanche à la piscine à Kigali&lt;/span&gt; que quelques jours plus tard. Un mois après sa mort, en guise d´hommage, je reproduis ici un article que j´ai écrit sur &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Un dimanche à la&lt;/span&gt; &lt;span style="font-style: italic;"&gt;piscine à Kigali&lt;/span&gt; pour le site de la Nouvelle Librairie Française de Lisbonne en 2006, lors de la reparution de ce roman en format de poche:&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;!--[if gte mso 9]&gt;&lt;xml&gt;  &lt;o:officedocumentsettings&gt;   &lt;o:relyonvml/&gt;   &lt;o:allowpng/&gt;  &lt;/o:OfficeDocumentSettings&gt; &lt;/xml&gt;&lt;![endif]--&gt;&lt;!--[if gte mso 9]&gt;&lt;xml&gt;  &lt;w:worddocument&gt;   &lt;w:view&gt;Normal&lt;/w:View&gt;   &lt;w:zoom&gt;0&lt;/w:Zoom&gt;   &lt;w:trackmoves/&gt;   &lt;w:trackformatting/&gt;   &lt;w:hyphenationzone&gt;21&lt;/w:HyphenationZone&gt;   &lt;w:punctuationkerning/&gt;   &lt;w:validateagainstschemas/&gt;   &lt;w:saveifxmlinvalid&gt;false&lt;/w:SaveIfXMLInvalid&gt;   &lt;w:ignoremixedcontent&gt;false&lt;/w:IgnoreMixedContent&gt;   &lt;w:alwaysshowplaceholdertext&gt;false&lt;/w:AlwaysShowPlaceholderText&gt; 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  &lt;w:lsdexception locked="false" priority="62" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Light Grid"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="63" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Medium Shading 1"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="64" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Medium Shading 2"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="65" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Medium List 1"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="66" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Medium List 2"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="67" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Medium Grid 1"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="68" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Medium Grid 2"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="69" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Medium Grid 3"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="70" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Dark List"&gt; 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&lt;style&gt;  /* Style Definitions */  table.MsoNormalTable  {mso-style-name:"Tabela normal";  mso-tstyle-rowband-size:0;  mso-tstyle-colband-size:0;  mso-style-noshow:yes;  mso-style-priority:99;  mso-style-qformat:yes;  mso-style-parent:"";  mso-padding-alt:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt;  mso-para-margin-top:0cm;  mso-para-margin-right:0cm;  mso-para-margin-bottom:10.0pt;  mso-para-margin-left:0cm;  line-height:115%;  mso-pagination:widow-orphan;  font-size:11.0pt;  font-family:"Calibri","sans-serif";  mso-ascii-font-family:Calibri;  mso-ascii-theme-font:minor-latin;  mso-fareast-font-family:"Times New Roman";  mso-fareast-theme-font:minor-fareast;  mso-hansi-font-family:Calibri;  mso-hansi-theme-font:minor-latin;} &lt;/style&gt; &lt;![endif]--&gt;  &lt;p&gt; &lt;/p&gt;  &lt;p style="text-align: justify;"&gt;La littérature canadienne d´expression française est, en France, on le sait, tout à fait inconnue. À part Nancy Huston et, éventuellement, Michel Tremblay ou Antonine Maillet, on ignore tout de ce que l´on écrit, l´on pense ou l´on débat chez nos sympathiques, mais lointains frères ou cousins canadiens. Cette situation se produit non seulement avec la littérature, mais aussi avec toute la culture canadienne francophone, à quelques exceptions près. Pourtant, si les artistes canadiens ont du mal à s´imposer en France, les Français pourraient quand même faire un petit effort et commencer, avec l´aide miraculeuse d´Internet, à consulter de temps à autre des sites canadiens pour prendre connaissance de leur actualité littéraire. Si l´on se donnait la peine, par exemple, de jeter un petit coup d´oeil sur les sites de quelques journaux canadiens, comme, entre autres, La Presse et Le Devoir , on aurait droit parfois à la lecture de quelques articles fort intéressants. &lt;/p&gt;  &lt;p style="text-align: justify;"&gt;En 2004, alors que les Américains et leurs alliés s´enlisaient déjà dans le bourbier irakien, Gil Courtemanche écrivait dans l´édition du 27 mars du quotidien Le Devoir un des articles les plus lucides sur la politique de Georges W.Bush et les raisons du soutien de ses compatriotes, intitulé «Bush, vicaire de Dieu» et que l´on peut encore retrouver dans les archives du journal (le devoir.com). Mais Gil Courtemanche n´est pas qu´un brillant journaliste, il est aussi un écrivain assez réputé. &lt;/p&gt;  &lt;p style="text-align: justify;"&gt;Né en 1943 à Montréal, Gil Courtemanche est journaliste depuis plus de quarante ans. Il a notamment travaillé à Radio Canada, écrit pour La Presse , participé à la conception et à la fondation du quotidien Le Jour , collaboré à Alternatives, Le Libraire, Le Soleil, Le Droit et tient une chronique hebdomadaire au Devoir . Son dernier livre paru en France (octobre 2005, éditions Denöel) s´intitule &lt;em&gt;Une belle mort&lt;/em&gt;, mais son livre précédent &lt;em&gt;Un dimanche à la piscine à Kigali&lt;/em&gt;, publié une première fois en 2003, vient de reparaître, en édition de poche dans la collection Folio chez Gallimard. Ce roman a suscité un bon accueil partout où il a été traduit et pour cause puisqu´il s´agit d´une oeuvre qui vaut bien la peine d´être lue. &lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;Bernard Valcourt, journaliste chevronné, ayant témoigné la famine en Éthiopie ou la guerre au Liban, se rend au Rwanda pour une mission des plus banales et un brin utopique : mettre sur pied un service de télévision libre. Il y découvre un pays détruit où sévissent la misère, la corruption et le sida. En toile de fond, il y a - vous l´aurez sûrement deviné - le tribalisme, la rivalité ancestrale et éternelle entre Hutus et Tutsis et la folie génocidaire qui s´est emparée de cette ancienne colonie belge et ce devant l´indifférence, dans un premier temps, de la petite colonie occidentale qui, aimait se prélasser au bord de la piscine à Kigali, la capitale. Le narrateur nous raconte le quotidien de tous les coopérants et autres qui prétendument voudraient aider au développement du pays, mais on est en droit de s´interroger s´ils s´inquiétaient vraiment, pour la plupart, du sort de la population autochtone («Autour de la piscine, des coopérants québécois rivalisent de rires bruyants avec des coopérants belges. Ce ne sont pas des amis ni des collègues, même s´ils poursuivent le même but : le développement, mot magique qui habille noblement les meilleures ou les plus inutiles intentions. Ce sont des rivaux qui expliquent à leurs interlocuteurs locaux que leur forme de développement est meilleure que celle des autres. Ils ne s´entendent finalement que sur le vacarme qu´ils créent...). Bernard Valcourt, quant à lui, est un des rares à se prendre d´affection pour ce pays et son peuple, au point de tomber amoureux de Gentille, une Hutue aux trains fins de Tutsie. Grâce à son amour pour cette belle fille, il va connaître le paradis, mais également, cela va sans dire, l´enfer, à travers les préjugés entre Tutsis et Hutus et la folie exterminatrice de leurs dirigeants. &lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;Ce livre est, bien entendu, une oeuvre de fiction, mais Gil Courtemanche n´a pas voulu, en l´écrivant, que l´on prenne certaines scènes plus violentes pour le seul fruit de son imagination, il y a aussi là-dessus un devoir de mémoire contre l´oubli. Il en avertit d´ailleurs ses lecteurs en préambule «...Quant aux dirigeants et responsables du génocide, ils ont conservé dans ce livre leur véritable identité. Certains lecteurs mettront sur le compte d´une imagination débordante quelques scènes de violence et de cruauté. Ils se tromperont lourdement. Pour en avoir la preuve ils n´auront qu´à lire les sept cents pages de témoignages recueillis par l´organisme African Rights et publiés en anglais sous le titre de &lt;em&gt;Rwanda :Death, Despair and Defiance&lt;/em&gt; , African Rights, Londres 1995). &lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;Grâce à Gil Courtemanche et à d'autres comme, par exemple, Jean Hatzfeld, la mémoire du génocide rwandais ne tombera pas dans l´oubli. &lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt; &lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="text-align: justify;" class="MsoNormal"&gt; &lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7750110186755123605-8153403230329434351?l=laplumedissidente.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laplumedissidente.blogspot.com/feeds/8153403230329434351/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7750110186755123605&amp;postID=8153403230329434351' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7750110186755123605/posts/default/8153403230329434351'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7750110186755123605/posts/default/8153403230329434351'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laplumedissidente.blogspot.com/2011/09/souvenir-de-gil-courtemanche.html' title='Souvenir de Gil Courtemanche'/><author><name>la plume dissidente</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03412569277603503352</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='25' height='32' src='http://bp3.blogger.com/_fsVpp6E0gFg/R2LD2rHNZvI/AAAAAAAAAAM/1jGsASMCYsA/S220/santos.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/-tlzPMtgKit8/TnYmkfaPJeI/AAAAAAAAAYw/mSOiuKSJGF0/s72-c/gil%2Bcourtemanche.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7750110186755123605.post-2059569146831552652</id><published>2011-09-18T10:33:00.004+01:00</published><updated>2011-09-18T18:00:40.103+01:00</updated><title type='text'>Le centenaire de la naissance de William Golding</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/-zNwZHCmmvFI/TnW_CusPdWI/AAAAAAAAAYg/FslfbW5M4ec/s1600/william%2Bgolding.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 200px; height: 120px;" src="http://1.bp.blogspot.com/-zNwZHCmmvFI/TnW_CusPdWI/AAAAAAAAAYg/FslfbW5M4ec/s200/william%2Bgolding.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5653634960847762786" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt; Demain, on signalera le centenaire de la naissance de l´écrivain anglais William Golding. Né le 19 septembre 1911 à Perranarworthal, Cornwall(Cornouailles en français), il s´est fait connaître du grand public vers 1954, lors de la parution de son roman &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Lord of the flies&lt;/span&gt;(&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Sa majesté des mouches&lt;/span&gt;), son titre le plus connu. Ses romans traitent pour la plupart du mal, de l´opposition entre la barbarie et la raison et réfutent en quelque sorte les thèses rousseauistes et le mythe du bon sauvage. En 1983, il s´est vu décerner le Prix Nobel de Littérature. Il est mort dans son village natal le 19 juin 1993. En 2008, dans un classement établi par le quotidien The Times sur les cinquante meilleurs écrivains britanniques depuis 1945, William Golding occupait la  troisième place derrière Philip Larkin et George Orwell.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7750110186755123605-2059569146831552652?l=laplumedissidente.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laplumedissidente.blogspot.com/feeds/2059569146831552652/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7750110186755123605&amp;postID=2059569146831552652' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7750110186755123605/posts/default/2059569146831552652'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7750110186755123605/posts/default/2059569146831552652'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laplumedissidente.blogspot.com/2011/09/le-centenaire-de-la-naissance-de.html' title='Le centenaire de la naissance de William Golding'/><author><name>la plume dissidente</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03412569277603503352</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='25' height='32' src='http://bp3.blogger.com/_fsVpp6E0gFg/R2LD2rHNZvI/AAAAAAAAAAM/1jGsASMCYsA/S220/santos.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/-zNwZHCmmvFI/TnW_CusPdWI/AAAAAAAAAYg/FslfbW5M4ec/s72-c/william%2Bgolding.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7750110186755123605.post-6484591131860821170</id><published>2011-08-28T18:02:00.008+01:00</published><updated>2011-08-28T18:12:37.939+01:00</updated><title type='text'>Chronique de septembre 2011</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/-4RkWArkk9WM/Tlp2ssMDsPI/AAAAAAAAAYY/ehkjQXsc7WM/s1600/tahar%2Bben%2Bjelloun.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; 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&lt;style&gt;  /* Style Definitions */  table.MsoNormalTable 	{mso-style-name:"Tabela normal"; 	mso-tstyle-rowband-size:0; 	mso-tstyle-colband-size:0; 	mso-style-noshow:yes; 	mso-style-priority:99; 	mso-style-qformat:yes; 	mso-style-parent:""; 	mso-padding-alt:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt; 	mso-para-margin-top:0cm; 	mso-para-margin-right:0cm; 	mso-para-margin-bottom:10.0pt; 	mso-para-margin-left:0cm; 	line-height:115%; 	mso-pagination:widow-orphan; 	font-size:11.0pt; 	font-family:"Calibri","sans-serif"; 	mso-ascii-font-family:Calibri; 	mso-ascii-theme-font:minor-latin; 	mso-fareast-font-family:"Times New Roman"; 	mso-fareast-theme-font:minor-fareast; 	mso-hansi-font-family:Calibri; 	mso-hansi-theme-font:minor-latin;} &lt;/style&gt; &lt;![endif]--&gt;  &lt;p style="text-align: justify;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="mso-ansi-language: FR" lang="FR"&gt;&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;Dans son livre &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Fatti diversi di storia letteraria e civile&lt;/span&gt; (éditions Adelphi), le grand écrivain italien Leonardo Sciascia (1922-1989*), évoquant Montesquieu et ses &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Lettres Persanes&lt;/span&gt; (et la célèbre phrase : Comment peut-on être Persan ?) s´interrogeait dans le tout premier chapitre, intitulé «Come si può essere Siciliani ?»(«Comment peut-on être Sicilien ?»), à l´instar justement de Montesquieu deux siècles plus tôt, sur les préjugés ethniques et raciaux et toutes sortes de lieux communs autour des petits peuples vus comme un tant soit peu excentriques ou atypiques(pour employer un mot très à la mode par les temps qui courent)et dont on a &lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt; &lt;/span&gt;du mal à concevoir le modus vivendi, qui plus est s´il s´agit, comme c´est le cas des Siciliens, d´un peuple issu d´une île. Moi qui suis originaire d´un petit pays comme le Portugal, je sais bien de quoi il retourne. Je connais bien des histoires, d´ordinaire assez cocasses, sur la façon dont jadis les Portugais étaient&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;vus ailleurs. Je n´ai jamais oublié, par exemple, ce que m´a raconté une collègue de la Faculté des Lettres de Lisbonne, quand nous y étions étudiants dans les années quatre-vingt, qui lors d´un voyage aux Pays-Bas s´était vu demander si au Portugal les jeunes avaient l´habitude de s´habiller en jeans.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="text-align: justify;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="mso-ansi-language: FR" lang="FR"&gt;Les Européens, on le sait, ont récemment été pris de court par les révoltes dans les pays arabes. Habitués- par les poncifs qui fusent régulièrement dans tout discours primaire concernant les musulmans- à&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;voir dans chaque&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;arabe un intégriste islamique, les seuls à même de perpétrer une attaque terroriste(comme l´ont tristement démontré les premières réactions aux crimes monstrueux à Oslo et à Otaya, quand on ignorait encore que le criminel était un&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;fasciste norvégien), ils ne pouvaient pas, pour la plupart, concevoir que, dans les pays arabes, il pût exister non seulement&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;une population capable de revendiquer le droit à une vie plus digne et équitable, mais également une génération de jeunes instruits, cultivés, souvent universitaires, qui, faute de perspectives et aidés par les nouvelles technologies et&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;les réseaux sociaux sur internet, portent le flambeau &lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt; &lt;/span&gt;de la démocratie et de la liberté. Leur révolte est porteuse d´avenir. À l´inverse, les derniers événements en Angleterre ne sont que des signes d´une Europe déboussolée, en manque de repères et repliée sur elle-même.&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="text-align: justify;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="mso-ansi-language: FR" lang="FR"&gt;Les révoltes dans les pays arabes ont inspiré une réflexion(&lt;span style="font-style: italic;"&gt;L´étincelle&lt;/span&gt;) et un récit (&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Par le feu&lt;/span&gt;) à un des intellectuels les plus prestigieux du monde arabe, le marocain Tahar Ben Jelloun.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="text-align: justify;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="mso-ansi-language: FR" lang="FR"&gt;Né en 1944 à Fès, poète et romancier d´expression française, auteur de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Les enfants de sable&lt;/span&gt;, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;La&lt;/span&gt; &lt;span style="font-style: italic;"&gt;nuit Sacrée&lt;/span&gt; (Prix Goncourt 1987), &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Jour de silence à Tanger&lt;/span&gt; ou &lt;span style="font-style: italic;"&gt;L´aveuglante absence de&lt;/span&gt; &lt;span style="font-style: italic;"&gt;lumière&lt;/span&gt;, entre autres titres, membre de l´Académie Goncourt, Tahar Ben Jelloun a pris sa plume pour livrer ses impressions sur le printemps arabe dont l´une des promesses est –comme il l´a confié dans une interview à Pierre Assouline pour le dernier numéro du Magazine Littéraire-l´émergence de l´individu, «un bouleversement pour une&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;société habituée à se réfugier dans l´esprit du clan et de la tribu».&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="text-align: justify;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="mso-ansi-language: FR" lang="FR"&gt;&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt; &lt;/span&gt;Dans &lt;span style="font-style: italic;"&gt;L´étincelle&lt;/span&gt;, tout en se concentrant sur l´Egypte et la Tunisie, il se penche aussi sur d´autres pays dont le Maroc, où la révolution n´a pas eu lieu, mais où des réformes sont introduites sous la baguette du roi Mohamed VI, ou &lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt; &lt;/span&gt;la Lybie où la guerre sévissait toujours à l´heure où l´auteur développait ses réflexions.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="text-align: justify;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="mso-ansi-language: FR" lang="FR"&gt;Malgré les caractéristiques spécifiques de chaque pays, l´Égypte et la Tunisie se ressemblaient en ce sens que les régimes en place se servaient de force complicités et tiraient bénéfice de certains clichés nourris par les démocraties occidentales pour tenir les rênes du pouvoir. La corruption y était une tradition enracinée, acceptée et vue comme une fatalité par la plupart de la population. Certes, Hosni Moubarak et Ben Ali s´éternisaient au pouvoir, mais leur gouvernement respectif était une sorte de rempart, selon des diplomates européens et américains, contre la propagation de l´intégrisme islamique. Des adversaires politiques étaient souvent tabassés dans les commissariats de police, la presse muselée si jamais elle devenait encombrante, c´était là le prix à payer pour conserver la paix sociale et contrer la poussée fondamentalisme qui se répandait comme une hydre dans d´autres pays arabes, de l´aveu même – en catimini, bien entendu-de certaines chancelleries occidentales.&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;Aussi les premières réactions à ces révoltes ont-elles été d´abord méfiantes ou à tout le moins assez prudentes de la part des hommes politiques européens et américains qui ont parfois tirer profit de certaines faveurs accordées par les deux dictateurs nord- africains.&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;Le moins que l´on puisse dire c´est que les Européens et les Américains avaient des connaissances très rudimentaires de la vie culturelle, sociale et politique de ces deux pays.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="text-align: justify;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="mso-ansi-language: FR" lang="FR"&gt;Tahar Ben Jelloun, de sa plume alerte et avisée, énonce certaines tares de Moubarak et Ben Ali, un peu d´histoire et les efforts de certains opposants politiques qui&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;ont souvent payé de leur vie leur combat pour l´émancipation réelle de ces peuples. On sait que les indéfinitions persistent à l´heure où j´écris ces lignes, le chemin vers une véritable démocratie est semé d´embûches et dans le cas de l ´Égypte le pouvoir des militaires est encore assez important. Quoi qu´il en soit, le printemps arabe aura redonné à ces peuples un sentiment qu´ils croyaient perdu(ou du moins égaré) : l´espoir.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="text-align: justify;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="mso-ansi-language: FR" lang="FR"&gt;De tous les pays où il y a eu des manifestations réclamant plus de démocratie, l´Algérie compte sans doute parmi ceux où le pouvoir aura le plus de mal à faire des concessions.&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;La mainmise des militaires sur la vie civile et la mémoire de la violence des années quatre-vingt-dix y seront pour beaucoup. Selon Tahar Ben Jelloun, l´espoir en Algérie pourra renaître si jamais il y a des voix réformatrices au sein de l´armée elle- même. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="text-align: justify;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="mso-ansi-language: FR" lang="FR"&gt;Puisque Tahar Ben Jelloun est marocain, qu´en est-il du Maroc ? L´intellectuel de Fès&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;fait un petit tour d´horizon sur les réformes entreprises&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;par le roi après qu´il eut accédé au trône en 1999, en concluant que le monarque jouit encore d´un énorme prestige auprès de ses concitoyens, contrairement à certains leaders politiques. Parmi les principaux changements, on peut citer la mise en place d´infrastructures essentielles (ports, autoroutes, habitat social), l´évolution au niveau des libertés individuelles et d´expression- quoiqu´encore surveillées- et l´amélioration de la condition de la femme. Certes, d´énormes progrès restent à faire et de grands problèmes subsistent comme la corruption, la pauvreté, le chômage et l´analphabétisme, mais ces réformes par petites touches, à la manière de sa Majesté Mohamed VI semblent la voie la plus efficace pour l´introduction pas à pas d´une culture démocratique au Maroc. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="text-align: justify;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="mso-ansi-language: FR" lang="FR"&gt;Un des paris du monarque marocain est le développement du tourisme dans le pays, surtout par le biais de l´inauguration en 2008 de la station balnéaire de Saïdia, dans la province de Berkane, à une cinquantaine de kilomètres d´Oujda, dans le nord-est du Maroc, près de la frontière avec l´Algérie. J´y ai passé une semaine très paisible et agréable au mois d´août. Les marocains sont très accueillants et chaleureux et les trois hôtels –resorts – l´iberostar où je suis descendu, le Barceló et le Be Live- font tout ce qui est à leur portée pour plaire aux touristes. Certes, au niveau commercial il y a encore des progrès considérables à faire, on y&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;trouve encore peu de boutiques, y compris à la marina. Pourtant, les lacunes qui existent seront petit à petit colmatées et Saïdia aura tous les atouts pour réussir, d´autant plus que&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;les Marocains – j´en suis sûr- auront la sagesse de développer le tourisme tout en évitant certains excès commis en d´autres parages.&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;   &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="text-align: justify;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="mso-ansi-language: FR" lang="FR"&gt;&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt; &lt;/span&gt;Pour en revenir à Tahar Ben Jelloun, après qu´il &lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt; &lt;/span&gt;eut &lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt; &lt;/span&gt;écrit &lt;span style="font-style: italic;"&gt;L´étincelle&lt;/span&gt;, un référendum a déjà eu lieu le 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; juillet portant sur le texte de la nouvelle Constitution. À propos de l´évolution démocratique au Maroc, un grand écrivain espagnol, Juan Goytisolo (voir chroniques de 2007), qui vit depuis des années à Marrakech (où une attaque terroriste a été perpétrée en avril dernier) a récemment accordé une interview au Nouvel Observateur où il a exprimé certains doutes concernant ces avancées marocaines. Pour lui, le texte de la Constitution soumis à référendum ne correspond pas intégralement aux attentes suscitées par le discours du roi le 9 mars. De toute façon, il reconnaît que les signes positifs se multiplient et que la jeunesse marocaine est de plus en plus attachée aux principes de la démocratie et de la liberté. La phrase la plus emblématique de cet entretien avec &lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt; &lt;/span&gt;Juan Goytisolo est celle où l´écrivain évoque l´importance des événements survenus ces derniers temps dans le monde arabe : «Le printemps arabe est l´événement le plus important depuis Ibn Khaldoun». Donc, depuis le quatorzième siècle…&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="text-align: justify;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="mso-ansi-language:ES-TRAD" lang="ES-TRAD"&gt;Tahar Ben &lt;/span&gt;&lt;span style="mso-ansi-language:FR" lang="FR"&gt;Jelloun&lt;/span&gt;&lt;span style="mso-ansi-language: ES-TRAD" lang="FR"&gt; &lt;/span&gt;&lt;span style="mso-ansi-language:ES-TRAD" lang="ES-TRAD"&gt;a &lt;/span&gt;&lt;span style="mso-ansi-language:FR" lang="FR"&gt;publié simultanément le récit &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Par le feu&lt;/span&gt;, inspiré par les derniers jours du jeune tunisien Mohamed Bouazizi qui le 17 décembre s´est immolé par le feu, un geste qui a déclenché la révolution de Jasmin en Tunisie.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="text-align: justify;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="mso-ansi-language: FR" lang="FR"&gt;Après la disparition de son père, Mohamed, jeune diplômé au chômage, doit s´occuper de sa mère et de ses frères et sœurs, en tant que l´aîné de la famille. Ses projets d´avenir, dont le mariage, doivent être reportés aux calendes grecques. Sa fiancée, la douce Zineb, l´attendra. Il décide alors de reprendre la charrette de son père et de devenir vendeur ambulant. En proie à l´arbitraire &lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt; &lt;/span&gt;de policiers corrompus et d´usuriers sans scrupules, il est poussé vers l´immolation par l´indifférence que son calvaire suscite, un calvaire pareil à celui de tant d´autres citoyens tunisiens. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="text-align: justify;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="mso-ansi-language: FR" lang="FR"&gt;C´est un récit émouvant, poétique et qui traduit on ne peut mieux le martyre des citoyens arabes sous les coups de boutoir de la dure réalité économique et sociale.&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;Seule la verve d´un écrivain comme Tahar Ben Jelloun pourrait créer une fiction aussi proche de la réalité.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="text-align: justify;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="" lang="FR"&gt;Un long chemin reste à parcourir, nous ne l´ignorons pas, jusqu´à ce qu´une véritable démocratie puisse se consolider dans les pays arabes, d´autant qu´elle ne semble jamais acquise même dans les pays où elle est très enracinée.&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;Puisse l´exemple de tolérance d´Ibn Khaldoun, rappelé par Juan Goytisolo, illuminer le chemin des démocrates arabes.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;" class="MsoNormal"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="mso-ansi-language: FR" lang="FR"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="text-align: justify;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="mso-ansi-language: FR" lang="FR"&gt;&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="text-align: justify;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="mso-ansi-language: FR" lang="FR"&gt;Tahar Ben Jelloun :&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="text-align: justify;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="mso-ansi-language: FR" lang="FR"&gt;&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt; &lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;L´étincelle&lt;/span&gt;, éditions Gallimard, Paris 2011&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="text-align: justify;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="mso-ansi-language: FR" lang="FR"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Par le feu&lt;/span&gt;, éditions Gallimard, Paris 2011&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="text-align: justify;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="mso-ansi-language: FR" lang="FR"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="text-align: justify;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="mso-ansi-language: FR" lang="FR"&gt;*J´ai consacré un article à Leonardo Sciascia en 2008(voir dans les archives du blog la chronique de mai 2008) et la traduction française du livre cité (Faits divers d´histoire littéraire et civile) est disponible chez Fayard.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="text-align: justify;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="mso-ansi-language: FR" lang="FR"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="text-align: justify;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="mso-ansi-language: FR" lang="FR"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7750110186755123605-6484591131860821170?l=laplumedissidente.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laplumedissidente.blogspot.com/feeds/6484591131860821170/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7750110186755123605&amp;postID=6484591131860821170' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7750110186755123605/posts/default/6484591131860821170'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7750110186755123605/posts/default/6484591131860821170'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laplumedissidente.blogspot.com/2011/08/chronique-de-septembre-2011.html' title='Chronique de septembre 2011'/><author><name>la plume dissidente</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03412569277603503352</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='25' height='32' src='http://bp3.blogger.com/_fsVpp6E0gFg/R2LD2rHNZvI/AAAAAAAAAAM/1jGsASMCYsA/S220/santos.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/-4RkWArkk9WM/Tlp2ssMDsPI/AAAAAAAAAYY/ehkjQXsc7WM/s72-c/tahar%2Bben%2Bjelloun.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7750110186755123605.post-2572756616373110547</id><published>2011-07-28T22:41:00.004+01:00</published><updated>2011-07-28T22:55:55.794+01:00</updated><title type='text'>La mort d´Agota Kristof</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/-H8qHam11BdI/TjHX7wZ_QbI/AAAAAAAAAXw/hvT3zHzuiLY/s1600/agota%2Bkristof.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 200px; height: 200px;" src="http://2.bp.blogspot.com/-H8qHam11BdI/TjHX7wZ_QbI/AAAAAAAAAXw/hvT3zHzuiLY/s200/agota%2Bkristof.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5634522030423359922" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;!--[if gte mso 9]&gt;&lt;xml&gt;  &lt;w:worddocument&gt;   &lt;w:view&gt;Normal&lt;/w:View&gt;   &lt;w:zoom&gt;0&lt;/w:Zoom&gt;   &lt;w:trackmoves/&gt;   &lt;w:trackformatting/&gt;   &lt;w:hyphenationzone&gt;21&lt;/w:HyphenationZone&gt;   &lt;w:punctuationkerning/&gt;   &lt;w:validateagainstschemas/&gt;   &lt;w:saveifxmlinvalid&gt;false&lt;/w:SaveIfXMLInvalid&gt;   &lt;w:ignoremixedcontent&gt;false&lt;/w:IgnoreMixedContent&gt;   &lt;w:alwaysshowplaceholdertext&gt;false&lt;/w:AlwaysShowPlaceholderText&gt;   &lt;w:donotpromoteqf/&gt;   &lt;w:lidthemeother&gt;PT&lt;/w:LidThemeOther&gt;   &lt;w:lidthemeasian&gt;X-NONE&lt;/w:LidThemeAsian&gt;   &lt;w:lidthemecomplexscript&gt;X-NONE&lt;/w:LidThemeComplexScript&gt; 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  &lt;w:lsdexception locked="false" priority="65" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Medium List 1"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="66" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Medium List 2"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="67" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Medium Grid 1"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="68" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Medium Grid 2"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="69" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Medium Grid 3"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="70" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Dark List"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="71" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Colorful Shading"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="72" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Colorful List"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="73" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Colorful Grid"&gt; 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  &lt;w:lsdexception locked="false" priority="65" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Medium List 1 Accent 5"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="66" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Medium List 2 Accent 5"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="67" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Medium Grid 1 Accent 5"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="68" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Medium Grid 2 Accent 5"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="69" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Medium Grid 3 Accent 5"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="70" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Dark List Accent 5"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="71" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Colorful Shading Accent 5"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="72" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Colorful List Accent 5"&gt; 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  &lt;w:lsdexception locked="false" priority="67" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Medium Grid 1 Accent 6"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="68" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Medium Grid 2 Accent 6"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="69" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Medium Grid 3 Accent 6"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="70" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Dark List Accent 6"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="71" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Colorful Shading Accent 6"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="72" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Colorful List Accent 6"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="73" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Colorful Grid Accent 6"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="19" semihidden="false" unhidewhenused="false" qformat="true" name="Subtle Emphasis"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="21" semihidden="false" unhidewhenused="false" qformat="true" name="Intense Emphasis"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="31" semihidden="false" unhidewhenused="false" qformat="true" name="Subtle Reference"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="32" semihidden="false" unhidewhenused="false" qformat="true" name="Intense Reference"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="33" semihidden="false" unhidewhenused="false" qformat="true" name="Book Title"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="37" name="Bibliography"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="39" qformat="true" name="TOC Heading"&gt;  &lt;/w:LatentStyles&gt; &lt;/xml&gt;&lt;![endif]--&gt;&lt;!--[if !mso]&gt;&lt;object classid="clsid:38481807-CA0E-42D2-BF39-B33AF135CC4D" id="ieooui"&gt;&lt;/object&gt; &lt;style&gt; st1\:*{behavior:url(#ieooui) } &lt;/style&gt; &lt;![endif]--&gt;&lt;!--[if gte mso 10]&gt; &lt;style&gt;  /* Style Definitions */  table.MsoNormalTable  {mso-style-name:"Tabela normal"; 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En guise d´hommage à cette grande dame des lettres suisses que j´admirais énormément, je reproduis ici un article que j´avais écrit il y a cinq ans pour le site&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;de la Nouvelle Librairie Française de Lisbonne sur son livre &lt;span style="font-style: italic;"&gt;C´est égal&lt;/span&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;&lt;span style="mso-ansi-language: FR" lang="FR"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;&lt;span style="mso-ansi-language: FR" lang="FR"&gt;  «Une certaine presse littéraire a élu comme ses coqueluches des femmes prétendument «libérées» qui enfantent des écrits versant le plus souvent dans la pornographie la plus bornée. Pendant ce temps, d´autres écrivaines, applaudies par la critique la plus sérieuse, poursuivent tranquillement leur métier, réconfortées, au fil des ans, par un nombre peut-être restreint mais néanmoins fidèle de lecteurs. Parmi ce dernier groupe, se trouve indiscutablement Agota Kristof, un des meilleurs écrivains contemporains de langue française, qui vit en Suisse depuis cinquante ans. En effet, en 1956, elle a dû fuir son pays, la  Hongrie (où elle a vu le jour en 1935, dans la ville de Csikvand), après l´échec de la révolte contre la mainmise des communistes sur l´appareil d´État, un échec qui avait sonné le glas des espoirs démocratiques de transformation du régime.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;&lt;span style="mso-ansi-language: FR" lang="FR"&gt;&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;Les premiers temps ont été particulièrement durs pour une jeune femme qui, ayant élu domicile à Neuchâtel, n´avait, à l´époque, que des connaissances très rudimentaires de la langue française. Elle a travaillé dans une usine et fait d´autres petits boulots avant de commencer à griffonner de petits textes dans la langue de son exil. Quelques années plus tard, elle s´imposait dans les milieux littéraires de la Suisse romande, d´abord comme dramaturge, puis en tant que romancière grâce à une trilogie à facettes multiples où se mêlent, sans qu´on puisse toujours les distinguer, fiction, réalité et mensonge, et qui décrit l´histoire de deux frères. Les romans composant cette «trilogie des jumeaux» sont &lt;/span&gt;&lt;span style="Monotype Corsiva&amp;quot;;mso-ansi-language:FRfont-family:&amp;quot;;"  lang="FR"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;L&lt;/span&gt;e Grand Cahier &lt;/span&gt;&lt;span style="mso-ansi-language:FR" lang="FR"&gt;(1986), récompensé par le prix européen de l´Adelf (Association des écrivains de langue française), &lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic;font-family:&amp;quot;;"  lang="FR"&gt;La Preuve&lt;/span&gt;&lt;span style="Monotype Corsiva&amp;quot;;mso-ansi-language:FRfont-family:&amp;quot;;"  lang="FR"&gt; &lt;/span&gt;&lt;span style="mso-ansi-language:FR" lang="FR"&gt;(1988) et &lt;/span&gt;&lt;span style="Monotype Corsiva&amp;quot;;mso-ansi-language:FRfont-family:&amp;quot;;"  lang="FR"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Le&lt;/span&gt; &lt;span style="font-style: italic;"&gt;troisième mensonge&lt;/span&gt; &lt;/span&gt;&lt;span style="mso-ansi-language:FR" lang="FR"&gt;(1992), couronné du prix du Livre Inter. Ils sont tous disponibles, soit en poche, soit en grand format, ou encore en un seul volume relié, toujours chez son éditeur français,Le Seuil.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;&lt;span style="mso-ansi-language: FR" lang="FR"&gt;&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;Son dernier livre, &lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic;font-family:&amp;quot;;"  lang="FR"&gt;C´est égal,&lt;/span&gt;&lt;span style="mso-ansi-language:FR" lang="FR"&gt;un recueil de nouvelles, publié en grand format en janvier 2005, vient d´être réédité en poche dans la collection Points. Ce sont de petites histoires-parfois de petits riens-sur l´absurde, le désarroi et la banalité du quotidien, d´une élégante sobriété et d´une subtilité déconcertante.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;&lt;span style="mso-ansi-language: FR" lang="FR"&gt;&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;Dans la première histoire, «La hache», une femme s´étonne que son mari se soit fendu le crâne en tombant de son lit sur une hache.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;&lt;span style="mso-ansi-language: FR" lang="FR"&gt;&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;Dans la deuxième, «Un train pour le Nord», un homme est changé en statue au moment où il embrasse son chien pour la dernière fois.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;&lt;span style="mso-ansi-language: FR" lang="FR"&gt;&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;Dans «La Boîte aux lettres», un homme, élevé dans un orphelinat, reçoit finalement, après trente ans d´attente, une lettre de son père qui, s´excusant de n´avoir pu le reconnaître au moment de sa naissance (puisqu´il avait une autre famille), lui confie, à présent, la direction de ses affaires, étant donné qu´il n´a eu que des filles, de son mariage, et que ses gendres sont des incapables.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;&lt;span style="mso-ansi-language: FR" lang="FR"&gt;&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;Enfin, dans une autre histoire, «Le cambrioleur», celui qui donne le titre à la courte nouvelle, affirme que le lendemain, quand la victime du cambriolage se réveillera, rien ne lui manquera. Rien qu´un jour de sa vie…&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;&lt;span style="mso-ansi-language: FR" lang="FR"&gt;&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;Ce sont, au total, vingt-cinq courts récits, entre la fable et le cauchemar, comme nous l´annonce l´éditeur, qui vous procureront, à coup sûr, un prodigieux bonheur de lecture.»&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;&lt;span style="mso-ansi-language: FR" lang="FR"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7750110186755123605-2572756616373110547?l=laplumedissidente.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laplumedissidente.blogspot.com/feeds/2572756616373110547/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7750110186755123605&amp;postID=2572756616373110547' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7750110186755123605/posts/default/2572756616373110547'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7750110186755123605/posts/default/2572756616373110547'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laplumedissidente.blogspot.com/2011/07/la-mort-dagota-kristof.html' title='La mort d´Agota Kristof'/><author><name>la plume dissidente</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03412569277603503352</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='25' height='32' src='http://bp3.blogger.com/_fsVpp6E0gFg/R2LD2rHNZvI/AAAAAAAAAAM/1jGsASMCYsA/S220/santos.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/-H8qHam11BdI/TjHX7wZ_QbI/AAAAAAAAAXw/hvT3zHzuiLY/s72-c/agota%2Bkristof.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7750110186755123605.post-1561305361393709645</id><published>2011-07-28T21:50:00.007+01:00</published><updated>2011-08-25T16:01:10.168+01:00</updated><title type='text'>Chronique d´août 2011</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/-HXL4Ew9faXY/TjHNKP2FVyI/AAAAAAAAAXo/vmTjhFrD_7A/s1600/klaus%2Bmann.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 200px; height: 124px;" src="http://1.bp.blogspot.com/-HXL4Ew9faXY/TjHNKP2FVyI/AAAAAAAAAXo/vmTjhFrD_7A/s200/klaus%2Bmann.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5634510184752961314" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/-3teyrddjVXs/TjHNDGS826I/AAAAAAAAAXg/-OrKinwXyZo/s1600/livre%2Bde%2Bklaus%2Bmann-1.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 136px; height: 200px;" src="http://4.bp.blogspot.com/-3teyrddjVXs/TjHNDGS826I/AAAAAAAAAXg/-OrKinwXyZo/s200/livre%2Bde%2Bklaus%2Bmann-1.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5634510061930601378" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/-pjtMd_LcgvM/TjHM4XyDHOI/AAAAAAAAAXY/MtjCkinaewk/s1600/livre%2Bde%2Bklaus%2Bmann-2.gif"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 132px; height: 200px;" src="http://4.bp.blogspot.com/-pjtMd_LcgvM/TjHM4XyDHOI/AAAAAAAAAXY/MtjCkinaewk/s200/livre%2Bde%2Bklaus%2Bmann-2.gif" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5634509877645876450" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L´esprit européen de Klaus Mann.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;!--[if gte mso 9]&gt;&lt;xml&gt;  &lt;w:worddocument&gt;   &lt;w:view&gt;Normal&lt;/w:View&gt;   &lt;w:zoom&gt;0&lt;/w:Zoom&gt;   &lt;w:trackmoves/&gt;   &lt;w:trackformatting/&gt;   &lt;w:hyphenationzone&gt;21&lt;/w:HyphenationZone&gt;   &lt;w:punctuationkerning/&gt;   &lt;w:validateagainstschemas/&gt;   &lt;w:saveifxmlinvalid&gt;false&lt;/w:SaveIfXMLInvalid&gt;   &lt;w:ignoremixedcontent&gt;false&lt;/w:IgnoreMixedContent&gt;   &lt;w:alwaysshowplaceholdertext&gt;false&lt;/w:AlwaysShowPlaceholderText&gt;   &lt;w:donotpromoteqf/&gt;   &lt;w:lidthemeother&gt;PT&lt;/w:LidThemeOther&gt;   &lt;w:lidthemeasian&gt;X-NONE&lt;/w:LidThemeAsian&gt; 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  &lt;w:lsdexception locked="false" priority="73" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Colorful Grid Accent 5"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="60" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Light Shading Accent 6"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="61" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Light List Accent 6"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="62" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Light Grid Accent 6"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="63" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Medium Shading 1 Accent 6"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="64" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Medium Shading 2 Accent 6"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="65" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Medium List 1 Accent 6"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="66" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Medium List 2 Accent 6"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="67" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Medium Grid 1 Accent 6"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="68" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Medium Grid 2 Accent 6"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="69" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Medium Grid 3 Accent 6"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="70" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Dark List Accent 6"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="71" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Colorful Shading Accent 6"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="72" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Colorful List Accent 6"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="73" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Colorful Grid Accent 6"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="19" semihidden="false" unhidewhenused="false" qformat="true" name="Subtle Emphasis"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="21" semihidden="false" unhidewhenused="false" qformat="true" name="Intense Emphasis"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="31" semihidden="false" unhidewhenused="false" qformat="true" name="Subtle Reference"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="32" semihidden="false" unhidewhenused="false" qformat="true" name="Intense Reference"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="33" semihidden="false" unhidewhenused="false" qformat="true" name="Book Title"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="37" name="Bibliography"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="39" qformat="true" name="TOC Heading"&gt;  &lt;/w:LatentStyles&gt; &lt;/xml&gt;&lt;![endif]--&gt;&lt;!--[if gte mso 10]&gt; &lt;style&gt;  /* Style Definitions */  table.MsoNormalTable  {mso-style-name:"Tabela normal";  mso-tstyle-rowband-size:0;  mso-tstyle-colband-size:0;  mso-style-noshow:yes;  mso-style-priority:99;  mso-style-qformat:yes; 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Aujourd´hui l´œuvre de Klaus Mann est redécouverte, abondamment traduite (surtout en français*) tandis que celle de son père d´une envergure de grand classique est tenue pour certains (à tort, à mon avis) comme plutôt ringarde. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;&lt;span style="mso-ansi-language: FR" lang="FR"&gt;On n´ignore pas que l´histoire de la&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;famille Mann en pays littéraire ne tient pas en ces deux noms cités. Outre Thomas Mann et son fils Klaus, son frère aîné Heinrich et Erika, la sœur de Klaus(ou encore son frère Golo), étaient également écrivains. Une famille qui a honoré la littérature allemande et universelle, non seulement en raison de la qualité littéraire des œuvres produites, mais aussi grâce à l´indépendance d´esprit et au combat civique mené du temps où la barbarie nazie déferlait&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;d´abord sur l´Allemagne, puis sur toute l´Europe.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;&lt;span style="mso-ansi-language: FR" lang="FR"&gt;Klaus Mann est né le 18 novembre 1906 à Munich, mais dans les années vingt il était déjà un génie précoce, à l´esprit bouillonnant. Il&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;a commencé à collaborer dans la presse dès l´âge de dix-huit ans et à dix-neuf ans, en 1925, il a publié &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Anja et Esther&lt;/span&gt;, une pièce de théâtre qui, prenant pour thème un amour lesbien, a fait scandale. Un scandale qui s´est accentué l´année suivante avec la parution de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;La danse pieuse&lt;/span&gt;, celui que d´aucuns considèrent comme le premier roman allemand ouvertement homosexuel. Klaus Mann fut&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;de ce fait en proie à l´anathème de certains milieux plus conservateurs, traditionnels et bigots.&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;Ses combats pour la justice, la liberté et contre la barbarie dans les années trente lui auront d´ailleurs valu pas mal d´inimitiés. En concomitance avec ces combats, il a poursuivi sa carrière d´ écrivain avec des titres importants comme &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Le tournant&lt;/span&gt; (autobiographie) et &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Méphisto&lt;/span&gt; (roman) et &lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt; &lt;/span&gt;a dû faire face à des rapports souvent difficiles avec son père (lauréat du prix&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;Nobel de Littérature en 1929), assez critique à l´égard de ses écrits. Pourtant, son engagement civique en a fait un des intellectuels les plus importants et les plus actifs de l´Europe dans les années trente, s´indignant devant toute sorte d´indulgence envers une jeunesse dont la révolte se traduisait de plus en plus par&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;l´adhésion aux idées nazies. Aussi a-t-il écrit une lettre en 1931, où il s´est permis d´engager une polémique avec le grand auteur autrichien Stefan Zweig, qu´il admirait néanmoins et tenait en haute estime après que celui-ci –intellectuel progressiste et s´opposant au nazisme-&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;eut quand même trouvé naturelle la révolte des jeunes.&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;La réponse de Klaus Mann (Jeunesse et radicalisme, une réponse à Stefan Zweig, que l´on peut lire dans le recueil &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Contre la barbarie&lt;/span&gt;) fut&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;claire et sans concessions : « Tout ce que fait la jeunesse ne nous montre pas la voie de l´avenir. Moi qui dis cela, je suis jeune moi-même. La plupart des gens de mon âge –ou des gens encore plus jeunes – ont fait, avec l´enthousiasme qui devrait être réservé au progrès, le choix de la régression. C´est une chose que nous ne pouvons sous aucun prétexte approuver. Sous aucun prétexte. » Et plus loin : « Ainsi donc, Stefan Zweig, je répudie devant vous ma propre génération, ou tout au moins cette partie de ma génération que vous, justement, vous excusez. Entre ces gens-là et nous, aucune alliance n´est envisageable ; d´ailleurs, ils seraient les premiers à repousser à coups de matraque tout rapprochement avec nous.» &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;&lt;span style="mso-ansi-language: FR" lang="FR"&gt;Klaus Mann fut, cela va sans dire, une des cibles du nouveau régime nazi qui en 1934 l´a déchu de la nationalité allemande et ce fut grâce au gouvernement progressiste et libéral du tchécoslovaque Benes que Klaus Mann et plusieurs membres de sa famille ne sont pas devenus des apatrides. Son engagement civique s´est poursuivi de plus belle. En 1935, il a fondé à Amsterdam une revue littéraire de combat contre le nazisme Die sammlung(La collection), éditée par la maison Querido Verlag et qui comptait sur la collaboration d´une pléiade d´intellectuels&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;de tout premier rang, des allemands et des autrichiens exilés pour la plupart, mais aussi des progressistes d´autres pays comme André Gide, Jean Cocteau, Ernest Hemingway, Aldous Huxley ou Boris Pasternak. Cette année-là, il a participé au Congrès international contre la guerre et le fascisme aux côtés d´André Gide et de son oncle Heinrich Mann dont il s´est toujours senti plus proche intellectuellement que de son père. En juin-juillet 1938, il a participé avec sa sœur Erika (à laquelle il a toujours été lié par une énorme complicité) à la guerre d´Espagne en tant que correspondant et cette même année &lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt; &lt;/span&gt;il est parti aux États-Unis où son combat civique s´est intensifié avec le parrainage d´une nouvelle revue littéraire et politique, Decision. C´est pendant ce séjour prolongé au pays de l´Oncle Sam que, dégoûté par la langue allemande, avilie en quelque sorte par la tyrannie nazie, il s´est mis à écrire en anglais, ce qu´il n´a pourtant pas fait de gaieté de cœur. Naturalisé américain en 1942, il s´est engagé dans l´armée et en 1943 il était de retour en Europe en tant que militaire américain. L´après-guerre qui aurait pu lui redonner l´espoir de renaissance de la culture européenne fut paradoxalement on ne peut plus douloureux. Le processus de dénazification-qui ne lui a pas semblé particulièrement convaincant-, l´ignorance de la majorité des Allemands vis-à-vis des écrivains de l´exil et le suicide de Stefan Zweig au Brésil, entre autres événements, l´ont désabusé. Sombrant dans le désespoir et la drogue, il est mort dans une chambre d´hôtel à Cannes, le 21 mai 1949, après avoir ingurgité une forte dose de somnifères. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;&lt;span style="mso-ansi-language: FR" lang="FR"&gt;Si les romans de Klaus Mann traduisent l´angoisse, le désespoir, la révolte de personnages troubles et excentriques en manque de repères, ses essais et écrits journalistiques font état de son&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;irréprochable engagement civique et culturel. En France, les éditions Phébus ont réédité ces dernières années quelques titres de Klaus Mann qui nous donnent la juste mesure de l´envergure de ce grand écrivain allemand et européen de la première moitié du vingtième siècle. En 2009, on a pu lire &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Contre la barbarie,&lt;/span&gt; recueil d´articles écrits et publiés entre 1925 et 1944, l´année dernière le roman &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Point de rencontre à l´infini &lt;/span&gt;et cette année deux titres d´un coup : &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Aujourd´hui et demain (l´esprit européen, 1925-1949)&lt;/span&gt; et &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Speed&lt;/span&gt;. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;&lt;span style="mso-ansi-language: FR" lang="FR"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Aujourd´hui et demain (l´esprit européen, 1925-1944)&lt;/span&gt; est un recueil de textes qui constituent non seulement- comme l´éditeur nous l´annonce par ailleurs dans la quatrième de couverture- une ode à une Europe plus juste et plus humaniste, mais aussi un tribut à la culture française. En effet dans la plupart des textes de ce recueil, Klaus Mann ne cesse de clamer son admiration pour les principales figures de la scène culturelle française de la première moitié du vingtième siècle comme André Gide, Jean Cocteau, Julien Green, Jean Giono, Saint-Exupéry , Jean Giraudoux, André Maurois et ceux que la mort prématurée aura arraché à un avenir des plus lumineux d´un point de vue littéraire comme Raymond Radiguet, Alain- Fournier et René Crevel.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;&lt;span style="mso-ansi-language: FR" lang="FR"&gt;Un des textes les plus significatifs de ce recueil est néanmoins un petit essai de 1927– justement intitulé Aujourd´hui et demain - où Klaus Mann disserte sur la situation des jeunes intellectuels en Europe.&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;En épigraphe, Klaus Mann reprend des assertions de trois noms importants de la culture allemande : Ernst Bloch, son oncle Heinrich Mann et le comte Coudenhove– Kálergi. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;&lt;span style="mso-ansi-language: FR" lang="FR"&gt;Du fond de cette Allemagne des années vingt,&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;de cette république de Weimar privée de sa dignité, mise à genoux après la défaite de la première guerre mondiale et les traités internationaux où les vainqueurs américains, anglais et français ont imposé leur loi, cette Allemagne enfin qui avait perdu ses colonies africaines, du fond donc de cette Allemagne où des jeunes révoltés, se repaissant de leur indignation, se vautrant dans leur haine, réclamaient une nouvelle guerre contre le voisin français, une voix lucide, clairvoyante&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;et visionnaire prônait déjà une entente avec la France comme le seul moyen d´assurer un avenir de paix en Europe. Klaus Mann écrivait effectivement&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;à ce propos ce qui suit : « Nous oublions par exemple qu´il y a une jeunesse allemande qui réclame à cor et à cri une guerre contre la France. C´est si fou, si incroyable, que nous y pensons rarement. Penser comme eux, c´est ne pas voir que, l´un sans l´autre, ces deux pays courent à leur perte, qu´il n´y a de salut pour l´Europe que si ces deux pays s´entendent, car à elles deux l´Allemagne et la France sont presque l´Europe.»(page 28). Mais Klaus Mann était extrêmement tourmenté par la défiance à l´égard de l´esprit et il n´avait évidemment pas tort, quand on méprise l´esprit c´est le corps qui en pâtit tôt ou tard et si l´on ne fait qu´exalter le corps (comme on l´a vu souvent dès les années vingt, à commencer par l´Italie fasciste) cela ne peut que déboucher sur un conflit.&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;Klaus Mann a encore une fois vu venir le danger : «Nous sommes allés si loin dans l´expérience du corps, avec tant de plaisir et de tristesse – que nous pouvons maintenant commencer à penser. Attelons-nous à cette tâche quand il en est encore temps, sinon il est probable que les choses tourneront mal.»(page29). Elles ont en fait mal tourné…&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;&lt;span style="mso-ansi-language: FR" lang="FR"&gt;A cette époque-là, Klaus Mann ne cachait pas –et cet essai en est l´illustration indiscutable- l´estime qu´il portait pour le comte Coudenhove-Kálergi, fondateur du mouvement de la Paneurope(visant la création des États-Unis d´Europe)&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;et l´enthousiasme suscité par ses idées, mais dans un texte ultérieur de 1935 et également regroupé dans ce recueil(Coudenhove-Kálergi, l´Europe s´éveille)l´enthousiasme s´est refroidi du fait que le comte, s´opposant certes à Hitler, voyait le danger plutôt du côté bolchevique et en appelait à une union des mouvements nationalistes y compris l´Italie mussolinienne et une Allemagne conservatrice débarrassée du radicalisme et du racisme de Hitler contre le communisme, conçu par le comte comme le véritable ennemi d´une confédération européenne, des idées auxquelles Klaus Mann ne pourrait souscrire. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;&lt;span style="mso-ansi-language: FR" lang="FR"&gt;L´admiration de Klaus Mann pour la culture française est particulièrement enthousiaste et&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;incisive dans certains textes publiés dans ce recueil. Comme ceux, entre autres, dédiés à André Gide qui fut sans l´ombre d´un doute l´écrivain français qui a le plus marqué Klaus Mann. Ils sont au nombre de cinq: Pour le soixantième anniversaire d´André Gide ; André Gide : considérations européennes ; André Gide et la jeunesse européenne ; Hommage à André Gide et&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;Conversation avec Gide. D´autre part on ne peut oublier que Klaus Mann lui a également consacré un livre : André Gide et la crise de la pensée européenne, publié en 1943. En quelque sorte Gide fut un des modèles que Klaus Mann a pris pour mener son combat civique. Dans le premier des textes que je viens d´énoncer, il écrit : « Gide est celui que nous aimons le plus. Sa vie intellectuelle est représentative de celle de tous les Européens engagés ; ses prospections et tâtonnements, ses explorations, hésitations et injonctions à poursuivre, tout cela se fait en notre nom, nous nous y reconnaissons. Gide écrit dans ses livres qu´il aura cherché, toute sa vie, un peu plus de lumière. Il me semble que ce mot héroïque et modeste pourrait servir de devise à toutes nos entreprises.»(page 69). &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;&lt;span style="mso-ansi-language: FR" lang="FR"&gt;Je ne puis m´empêcher de réserver ici quelques mots à l´autre livre de Klaus Mann reparu cette année en traduction française et toujours chez Phébus, le recueil de nouvelles &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Speed&lt;/span&gt;. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;&lt;span style="mso-ansi-language: FR" lang="FR"&gt;De ce recueil de quinze nouvelles, cinq ont été écrites directement en anglais, donc après qu´il se fut installé aux États-Unis &lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt; &lt;/span&gt;en 1938.Comme la plupart de ses fictions, les personnages de ces nouvelles baignent dans une atmosphère louche, sombrant dans la dèche, l´amertume, la détresse, l´accablement. En France, un écrivain allemand voit son épouse le quitter pour une femme ; au Maroc, deux jeunes Européens réchappent in extremis d´une overdose de haschisch ; à New York, un trafiquant de drogue entraîne un exilé autrichien dans de sordides aventures.&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;Ces nouvelles embrassent une période très large (de 1926 jusqu´en 1943), mais on pourrait y voir en filigrane la tragédie personnelle de Klaus Mann en train de s´ébaucher. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="" lang="FR"&gt;Longtemps occultée par celle de son père, l´œuvre de Klaus Mann&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;est aujourd´hui considérée à juste titre comme une des plus importantes de la littérature allemande du vingtième siècle. Écrivain de l´exil ou de l´émigration, Klaus Mann étonne ceux qui découvrent son œuvre par la modernité,&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;l´originalité, l´humanisme qui s´en dégagent. Une prose raffinée et pourtant pleine de fureur, de ferveur, de tendresse pour les désespérés qui malgré tout&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;ne seraient peut-être&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;– comme l´a si bien écrit Verlaine dans «Rêve familier» –&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;que des aimés que la vie exila…&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;&lt;span style="mso-ansi-language: FR" lang="FR"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;&lt;span style="mso-ansi-language: FR" lang="FR"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;&lt;span style="mso-ansi-language: FR" lang="FR"&gt;*Malgré les nombreuses traductions disponibles en français, le nom de Klaus Mann ne figure, selon sa traductrice Dominique Laure Miermont, sur aucune histoire de la littérature allemande publiée en France. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;&lt;span style="mso-ansi-language: FR" lang="FR"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;&lt;span style="mso-ansi-language: FR" lang="FR"&gt;Klaus Mann, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Aujourd´hui et demain (L´esprit européen,1925-1944),&lt;/span&gt; traduit de l´allemand par Corinna Gepner et Dominique Laure Miermont, éditions Phébus,2011.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;&lt;span style="mso-ansi-language: FR" lang="FR"&gt;Klaus Mann, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Speed&lt;/span&gt;, collection de poche Libretto, &lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt; &lt;/span&gt;traduit de l´allemand et de l´anglais par Dominique Laure Miermont, éditions Phébus, 2011. &lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;   &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7750110186755123605-1561305361393709645?l=laplumedissidente.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laplumedissidente.blogspot.com/feeds/1561305361393709645/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7750110186755123605&amp;postID=1561305361393709645' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7750110186755123605/posts/default/1561305361393709645'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7750110186755123605/posts/default/1561305361393709645'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laplumedissidente.blogspot.com/2011/07/chronique-daout-2011.html' title='Chronique d´août 2011'/><author><name>la plume dissidente</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03412569277603503352</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='25' height='32' src='http://bp3.blogger.com/_fsVpp6E0gFg/R2LD2rHNZvI/AAAAAAAAAAM/1jGsASMCYsA/S220/santos.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/-HXL4Ew9faXY/TjHNKP2FVyI/AAAAAAAAAXo/vmTjhFrD_7A/s72-c/klaus%2Bmann.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7750110186755123605.post-8056801606421678858</id><published>2011-07-28T21:42:00.003+01:00</published><updated>2011-07-28T21:48:42.544+01:00</updated><title type='text'>Salim Bachi ou les enfants de Cyrtha</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/-CaocNWfXM4c/TjHK5C2X05I/AAAAAAAAAXQ/CFoYQC30SBg/s1600/salim%2Bbachi.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 153px; height: 200px;" src="http://3.bp.blogspot.com/-CaocNWfXM4c/TjHK5C2X05I/AAAAAAAAAXQ/CFoYQC30SBg/s200/salim%2Bbachi.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5634507690183480210" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Cet article, je l´ai écrit pour le site de l´Institut Français du Portugal à la demande de la Directrice de la Médiathèque, Mme Emilie Bettega. Il a été mis en ligne le 15 juin à l´occasion de la venue de Salim Bachi à Lisbonne, dans le cadre du Festival Silêncio. Je le reproduis maintenant ici.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;!--[if gte mso 9]&gt;&lt;xml&gt;  &lt;w:worddocument&gt;   &lt;w:view&gt;Normal&lt;/w:View&gt;   &lt;w:zoom&gt;0&lt;/w:Zoom&gt;   &lt;w:trackmoves/&gt;   &lt;w:trackformatting/&gt;   &lt;w:hyphenationzone&gt;21&lt;/w:HyphenationZone&gt;   &lt;w:punctuationkerning/&gt;   &lt;w:validateagainstschemas/&gt;   &lt;w:saveifxmlinvalid&gt;false&lt;/w:SaveIfXMLInvalid&gt;   &lt;w:ignoremixedcontent&gt;false&lt;/w:IgnoreMixedContent&gt;   &lt;w:alwaysshowplaceholdertext&gt;false&lt;/w:AlwaysShowPlaceholderText&gt;   &lt;w:donotpromoteqf/&gt;   &lt;w:lidthemeother&gt;PT&lt;/w:LidThemeOther&gt;   &lt;w:lidthemeasian&gt;X-NONE&lt;/w:LidThemeAsian&gt;   &lt;w:lidthemecomplexscript&gt;X-NONE&lt;/w:LidThemeComplexScript&gt;   &lt;w:compatibility&gt;    &lt;w:breakwrappedtables/&gt;    &lt;w:snaptogridincell/&gt;    &lt;w:wraptextwithpunct/&gt;    &lt;w:useasianbreakrules/&gt;    &lt;w:dontgrowautofit/&gt;    &lt;w:splitpgbreakandparamark/&gt; 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  &lt;w:lsdexception locked="false" priority="69" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Medium Grid 3 Accent 6"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="70" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Dark List Accent 6"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="71" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Colorful Shading Accent 6"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="72" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Colorful List Accent 6"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="73" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Colorful Grid Accent 6"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="19" semihidden="false" unhidewhenused="false" qformat="true" name="Subtle Emphasis"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="21" semihidden="false" unhidewhenused="false" qformat="true" name="Intense Emphasis"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="31" semihidden="false" unhidewhenused="false" qformat="true" name="Subtle Reference"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="32" semihidden="false" unhidewhenused="false" qformat="true" name="Intense Reference"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="33" semihidden="false" unhidewhenused="false" qformat="true" name="Book Title"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="37" name="Bibliography"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="39" qformat="true" name="TOC Heading"&gt;  &lt;/w:LatentStyles&gt; &lt;/xml&gt;&lt;![endif]--&gt;&lt;!--[if gte mso 10]&gt; &lt;style&gt;  /* Style Definitions */  table.MsoNormalTable  {mso-style-name:"Tabela normal";  mso-tstyle-rowband-size:0;  mso-tstyle-colband-size:0;  mso-style-noshow:yes;  mso-style-priority:99;  mso-style-qformat:yes;  mso-style-parent:"";  mso-padding-alt:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt;  mso-para-margin-top:0cm;  mso-para-margin-right:0cm;  mso-para-margin-bottom:10.0pt;  mso-para-margin-left:0cm;  line-height:115%;  mso-pagination:widow-orphan;  font-size:11.0pt;  font-family:"Calibri","sans-serif"; 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 &lt;/span&gt;La liesse au sein des islamistes a néanmoins été de courte durée, l´armée étant intervenue quelques jours plus tard pour interrompre le processus électoral. Le nouveau président Mohamed Boudiaf – un nom prestigieux de la lutte pour l´émancipation de la tutelle française-&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;nommé par le Haut &lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt; &lt;/span&gt;Comité d´Etat serait assassiné le 29 juin 1992 en plein discours à Annaba. L´Algérie est plongée dans une spirale de violence dont elle peine à se dépêtrer. Les intellectuels sont les principales cibles de l´ire des intégristes. Nombre d´entre eux sont tués comme Tahar Djaout, auteur du très beau roman &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;Le dernier été de la raison&lt;/i&gt;, d´autres se servent de leur plume pour dénoncer soit l´obscurantisme soit la violence perpétrée par les islamistes, comme Rachid Boudjedra, notamment dans son livre &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;Fis de la haine&lt;/i&gt; ou Rachid Mimouni(qui devait s´éteindre en 1995 des suites d´une hépatite aiguë) qui écrit &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;De la barbarie&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;en général et de l´intégrisme en particulier&lt;/i&gt;.&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;Mais au fil des ans, d´autres voix ont surgi, irriguant la littérature algérienne d´une nouvelle sève. Parmi les nouveaux écrivains issus de la génération qui avait vingt&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;ans au moment de l´irruption de la violence intégriste, le nom le plus emblématique, qui a su dès ses premiers romans&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;se tailler une place de choix au sein de la toute nouvelle littérature francophone, est sans l´ombre d´un doute celui de Salim Bachi, né en 1971 à Alger, mais ayant grandi à Annaba, dans l´Est algérien.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;&lt;span style="mso-ansi-language: FR" lang="FR"&gt;&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt; &lt;/span&gt;Tiraillée entre une politique d´arabisation visant à l´affirmation de l´Algérie comme une nation souveraine et la culture francophone de l´ancien colonisateur qui ouvrait peut-être paradoxalement le pays à la modernité, la génération de Salim Bachi a vécu sous un équilibre assez instable où les perspectives d´avenir s´assombrissaient au fur et à mesure que l´hydre islamiste gangrenait le pays. &lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt; &lt;/span&gt;En ces circonstances, l´exil en France est d´ordinaire perçu comme inévitable. Salim Bachi fait un premier déplacement à Paris &lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt; &lt;/span&gt;en 1995 avant de s´y fixer en 1997, d´abord pour cause d´une licence de lettres et ensuite pour donner libre cours à sa vocation de romancier. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;&lt;span style="mso-ansi-language: FR" lang="FR"&gt;Son premier livre &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;Le Chien d´Ulysse&lt;/i&gt; a paru en 2001 aux éditions Gallimard, son éditeur depuis toujours. Je me rappelle encore l´émotion que j´ai ressentie en le lisant&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;au moment de sa parution. C´était à tous titres remarquable qu´un jeune de trente ans puisse maîtriser aussi bien toutes les ressources linguistiques associées à une imagination éblouissante et un très fort pouvoir d´évocation. La critique littéraire n´a pas été insensible devant ce premier roman d´un écrivain aussi talentueux. Le roman a été couronné de plusieurs prix, celui de la Vocation, le Goncourt du premier roman et la bourse Prince Pierre de Monaco de la découverte. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;&lt;span style="mso-ansi-language: FR" lang="FR"&gt;Dans ce roman, Salim Bachi joue de tous les registres pour dénoncer la dérive policière en Algérie. Si l´on suit le personnage principal, Hocine, sous les labyrinthes d´ une ville qui emprunte ses traits tantôt à Alger, tantôt à Constantine ou encore à la mythique et antique Cirta, c´est justement &lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt; &lt;/span&gt;la ville elle-même, dénommée Cyrtha, la véritable héroïne du roman. Une ville grouillante d´une population qui n´a d´autre vocation que celle de la souffrance et du désespoir et où ceux qui parviennent à s´en sortir,&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;ne le font qu´ au prix des trafics&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;les plus sordides. Une ville où l´Etat et son opposition islamiste sont renvoyés dos à dos au grand dam du commun des mortels.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;&lt;span style="mso-ansi-language: FR" lang="FR"&gt;La ville imaginaire de Cyrtha est encore le protagoniste du deuxième roman de Salim Bachi – &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;La&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;Kahéna &lt;/i&gt;- publié en 2003. Cette fois-ci, on nous raconte l´histoire du colon Louis Bergagna qui bâtit sa demeure à Cyrtha. Dans cette demeure-là- La Kahéna- se croiseront pendant plus d´un demi-siècle plusieurs générations d´Algériens. C´est donc l´histoire du pays, la colonisation, l´indépendance, les espoirs déçus, les émeutes sanglantes de 1988 que l´on voit défiler le long du roman.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;&lt;span style="mso-ansi-language: FR" lang="FR"&gt;En 2006, son troisième roman marque en quelque sorte un tournant dans son parcours littéraire. L´Algérie quitte apparemment la scène. Pourtant, le terrorisme y est encore à l´ordre du jour. &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;Tuez-les tous&lt;/i&gt; est le récit de la vie et des pensées d´un terroriste –Seif El islam- qui s´apprête, le 11 septembre 2001 à prendre le contrôle d´un avion pour le précipiter sur le World Trade Center. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;&lt;span style="mso-ansi-language: FR" lang="FR"&gt;Pour lui, comme pour tous les terroristes, ce qui compte c´est la haine, c´est elle qui le fait vivre. Les terroristes croient au paradis après la mort, parce que, en effet, ils transforment eux-mêmes leur vie sur terre en un véritable enfer. Quoiqu´il en soit, même si théoriquement l´Algérie, comme je l´ai insinué plus haut, quitte la scène ce n´est à vrai dire qu´apparemment puisque la ville natale de Seif El islam est encore la mythique Cyrtha.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;&lt;span style="mso-ansi-language: FR" lang="FR"&gt;En 2008, Salim Bachi publie &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;Le silence de Mahomet&lt;/i&gt;. Pour ce roman polyphonique entre fiction historique et vérité romanesque, Salim Bachi emprunte à plusieurs sources : les hagiographies classiques, des récits de chroniqueurs musulmans et des ouvrages de chercheurs contemporains.&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;La vie de Mohammad&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;est racontée par quatre personnages différents  et sous des angles tout aussi divers: les confessions de sa première femme, Khadija, de son meilleur ami, le calife Abou Bakr, du fougueux Khalid, le général qui conquiert l´Irak au cours de batailles épiques, et enfin de la jeune Aïcha, devenue son épouse à l´âge de&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;neuf ans.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;&lt;span style="mso-ansi-language: FR" lang="FR"&gt;Le portrait que Salim Bachi brosse du prophète Mohammad est sans concessions : à la fois homme politique et chef militaire redoutable, capable des pires atrocités comme l´exécution de dizaines de juifs de la tribu des Banou Qorayda en raison de leur alliance avec des tribus arabes hostiles, mais aussi un intellectuel et un&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;humaniste &lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt; &lt;/span&gt;comme l´atteste la phrase d´un des narrateurs que l´on retrouve à la page 300 : «Mohammad détestait cet esprit arabe qui poussait les meilleurs poètes à couvrir d´injures leurs ennemis ou les ennemis de leurs protecteurs.»&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;&lt;span style="mso-ansi-language: FR" lang="FR"&gt;Le dernier roman en date de l´auteur –&lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;Amours et aventures de Sindbad le marin&lt;/i&gt;- est paru&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;tout récemment, en septembre 2010, et l´accueil de la critique fut particulièrement enthousiaste. Le magazine Transfuge l´a considéré comme un des meilleurs romans de cette rentrée(il a d´ailleurs été en lice pour le Renaudot) et Sophie Deltin dans Le Matricule des Anges met en exergue l´excellence de sa prose : «Nourrie à la lumière du bassin méditerranéen, la prose du romancier, encline à jouer des contours et des perceptions, n´en est pas moins partagée entre l´humour et la colère, et la causticité insinuante de son style qui irrigue tous ses livres, s´en donne ici à cœur joie.»&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;&lt;span style="mso-ansi-language: FR" lang="FR"&gt;Contrairement à ce que le titre le laisserait supposer, ce roman n´est pas une énième variation du mythe de Sindbad le marin, la merveilleuse histoire des Mille et une Nuits. Sindbad ici joue le rôle d´une métaphore du voyageur. Salim Bachi se livre dans ce roman à une satire de l´Algérie (un pays où tout le monde est coupable, les innocents au même titre que les bourreaux)&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;mais aussi de l´Occident(les généralisations, la finance, le conformisme). Salim Bachi pousse d´ ailleurs le sarcasme jusqu´à évoquer les «artistes de seconde zone» qui ne sont autres que les pensionnaires de la Villa Médicis où il a séjourné lui-même en 2005 !&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;&lt;span style="mso-ansi-language: FR" lang="FR"&gt;Encore une fois, comme dans la plupart de ses romans précédents(tous censurés en Algérie) , Salim Bachi s´inspire des mythes classiques pour poindre des fictions où sur un ton souvent mélancolique, parfois ironique, s´en prend à la réalité algérienne, à l´intégrisme islamique, aux obscurantismes de tous bords, mais aussi aux excès de la modernité et au conformisme des sociétés contemporaines, et tout ceci avec une verve, un rythme, une richesse lexicale qui nous tiennent toujours en haleine. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;&lt;span style="mso-ansi-language: FR" lang="FR"&gt;Avec sept livres à son actif – les cinq romans cités&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;et encore un récit (&lt;i style="mso-bidi-font-style: normal"&gt;Autoportrait avec&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;Grenade&lt;/i&gt;, éditions du Rocher, en 2005, son seul livre qui n´ait pas été publié chez Gallimard) et un recueil de nouvelles (&lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;Les douze contes de minuit&lt;/i&gt;, Gallimard, en 2007), Salim Bachi s´affirme indiscutablement comme un des écrivains francophones les plus importants de sa génération.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7750110186755123605-8056801606421678858?l=laplumedissidente.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laplumedissidente.blogspot.com/feeds/8056801606421678858/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7750110186755123605&amp;postID=8056801606421678858' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7750110186755123605/posts/default/8056801606421678858'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7750110186755123605/posts/default/8056801606421678858'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laplumedissidente.blogspot.com/2011/07/salim-bachi-ou-les-enfants-de-cyrtha.html' title='Salim Bachi ou les enfants de Cyrtha'/><author><name>la plume dissidente</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03412569277603503352</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='25' height='32' src='http://bp3.blogger.com/_fsVpp6E0gFg/R2LD2rHNZvI/AAAAAAAAAAM/1jGsASMCYsA/S220/santos.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/-CaocNWfXM4c/TjHK5C2X05I/AAAAAAAAAXQ/CFoYQC30SBg/s72-c/salim%2Bbachi.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7750110186755123605.post-7972765914459674917</id><published>2011-06-28T10:35:00.004+01:00</published><updated>2011-06-28T10:42:30.217+01:00</updated><title type='text'>Chronique de juillet 2011</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/-Vq_7hX-cuNY/TgmhwYKpV6I/AAAAAAAAAXI/f06g1A0T_gQ/s1600/liu%2Bxiaobo.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 200px; height: 150px;" src="http://2.bp.blogspot.com/-Vq_7hX-cuNY/TgmhwYKpV6I/AAAAAAAAAXI/f06g1A0T_gQ/s200/liu%2Bxiaobo.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5623203462241671074" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/-lu1tBxNv-PU/TgmhkPTU6uI/AAAAAAAAAXA/Muqsyf8LYmA/s1600/livre%2Bde%2Bliu%2Bxiaobo.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 147px; height: 200px;" src="http://4.bp.blogspot.com/-lu1tBxNv-PU/TgmhkPTU6uI/AAAAAAAAAXA/Muqsyf8LYmA/s200/livre%2Bde%2Bliu%2Bxiaobo.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5623203253703731938" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les réflexions de Liu Xiaobo.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;!--[if gte mso 9]&gt;&lt;xml&gt;  &lt;o:officedocumentsettings&gt; 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 &lt;/span&gt;Le gouvernement chinois –comme on pouvait d´ailleurs s´en douter&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;– &lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt; &lt;/span&gt;ne s´est pas privé de clamer son indignation devant cette nouvelle «ingérence dans les affaires chinoises» et de&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;jeter&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;l´opprobre sur l´Académie Nobel et aussi sur le gouvernement norvégien. Les autorités chinoises, dans leur mentalité rétrograde et totalitaire, sont incapables de concevoir la séparation et l´indépendance d´une institution privée vis-à-vis du gouvernement du pays auquel&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;elle appartient. Le lauréat Liu Xiaobo, quant à lui, purge toujours (depuis octobre 2009) une peine de prison&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;de onze ans pour avoir été un des rédacteurs de la Charte 08 &lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt; &lt;/span&gt;et son épouse Liu Xia a été placée en résidence surveillée dès l´annonce du prix. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;&lt;span style="mso-ansi-language: FR" lang="FR"&gt;Si Liu Xiaobo n´était pas à proprement parler un inconnu, ses écrits et ses réflexions étaient &lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt; &lt;/span&gt;encore ignorés de la plupart des intellectuels et des lecteurs occidentaux. En Chine, on les lisait bien entendu en catimini, dans les milieux de la dissidence ou grâce à des journaux de Hong Kong ou des sites internet mais ailleurs on en connaissait surtout des extraits publiés très sporadiquement.&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;Or, les lecteurs de langue française peuvent désormais connaître la pensée de Liu Xiaobo grâce à la parution chez Gallimard, dans la collection Bleu de Chine, du livre &lt;span style="font-style: italic;"&gt;La&lt;/span&gt; &lt;span style="font-style: italic;"&gt;philosophie du porc et autres essais&lt;/span&gt;, un choix important de ses textes, présentés par Jean-Philippe Béja – qui a traduit&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;lui-même la plupart des articles ou essais- qui dans une belle introduction retrace le parcours de ce dissident chinois hors pair, professeur universitaire, né en 1955 à Changchun.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;&lt;span style="mso-ansi-language: FR" lang="FR"&gt;Dans le premier texte de ce recueil, «Un épisode biographique», Liu Xiaobo raconte comment il a été privé de sa liberté en dix-neuf minutes. Il s´agit d´un texte où il évoque une de ses nombreuses arrestations (cette fois-ci en 1996) et son enfermement pour une durée de trois ans dans un camp de rééducation, et qui a été écrit pour le colloque international «Le Goulag soviétique et le laogai chinois» organisé par la Laogai Foundation en 2006.&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;Il rappelle qu´entre le moment où il est sorti de chez lui, fut emmené au commissariat puis enfermé dans la voiture de police, il ne s´était écoulé que quelques dizaines de minutes. Refusant de signer un document où il se serait reconnu &lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt; &lt;/span&gt;coupable de «fabrication de rumeurs» et «trouble de l´ordre social», il fut envoyé dans un centre de détention puis, sur une décision des hautes sphères du parti communiste chinois, dans un laojiao, un centre de rééducation par le travail, une des plus grandes aberrations du régime chinois. Liu Xiaobo écrit à propos de son arrestation et de ses conséquences : « C´est cela le système de rééducation par le travail&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;aux couleurs de la Chine : une punition aussi sévère que la privation de liberté d´un citoyen, sans arrestation&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;officielle, sans instruction, sans accusation&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;et sans procès est décidée en quelques dizaines de minutes, un&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;coût minime pour piétiner les droits de l´homme». &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;&lt;span style="mso-ansi-language: FR" lang="FR"&gt;Le témoignage d´un intellectuel victime du pouvoir autocratique et de la bureaucratie totalitaire constitue une partie non négligeable de ce recueil d´essais, mais Liu Xiaobo nous livre également ses réflexions sur la littérature, la philosophie, le rôle des intellectuels et l´évolution de la société chinoise.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;&lt;span style="mso-ansi-language: FR" lang="FR"&gt;Dans l´essai «Crise ! La littérature de la nouvelle époque est entrée en crise», il analyse le manque de fraicheur, les procédés figés, le langage archaïsant d´une littérature qui exprime, sous l´étendard de la «quête des racines», une conscience tournée vers le passé, une tendance à la régression conceptuelle.&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;En somme, une littérature en panne d´imagination qui n´a jamais atteint les sommets, contrairement au &lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt; &lt;/span&gt;mouvement pour la Nouvelle Culture. Ce mouvement, connu aussi sous le nom de mouvement du 4 mai, a été fondé à la suite des manifestations du 4 mai 1919 contre le Traité de Versailles. Son chef de file était Lu Xun qui s´était fait remarquer en 1918 en publiant dans la revue Nouvelle Jeunesse la nouvelle Journal d´un fou qui s´attaquait violemment &lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt; &lt;/span&gt;à la culture hiérarchique confucéenne. Lu Xiaobo affirme dans cet essai qu´il ne s´oppose point&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt; &lt;/span&gt;à la quête des racines dans son ensemble dès que cette quête ne serve pas à provoquer une régression : « Le cœur du problème est de savoir de quelle façon envisager la culture traditionnelle. Dans la littérature chinoise moderne, Lu Xun est le premier à s´être mis en quête de racines, mais les racines qu´il cherchait étaient celles soutenant l´arbre millénaire de la société féodale chinoise dont les branches vont jusqu´à la voûte céleste ; il était sans cesse travaillé par le souci de savoir quelle hache tranchante pourrait les couper. Sous l´influence de la culture occidentale progressiste, il s´est placé au plus haut degré de la conscience moderne pour soumettre la tradition à une analyse froide, une critique profonde et un rejet radical ; il a été le premier à ouvrir les yeux des Chinois sur les pitoyables, lamentables, détestables, abominables tares nationales(…)» (page 72).&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;&lt;span style="mso-ansi-language: FR" lang="FR"&gt;Toujours dans ce même essai, Lu Xiaobo n´hésite pas à écrire que les écrivains chinois manquent de conscience individuelle et cette assertion est une espèce de prélude à l´essai suivant, intitulé «Réflexions d´un anti traditionaliste» où l´auteur s´interroge sur les raisons pour lesquelles il n´y a jamais eu de véritable tradition de bons écrivains chinois en exil et la dissidence en Chine n´est pas particulièrement florissante alors que dans les pays d´Europe occidentale, en Urss et en Europe de l´Est est toujours apparue une foule de remarquables écrivains en exil. Lu Xiaobo présente son point de vue là-dessus : « En dehors des obstacles dus à la langue, je crois que la raison majeure consiste, d´une part, en l´étroitesse de l´horizon de l´intellectuel chinois, uniquement préoccupé des problèmes de la Chine, et, d´autre part, en l´utilitarisme de sa pensée, toujours axée sur les valeurs de l´existence concrète. Dans la vie de cet intellectuel, il manque une impulsion transcendantale, il manque un esprit de résistance qui oppose la vie individuelle à la société dans son ensemble, il manque une endurance à la solitude, il manque le goût et le courage de faire face au monde étranger, au monde de l´inconnu. Les intellectuels chinois ne peuvent vivre que sur une terre qui leur soit familière, au milieu des applaudissements d´une foule ignare qui les met en valeur(…) Cela est un complexe typiquement chinois dont on s´affranchit très difficilement car sa spécificité est l´absence de toute individualité authentique. Et c´est ce complexe qui va pousser les grands noms de la culture chinoise à s´agripper au nationalisme.»(page 96).&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;&lt;span style="mso-ansi-language: FR" lang="FR"&gt;Même des voix lucides et novatrices comme celles de Lu Xun ont dû succomber en quelque sorte à ce terrible drame. Incapable de supporter la peur et la solitude de celui qui fait face seul au monde de l´inconnu et une fois l´espoir perdu en l´homme chinois, en la culture chinoise et en lui-même, il&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;a épousé une réalité qu´il ne pouvait que rejeter d´une façon radicale.&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;&lt;span style="mso-ansi-language: FR" lang="FR"&gt;Puisqu´on évoque la réalité, celle qui existe en Chine n´est plus sur la même longueur &lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt; &lt;/span&gt;d´onde de la vieille rengaine des lendemains qui chantent mijotés à la sauce orientale. Le communisme chinois n´est plus celui de la révolution culturelle et des morts qu´elle a entraînés. Mao Zedong &lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt; &lt;/span&gt;a dit un jour qu´un tiers de l´humanité pourrait mourir si c´était pour le bonheur du communisme. Or, le communisme chinois n´est même plus celui du 4 juin 1989 et du massacre de Tiananmen. En effet, il y a toute une génération de chinois qui sont nés ultérieurement ou qui étaient des enfants à cette époque-là. Ce qu´il y a aujourd´hui&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;c´est un capitalisme d´État à l´idéologie nationaliste (n´est-il pas assez bizarre, comme je l´ai déjà écrit ailleurs, que le communisme, en panne d´idées, verse assez souvent dans le nationalisme ?), où l´on prend la carte du parti communiste afin d´obtenir certains privilèges qu´elle permet d´accorder à ses titulaires. La corruption est, cela va sans dire, monnaie courante soit dans les&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;sections locales et régionales du parti soit dans les différents échelons de l´appareil d´Etat ( l´Etat et le parti se confondant, bien entendu). Toutes ces vérités que je viens d´énoncer et tant d´autres encore (notamment la situation des enfants esclaves dans les briqueteries chinoises et celle des paysans qui veulent récupérer leurs terres), sont analysées de la plume fine et élégante de Lu Xiaobo. Le dissident chinois le plus connu au monde n´oublie pas de nous rappeler le rôle fondamental joué par les bloggeurs dans la dénonciation des atrocités et la défense de la démocratie, malgré la surveillance très stricte à&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;laquelle est soumis le Net. À ce propos, on ne pourrait passer sous silence la lettre, reproduite dans ce recueil, que Lu Xiaobo a adressée le 7 octobre 2005 à Jerry Yang, président de la société Yahoo, né à Taipei en 1968 et parti aux États-Unis avec sa mère à l´âge de dix ans. Le sujet de cette lettre est la condamnation à une peine de dix ans de prison du journaliste Shi Tao, grâce à des pièces à conviction fournies par Yahoo aux autorités chinoises. Cette lettre est non seulement un cri d´indignation mais aussi l´occasion pour dénoncer les entreprises commerciales de l´Occident qui, dans la perspective de gains substantiels dans un marché aussi juteux que le chinois, font fi des principes et des valeurs humanistes tant vantés, théoriquement, du moins…&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;&lt;span style="mso-ansi-language: FR" lang="FR"&gt;Enfin, ce recueil s´achève sur&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;un dossier intitulé «Le procès», divisé en trois chapitres : le texte de la Charte 08, inspiré comme on le sait par la Charte 77 des intellectuels tchécoslovaques dont Vaclav Havel (qui a accepté de rédiger la préface de ce recueil), «Ma défense» et «Je n´ai pas d´ennemis (dernière déclaration)». Dans ces deux textes, Liu Xiaobo réitère les idées &lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt; &lt;/span&gt;démocratiques qu´il a toujours prônées et sa fidélité aux principes de la tolérance et de la liberté d´expression.&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;Dans la dernière page, on peut lire de la plume de cet homme remarquable : «Etrangler la liberté d´expression, c´est fouler aux pieds les droits de l´homme, étouffer l´humanité, supprimer la vérité» et plus loin il affirme qu´il ne se plaint pas d´être accusé&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;pour avoir mis en œuvre son droit constitutionnel à la liberté d´expression. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="" lang="FR"&gt;Puisse cet homme –qui a dédié son prix Nobel aux «âmes errantes du 4 juin»- jouir pleinement un jour de sa liberté et de son plus bel&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;outil, sa plume. Un outil autrement&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;plus raffiné, noble et utile que le fusil ou la trique, l´outil dont se servent –ne serait-ce que métaphoriquement-les bourreaux…&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;&lt;span style="mso-ansi-language: FR" lang="FR"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;&lt;span style="mso-ansi-language: FR" lang="FR"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;&lt;span style="mso-ansi-language: FR" lang="FR"&gt;Liu Xiaobo, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;La philosophie du porc et autres essais, &lt;/span&gt;traduit du chinois. Textes choisis et présentés par Jean-Philippe Béja, collection Bleu de Chine, éditions Gallimard, 2011.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7750110186755123605-7972765914459674917?l=laplumedissidente.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laplumedissidente.blogspot.com/feeds/7972765914459674917/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7750110186755123605&amp;postID=7972765914459674917' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7750110186755123605/posts/default/7972765914459674917'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7750110186755123605/posts/default/7972765914459674917'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laplumedissidente.blogspot.com/2011/06/chronique-de-juillet-2011.html' title='Chronique de juillet 2011'/><author><name>la plume dissidente</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03412569277603503352</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='25' height='32' src='http://bp3.blogger.com/_fsVpp6E0gFg/R2LD2rHNZvI/AAAAAAAAAAM/1jGsASMCYsA/S220/santos.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/-Vq_7hX-cuNY/TgmhwYKpV6I/AAAAAAAAAXI/f06g1A0T_gQ/s72-c/liu%2Bxiaobo.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7750110186755123605.post-8606016280903901884</id><published>2011-06-26T17:54:00.003+01:00</published><updated>2011-06-26T18:32:25.057+01:00</updated><title type='text'>Le centenaire de la naissance de Czeslaw Milosz</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/-WUuWUhqoBGI/TgdsW6uIQdI/AAAAAAAAAW4/6Uq_2Gcmqnk/s1600/czeslaw%2Bmilosz.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 162px; height: 200px;" src="http://1.bp.blogspot.com/-WUuWUhqoBGI/TgdsW6uIQdI/AAAAAAAAAW4/6Uq_2Gcmqnk/s200/czeslaw%2Bmilosz.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5622581800771011026" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Jeudi prochain, 30 juin, on signalera le centenaire de la naissance du grand poète, essayiste et romancier polonais Czeslaw Milosz. Né à Szetejnie en Lituanie(alors dans l´Empire russe), il était issu de la noblesse polonaise et arrière-cousin  du grand poète lituanien de langue française O.V. de Lubicz-Milosz qu´il a rencontré à Paris dans les années trente et qui a exercé sur lui une influence considérable.&lt;br /&gt;Diplomate après la seconde guerre mondiale, il a rompu en 1951 avec le régime communiste de Varsovie et s´est installé en France où il a vécu pendant dix ans avant de partir aux États-Unis, en 1961, pour enseigner à l´Université de Berkeley, en Californie. En 1970, il est devenu citoyen américain et en 1980 il s´est vu décerner le Prix Nobel de Littérature.&lt;br /&gt;Parmi ses oeuvres, on se permet de relever &lt;span style="font-style: italic;"&gt;La pensée captive&lt;/span&gt;(une réflexion sur la place des intellectuels et des dissidents au sein des régimes autoritaires), le roman&lt;span style="font-style: italic;"&gt; La prise du pouvoir,&lt;/span&gt; l´essai &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Une autre Europe &lt;/span&gt;et ses nombreux livres de poésie dont &lt;span style="font-style: italic;"&gt;La lumière du jour&lt;/span&gt;, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Traité&lt;/span&gt; &lt;span style="font-style: italic;"&gt;poétique,Le roi Popiel et autres poèmes,La&lt;/span&gt; &lt;span style="font-style: italic;"&gt;ville sans nom, Chroniques&lt;/span&gt; ou &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Orphée et Eurydice.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Czeslaw Milosz est mort à Cracovie le 14 août 2004. Un immense poète et écrivain à l´oeuvre considérable.   &lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7750110186755123605-8606016280903901884?l=laplumedissidente.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laplumedissidente.blogspot.com/feeds/8606016280903901884/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7750110186755123605&amp;postID=8606016280903901884' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7750110186755123605/posts/default/8606016280903901884'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7750110186755123605/posts/default/8606016280903901884'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laplumedissidente.blogspot.com/2011/06/le-centenaire-de-la-naissance-de.html' title='Le centenaire de la naissance de Czeslaw Milosz'/><author><name>la plume dissidente</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03412569277603503352</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='25' height='32' src='http://bp3.blogger.com/_fsVpp6E0gFg/R2LD2rHNZvI/AAAAAAAAAAM/1jGsASMCYsA/S220/santos.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/-WUuWUhqoBGI/TgdsW6uIQdI/AAAAAAAAAW4/6Uq_2Gcmqnk/s72-c/czeslaw%2Bmilosz.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7750110186755123605.post-1210915557146171979</id><published>2011-06-12T18:55:00.002+01:00</published><updated>2011-06-12T18:57:33.370+01:00</updated><title type='text'>Poésie dans la rue</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/-oZC6NeZYd2M/TfT9xVFAkaI/AAAAAAAAAWw/579ZabIUJi8/s1600/lisbonne.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 200px; height: 151px;" src="http://4.bp.blogspot.com/-oZC6NeZYd2M/TfT9xVFAkaI/AAAAAAAAAWw/579ZabIUJi8/s200/lisbonne.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5617393659151421858" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;!--[if gte mso 9]&gt;&lt;xml&gt;  &lt;w:worddocument&gt;   &lt;w:view&gt;Normal&lt;/w:View&gt;   &lt;w:zoom&gt;0&lt;/w:Zoom&gt;   &lt;w:trackmoves/&gt;   &lt;w:trackformatting/&gt;   &lt;w:hyphenationzone&gt;21&lt;/w:HyphenationZone&gt;   &lt;w:punctuationkerning/&gt;   &lt;w:validateagainstschemas/&gt;   &lt;w:saveifxmlinvalid&gt;false&lt;/w:SaveIfXMLInvalid&gt;   &lt;w:ignoremixedcontent&gt;false&lt;/w:IgnoreMixedContent&gt;   &lt;w:alwaysshowplaceholdertext&gt;false&lt;/w:AlwaysShowPlaceholderText&gt;   &lt;w:donotpromoteqf/&gt;   &lt;w:lidthemeother&gt;PT&lt;/w:LidThemeOther&gt;   &lt;w:lidthemeasian&gt;X-NONE&lt;/w:LidThemeAsian&gt;   &lt;w:lidthemecomplexscript&gt;X-NONE&lt;/w:LidThemeComplexScript&gt; 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  &lt;w:lsdexception locked="false" priority="21" semihidden="false" unhidewhenused="false" qformat="true" name="Intense Emphasis"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="31" semihidden="false" unhidewhenused="false" qformat="true" name="Subtle Reference"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="32" semihidden="false" unhidewhenused="false" qformat="true" name="Intense Reference"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="33" semihidden="false" unhidewhenused="false" qformat="true" name="Book Title"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="37" name="Bibliography"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="39" qformat="true" name="TOC Heading"&gt;  &lt;/w:LatentStyles&gt; &lt;/xml&gt;&lt;![endif]--&gt;&lt;!--[if gte mso 10]&gt; &lt;style&gt;  /* Style Definitions */  table.MsoNormalTable  {mso-style-name:"Tabela normal";  mso-tstyle-rowband-size:0;  mso-tstyle-colband-size:0;  mso-style-noshow:yes;  mso-style-priority:99;  mso-style-qformat:yes; 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Tout cela débouchera sur un happening poétique le jeudi 16 juin au bar café Cruzes Credo, 29, rue Cruzes da Sé, à Lisbonne. &lt;/span&gt;Ne manquez pas!&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7750110186755123605-1210915557146171979?l=laplumedissidente.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laplumedissidente.blogspot.com/feeds/1210915557146171979/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7750110186755123605&amp;postID=1210915557146171979' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7750110186755123605/posts/default/1210915557146171979'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7750110186755123605/posts/default/1210915557146171979'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laplumedissidente.blogspot.com/2011/06/poesie-dans-la-rue.html' title='Poésie dans la rue'/><author><name>la plume dissidente</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03412569277603503352</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='25' height='32' src='http://bp3.blogger.com/_fsVpp6E0gFg/R2LD2rHNZvI/AAAAAAAAAAM/1jGsASMCYsA/S220/santos.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/-oZC6NeZYd2M/TfT9xVFAkaI/AAAAAAAAAWw/579ZabIUJi8/s72-c/lisbonne.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7750110186755123605.post-4638680533326292976</id><published>2011-06-12T18:28:00.003+01:00</published><updated>2011-06-12T18:38:05.256+01:00</updated><title type='text'>Festival Silêncio 2011</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/-9Jn0DA-MReA/TfT45qbWYkI/AAAAAAAAAWo/2aEkeR0HgKQ/s1600/logo1.png"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 104px; height: 200px;" src="http://3.bp.blogspot.com/-9Jn0DA-MReA/TfT45qbWYkI/AAAAAAAAAWo/2aEkeR0HgKQ/s200/logo1.png" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5617388304763085378" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Du 15 au 25 juin se tiendra à Lisbonne-à Music Box, au cinéma São Jorge et à la Faculté des Lettres- une nouvelle édition du festival Silêncio avec au programme, comme les années précédentes, des débats, des rencontres avec des écrivains, des expositions et beaucoup de spectacles. On peut connaître tout le programme en consultant le site:www.festivalsilencio.com&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7750110186755123605-4638680533326292976?l=laplumedissidente.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laplumedissidente.blogspot.com/feeds/4638680533326292976/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7750110186755123605&amp;postID=4638680533326292976' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7750110186755123605/posts/default/4638680533326292976'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7750110186755123605/posts/default/4638680533326292976'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laplumedissidente.blogspot.com/2011/06/festival-silencio-2011.html' title='Festival Silêncio 2011'/><author><name>la plume dissidente</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03412569277603503352</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='25' height='32' src='http://bp3.blogger.com/_fsVpp6E0gFg/R2LD2rHNZvI/AAAAAAAAAAM/1jGsASMCYsA/S220/santos.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/-9Jn0DA-MReA/TfT45qbWYkI/AAAAAAAAAWo/2aEkeR0HgKQ/s72-c/logo1.png' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7750110186755123605.post-3308071246594165498</id><published>2011-06-12T18:10:00.002+01:00</published><updated>2011-06-12T18:26:42.419+01:00</updated><title type='text'>Souvenir de Jorge Luis Borges</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/-MK0tp9_rnlY/TfT2lVGxxLI/AAAAAAAAAWg/uS7QA3Hunn8/s1600/jorge%2Bluis%2Bborges.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 200px; height: 171px;" src="http://1.bp.blogspot.com/-MK0tp9_rnlY/TfT2lVGxxLI/AAAAAAAAAWg/uS7QA3Hunn8/s200/jorge%2Bluis%2Bborges.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5617385756419015858" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Ce mardi 14 juin, on signale le vingt-cinquième anniversaire de la mort de Jorge Luis Borges. Ce grand écrivain argentin, né à Buenos Aires le 24 août 1899 et mort à Genève, fut sans l´ombre d´un doute un des plus grands noms de la littérature du vingtième siècle. Ses poèmes, essais et fictions ont envoûté plusieurs générations de lecteurs, surtout des lecteurs intelligents qui ne font pas de concessions à la facilité.&lt;br /&gt;Fêtons Borges, en lisant ses oeuvres, en faisant s´il le faut-comme il l´a écrit dans un de ses poèmes-de notre tristesse une musique...&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7750110186755123605-3308071246594165498?l=laplumedissidente.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laplumedissidente.blogspot.com/feeds/3308071246594165498/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7750110186755123605&amp;postID=3308071246594165498' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7750110186755123605/posts/default/3308071246594165498'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7750110186755123605/posts/default/3308071246594165498'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laplumedissidente.blogspot.com/2011/06/souvenir-de-jorge-luis-borges.html' title='Souvenir de Jorge Luis Borges'/><author><name>la plume dissidente</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03412569277603503352</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='25' height='32' src='http://bp3.blogger.com/_fsVpp6E0gFg/R2LD2rHNZvI/AAAAAAAAAAM/1jGsASMCYsA/S220/santos.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/-MK0tp9_rnlY/TfT2lVGxxLI/AAAAAAAAAWg/uS7QA3Hunn8/s72-c/jorge%2Bluis%2Bborges.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7750110186755123605.post-3442578037828127740</id><published>2011-06-08T22:08:00.005+01:00</published><updated>2011-06-08T22:21:35.970+01:00</updated><title type='text'>Jean Echenoz à Lisbonne</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/-RpjHtH-74u4/Te_mhk2dIXI/AAAAAAAAAWY/Q_l_81U8jb8/s1600/jean%2Bechenoz.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 200px; height: 160px;" src="http://1.bp.blogspot.com/-RpjHtH-74u4/Te_mhk2dIXI/AAAAAAAAAWY/Q_l_81U8jb8/s200/jean%2Bechenoz.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5615960724856447346" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/-UkG1GghdCMY/Te_mZ76EQ2I/AAAAAAAAAWQ/rksq4gLvmUg/s1600/livre%2Bde%2Bechenoz.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 144px; height: 200px;" src="http://1.bp.blogspot.com/-UkG1GghdCMY/Te_mZ76EQ2I/AAAAAAAAAWQ/rksq4gLvmUg/s200/livre%2Bde%2Bechenoz.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5615960593606656866" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;À l´occasion de la venue à Lisbonne de Jean Echenoz pour la présentation de la traduction portugaise de son livre &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Courir&lt;/span&gt;, aujourd´hui même à l´Institut Français du Portugal, je reproduis ici un article que j´ai rédigé sur ce livre en 2009 pour Literalia, le bulletin de la médiathèque de l´Institut Franco-Portugais, devenu Institut Français du Portugal en janvier 2011.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;!--[if gte mso 9]&gt;&lt;xml&gt; 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  &lt;w:lsdexception locked="false" priority="67" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Medium Grid 1 Accent 5"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="68" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Medium Grid 2 Accent 5"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="69" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Medium Grid 3 Accent 5"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="70" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Dark List Accent 5"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="71" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Colorful Shading Accent 5"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="72" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Colorful List Accent 5"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="73" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Colorful Grid Accent 5"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="60" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Light Shading Accent 6"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="61" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Light List Accent 6"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="62" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Light Grid Accent 6"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="63" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Medium Shading 1 Accent 6"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="64" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Medium Shading 2 Accent 6"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="65" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Medium List 1 Accent 6"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="66" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Medium List 2 Accent 6"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="67" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Medium Grid 1 Accent 6"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="68" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Medium Grid 2 Accent 6"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="69" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Medium Grid 3 Accent 6"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="70" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Dark List Accent 6"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="71" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Colorful Shading Accent 6"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="72" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Colorful List Accent 6"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="73" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Colorful Grid Accent 6"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="19" semihidden="false" unhidewhenused="false" qformat="true" name="Subtle Emphasis"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="21" semihidden="false" unhidewhenused="false" qformat="true" name="Intense Emphasis"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="31" semihidden="false" unhidewhenused="false" qformat="true" name="Subtle Reference"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="32" semihidden="false" unhidewhenused="false" qformat="true" name="Intense Reference"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="33" semihidden="false" unhidewhenused="false" qformat="true" name="Book Title"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="37" name="Bibliography"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="39" qformat="true" name="TOC Heading"&gt;  &lt;/w:LatentStyles&gt; &lt;/xml&gt;&lt;![endif]--&gt;&lt;!--[if !mso]&gt;&lt;object classid="clsid:38481807-CA0E-42D2-BF39-B33AF135CC4D" id="ieooui"&gt;&lt;/object&gt; &lt;style&gt; st1\:*{behavior:url(#ieooui) } &lt;/style&gt; &lt;![endif]--&gt;&lt;!--[if gte mso 10]&gt; &lt;style&gt;  /* Style Definitions */  table.MsoNormalTable  {mso-style-name:"Tabela normal";  mso-tstyle-rowband-size:0;  mso-tstyle-colband-size:0;  mso-style-noshow:yes;  mso-style-priority:99;  mso-style-qformat:yes;  mso-style-parent:"";  mso-padding-alt:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt;  mso-para-margin:0cm; 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La réputation de l´éditeur s´est beaucoup formée autour de Alain Robbe –Grillet et de la création du Nouveau Roman, mais aussi d´autres auteurs qui ont suivi leur propre chemin, indépendants de toute école littéraire.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;&lt;span style="mso-ansi-language: FR" lang="FR"&gt;&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;Quoiqu´il en soit, Jean Echenoz est considéré aujourd´hui, après la parution de certains livres salués par la critique&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;tels &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal"&gt;Le méridien de Greenwich&lt;/i&gt;, &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;Cherokee&lt;/i&gt;, &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;Les Grandes&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal"&gt;Blondes&lt;/i&gt; ou &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;Je m´en vais&lt;/i&gt; (Prix Goncourt 1999) comme un des meilleurs écrivains français de sa génération. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;&lt;span style="mso-ansi-language: FR" lang="FR"&gt;&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;Après &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal"&gt;Ravel&lt;/i&gt;- publié en 2006-, un roman autour de la figure du grand compositeur français Maurice Ravel, Jean Echenoz a récidivé en octobre dernier avec &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;Courir &lt;/i&gt;où la figure portraiturée est cette fois-ci l´athlète tchèque Emil Zatopek. Il ne s´agit nullement d´une biographie romancée (le personnage du roman se prénomme d´ailleurs Émile et non pas Emil, comme l´athlète qui a inspiré le roman), mais d´un roman où l´auteur nous livre, par petites touches et d´une écriture sobre et limpide, des moments décisifs de la carrière de ce monstre sacré du sport international- beaucoup le tiennent pour le plus grand coureur de tous les temps- et, en concomitance, de la vie d´un pays dont l´évolution politique a en quelque sorte conditionné Zatopek lui-même.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;&lt;span style="mso-ansi-language: FR" lang="FR"&gt;&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt; &lt;/span&gt;&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt; &lt;/span&gt;Emil Zatopek (1922-2000) était issu d´une famille modeste et à l´âge de seize ans était employé dans une fabrique de chaussures à Zlin au moment où la Tchécoslovaquie a été envahie par les troupes du Troisième Reich. C´est par là que Jean Echenoz fait débuter son roman : «Les Allemands sont entrés en Moravie. Ils y sont arrivés à cheval, à moto, en voiture, en camion mais aussi en calèche, suivis d´unités d´infanterie et de colonnes de ravitaillement, puis de quelques véhicules semi-chenillés de petit format, guère plus.» Jean Echenoz a d´ailleurs cette qualité rare de la concision, de dire l´essentiel par de petites phrases qui vont, on dirait, droit au but. Mais, pour en revenir à Zatopek, c´est en courant dans des meetings en portant les couleurs de sa fabrique, qu´il commence à se faire remarquer. Petit à petit, il gravit les échelons et commence à participer dans des courses plus importantes. Engagé dans l´armée, il suit une carrière militaire mais l´athlétisme est sa véritable passion. Sa méthode- dont il est vraiment précurseur- reposait sur l´entraînement par intervalles, même quand les conditions atmosphériques étaient particulièrement adverses. Il a participé à trois éditions des Jeux Olympiques- Londres (1948), Helsinki (1952) et Melbourne (1956)-et à des éditions des Championnats d´Europe et d´autres grandes compétitions internationales où il a pulvérisé tous les records de toutes les catégories : 5000 mètres, 10000 mètres ou le marathon. Cela va sans dire que le nouveau gouvernement de la soi-disant démocratie populaire ne s´est pas privé de faire de Zatopek un des symboles de renouveau tchèque sous la bannière communiste. Toutes les conditions de travail et d´entraînement lui étaient fournies pourvu qu´il ne dérogeât pas aux bons principes de la nouvelle réalité socialiste. Pour éviter que cette gloire tchèque n´eût la tentation de succomber aux sirènes de la «démocratie bourgeoise», le nouveau régime lui a tendu plusieurs pièges en défigurant des propos tenus à des journaux tchèques à la solde du Parti. Ainsi, Emil s´est-il vu interdit de séjour soit en France soit au Brésil pour cause d´affirmations qu´il n´a en effet jamais produites.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;&lt;span style="mso-ansi-language: FR" lang="FR"&gt;&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt; &lt;/span&gt;Lorsque, avec l´âge il a commencé à perdre de sa fraîcheur et à ne plus obtenir de victoires, celui que l´on a un jour surnommé la «locomotive tchèque», homme affable et intelligent qui parlait couramment cinq langues étrangères (allemand, anglais, français, hongrois et russe) et s´était marié à la lanceuse de javelot Dana Zátopková(née curieusement le même jour que son mari), ne s´est vu subtiliser aucun des privilèges dont il jouissait auparavant. Colonel de l´armée tchèque, il a mené une vie paisible jusqu´à la fin du Printemps de Prague. Là, ayant pris fait et cause pour les rénovateurs qui préconisaient un socialisme à visage humain et en démocratie, il est tombé en disgrâce. Envoyé dans les mines d´uranium à Jackymov, devenu plus tard éboueur dans les rues de Prague, Emil Zatopek a finalement été poussé à l´autocritique, ce procédé sordide et humiliant dont les régimes staliniens ont le secret. Ce n´est qu´après la révolution de velours que Zatopek a pu enfin recouvrer sa dignité.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;&lt;span style="mso-ansi-language: FR" lang="FR"&gt;&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;   &lt;/span&gt;Jean Echenoz nous a fait connaître avec cet extraordinaire récit des fragments de la vie de ce coureur de fond, avec l´œil discret mais efficace d´un conteur- non pas un conteur selon les canons traditionnels, mais sans doute un vrai et indiscutable conteur- qui sait trouver le mot juste pour nous transmettre sa passion de la littérature et donc de la vie. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;&lt;span style="mso-ansi-language: FR" lang="FR"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;&lt;span style="mso-ansi-language: FR" lang="FR"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;&lt;span style=" font-family:&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,&amp;quot;serif&amp;quot;;mso-fareast-Times New Roman&amp;quot;; mso-ansi-language:FR;mso-fareast-language:PT;mso-bidi-language:AR-SAfont-family:&amp;quot;;font-size:12.0pt;"  lang="FR" &gt;Courir&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span style="font-family:&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,&amp;quot;serif&amp;quot;; mso-fareast-Times New Roman&amp;quot;;mso-ansi-language:FR;mso-fareast-language: PT;mso-bidi-language:AR-SAfont-family:&amp;quot;;font-size:12.0pt;"  lang="FR" &gt;, Jean Echenoz, Éditions de Minuit&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7750110186755123605-3442578037828127740?l=laplumedissidente.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laplumedissidente.blogspot.com/feeds/3442578037828127740/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7750110186755123605&amp;postID=3442578037828127740' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7750110186755123605/posts/default/3442578037828127740'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7750110186755123605/posts/default/3442578037828127740'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laplumedissidente.blogspot.com/2011/06/jean-echenoz-lisbonne.html' title='Jean Echenoz à Lisbonne'/><author><name>la plume dissidente</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03412569277603503352</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='25' height='32' src='http://bp3.blogger.com/_fsVpp6E0gFg/R2LD2rHNZvI/AAAAAAAAAAM/1jGsASMCYsA/S220/santos.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/-RpjHtH-74u4/Te_mhk2dIXI/AAAAAAAAAWY/Q_l_81U8jb8/s72-c/jean%2Bechenoz.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7750110186755123605.post-3489726321918395114</id><published>2011-06-08T21:47:00.003+01:00</published><updated>2011-06-08T22:02:08.424+01:00</updated><title type='text'>La disparition de Jorge Semprún</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/-vc3uxPfCbxU/Te_itSXAfdI/AAAAAAAAAWI/DeN6bpYUqSI/s1600/jorge%2Bsempr%25C3%25BAn.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 154px; height: 200px;" src="http://3.bp.blogspot.com/-vc3uxPfCbxU/Te_itSXAfdI/AAAAAAAAAWI/DeN6bpYUqSI/s200/jorge%2Bsempr%25C3%25BAn.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5615956528004627922" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Hier, s´est éteint à Paris, à l´âge de 87 ans, Jorge Semprún, écrivain espagnol dont la majeure partie de l´oeuvre a été écrite en français.&lt;br /&gt;Déporté à Buchenwald, expulsé du Parti Communiste Espagnol en 1964, il a été ministre de la culture d´Espagne pendant trois ans(1988-1991) sous le gouvernement de Felipe González. Sa mort est une énorme perte pour la culture européenne.&lt;br /&gt;Dans les archives de ce blog, vous pourrez trouver un article que j´ai rédigé en juin 2008 sur la vie et l´oeuvre de ce grand écrivain.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7750110186755123605-3489726321918395114?l=laplumedissidente.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laplumedissidente.blogspot.com/feeds/3489726321918395114/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7750110186755123605&amp;postID=3489726321918395114' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7750110186755123605/posts/default/3489726321918395114'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7750110186755123605/posts/default/3489726321918395114'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laplumedissidente.blogspot.com/2011/06/la-disparition-de-jorge-semprun.html' title='La disparition de Jorge Semprún'/><author><name>la plume dissidente</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03412569277603503352</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='25' height='32' src='http://bp3.blogger.com/_fsVpp6E0gFg/R2LD2rHNZvI/AAAAAAAAAAM/1jGsASMCYsA/S220/santos.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/-vc3uxPfCbxU/Te_itSXAfdI/AAAAAAAAAWI/DeN6bpYUqSI/s72-c/jorge%2Bsempr%25C3%25BAn.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7750110186755123605.post-7475056108015621985</id><published>2011-05-28T17:50:00.005+01:00</published><updated>2011-05-28T18:03:29.879+01:00</updated><title type='text'>Chronique de juin 2011</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/-K-AGBI8mIAs/TeEpd4wF-6I/AAAAAAAAAV8/jYzMWWdKNGI/s1600/eugene%2Bgreen-2.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; 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janvier 2011 Institut Français du Portugal) après la sortie de ses deux premiers romans &lt;span style="font-style: italic;"&gt;La Reconstruction&lt;/span&gt;(chez Actes Sud) &lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt; &lt;/span&gt;en septembre 2008 puis &lt;span style="font-style: italic;"&gt;La bataille de Ronceveaux&lt;/span&gt;(chez Gallimard) en octobre 2009, il a rappelé une nouvelle fois qu´il était né en Barbarie le 28 juin 1947. C´est que cet écrivain et cinéaste, devenu citoyen français et écrivant dans la langue de Molière a voulu couper tout lien avec ses origines américaines. Aussi dit-il assez souvent qu´il est né en Barbarie. Lorsque nous avons parlé ce jour-là, il m´a exprimé son désarroi devant l´évolution de la culture américaine et le culte du spectacle et de l´argent. &lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt; &lt;/span&gt;L´Europe, par contre, a un patrimoine à sauver et ne peut pas se faire contaminer par ce raz de marée culturel étasunien. S´il n´aime pas New-York, la ville où il a vu le jour, il aime encore moins d´autres États américains. Quand je lui ai évoqué mes cousins américains et mes vacances à Fort Lauderdale en Floride en 2002, il a dit : « Là, c´est encore pire qu´à New-York». Malgré son aversion pour les Etats- Unis que je ne partage pas tout à fait, je l´ai pris en sympathie.&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;&lt;span style="mso-ansi-language: FR" lang="FR"&gt;Un mois plus tard, on s´est revus lors de l´avant-première au Portugal de son film&lt;span style="font-style: italic;"&gt; La religieuse&lt;/span&gt; &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Portugaise&lt;/span&gt;. C´est d´ailleurs grâce à sa gentillesse que j´ai été invité à cette séance, Eugène Green étant intervenu auprès de son producteur pour qu´on se procure mon courriel. &lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt; &lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;La&lt;/span&gt; &lt;span style="font-style: italic;"&gt;religieuse portugaise&lt;/span&gt; – où Green, comme il arrive souvent dans ses films joue un petit rôle comme acteur-&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;   &lt;/span&gt;a quelques points en commun avec ses romans dont on se doit de mettre en exergue un humour fin et la quête d´identité. Une française d´ascendance portugaise voyage jusqu´à Lisbonne non pas à proprement parler pour fouiller dans son passé ou ses origines mais pour tourner un film inspiré par l´œuvre de Guilleragues &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Lettres d´une religieuse portugaise.&lt;/span&gt; En ville, elle se trouve fascinée par une religieuse qui vient prier tous les jours à la chapelle de Nossa Senhora do Monte. C´est en parlant un jour avec cette religieuse que la jeune actrice entrevoit le sens de sa vie et de son destin. Cette question de l´identité est également en quelque sorte le sujet de ses&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;trois romans. Dans le premier – &lt;span style="font-style: italic;"&gt;La reconstruction&lt;/span&gt;-dont j´ai fait une recension à l´époque pour Literalia, le bulletin de la médiathèque de l´Institut franco-portugais, Johann Launer, un citoyen allemand contacte Jérôme Lafargue, un professeur de littérature à la Sorbonne pour que celui-ci -qui avait autrefois connu son père- l´aide à éclaircir son passé. Dans le deuxième – &lt;span style="font-style: italic;"&gt;La bataille de Ronceveaux&lt;/span&gt; – on fait la connaissance de Gotzon Peyrat, orphelin élevé par sa grand-mère dans une ferme près de Saint-Jean –Pied-de Port ou Donibaze Garazi en basque, qui petit à petit se rend compte à quel point la langue basque donne un sens à l´univers qui l´entoure. Il se trouve accusé d´un crime grave à la suite d´une réplique héroï&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;–comique de la bataille de Ronceveaux. Ses arguments devant la justice, drôlement brillants, mériteraient de faire partie d´une anthologie d´ écrits satyriques.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;&lt;span style="mso-ansi-language: FR" lang="FR"&gt;Enfin, son troisième roman est paru en avril dernier chez Gallimard et s´intitule &lt;span style="font-style: italic;"&gt;La communauté&lt;/span&gt; &lt;span style="font-style: italic;"&gt;universelle&lt;/span&gt;.&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;La question&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;de l´identité y est abordée encore une fois,&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;à l´instar de son roman précédent, d´une manière plaisante et pleine d´ironie. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;&lt;span style="mso-ansi-language: FR" lang="FR"&gt;Eugène Green nous livre une fiction qui tourne autour d´un couple sui generis. Émile est un médecin hospitalier parisien qui prend au pied de la lettre la véritable mission d´un médecin : sauver des vies. Il&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;s´interroge d´ordinaire sur les limites de la médecine, malgré les progrès scientifiques des dernières décennies. Au fil de la narration, on découvre qu´Émile a des ancêtres juifs, expulsés du Portugal au XVème siècle. Sa femme Adrienne est issue de l´aristocratie catholique anglaise, descendante de ces nobles qui n´ont pas accepté naguère le schisme anglican. &lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt; &lt;/span&gt;Le mariage entre eux aurait été vu jadis comme une mésalliance mais le progrès et le libéralisme des sociétés contemporaines ont heureusement fait fi de ce genre de préjugés. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;&lt;span style="mso-ansi-language: FR" lang="FR"&gt;Adrienne quoique heureuse de sa relation avec Émile décide un jour de partir à Londres&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;pour des raisons que l´on ne connaîtra qu´à la fin du roman. Elle descend dans une demeure familiale hantée par des fantômes et l´on côtoie au fil de l´histoire des personnes cocasses dont une domestique Priscilla et la «tatie» d´Adrienne un tant soit peu excentrique. Émile, abasourdi devant l´attitude de sa femme et bénéficiant de quelques jours de congé octroyés par son supérieur à l´hôpital, décide de rejoindre sa femme à Londres. Pourtant, celle-ci n´a pas envie de le revoir de sitôt et Emile déambule dans la capitale de la vieille Albion et fait la connaissance du jeune Ronas dont il devient ami, ignorant qu´il est jardinier dans la demeure familiale d´Adrienne. Ronas est un personnage assez singulier. Sa famille a émigré du Kurdistan natal à Manchester où Ronas a fait des études brillantes. Travaillant à Londres, Ronas rêve de partir en France, pays dont il parle la langue à la perfection. Ronas invite Emile à prendre logement au même endroit que lui, un quartier où les caïds religieux et leurs &lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt; &lt;/span&gt;sbires font la loi comme une véritable police des mœurs dans la meilleure tradition de l´intégrisme islamique. Ronas, à la&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;fin du roman, sera tragiquement victime de cette sale engeance. Mais, avant le dénouement, Ronas et Émile&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;se retrouvent plusieurs fois dans des restaurants ou ailleurs et il s´en faut de peu que Adrienne et Émile ne se croisent &lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt; &lt;/span&gt;comme si quelque chose de surnaturel, le destin, le hasard ou quoi que ce soit (peut-être une douce ironie tissée par le narrateur) les empêchent&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;   &lt;/span&gt;de se rassembler avant l´heure, c´est-à-dire, à la fin du roman.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;&lt;span style="mso-ansi-language: FR" lang="FR"&gt;Eugène Green, dans cette narration à quatre voix-celle du narrateur, d´Adrienne, d´Émile et de Ronas -, excelle à brosser un portrait de personnages drôles et d´épisodes où le burlesque côtoie le sérieux.&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;Si parfois il&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;plonge&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;ses personnages&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;en des situations où le lecteur le moins averti pourrait penser qu´il cède aux stéréotypes les plus conventionnels – comme l´évocation de l´adolescence d´Adrienne et le lesbianisme aux collèges anglais dirigés par des sœurs religieuses – ce n´est que pour mieux accentuer le côté farfelu de l´histoire et pour faire un pied de nez aux puritanismes les plus éculés.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;&lt;span style="mso-ansi-language: FR" lang="FR"&gt;&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt; &lt;/span&gt;Eugène Green ne cesse, par ailleurs, de nous surprendre. On sait qu´ il&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;n´est pas fier de ses origines américaines. Est-ce la raison pour&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;laquelle il a poussé l´ironie jusqu´à franciser des mots anglais tels que, entre autres, «whisky», qui dans le roman apparaît avec l´orthographe «houisqui» ? On ne saurait le dire… &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;&lt;span style="mso-ansi-language: FR" lang="FR"&gt;Ce que l´on peut dire sans hésitation c´est qu´Eugène Green, comme nous le rappelle à juste titre l´éditeur dans la quatrième de couverture, nous livre une nouvelle fois un roman d´une étrangeté totale.&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;Sans faire pour autant l´apologie de la&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;religion, il fait une critique à la fois ironique et acerbe d´une société contemporaine qui a jeté aux oubliettes toute dimension spirituelle et avec elle la mémoire et la fidélité aux principes qui ont forgé notre civilisation…&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;&lt;span style="mso-ansi-language: FR" lang="FR"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;&lt;span style="mso-ansi-language: FR" lang="FR"&gt;Eugène Green, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;La communauté universelle&lt;/span&gt;, éditions Gallimard, Paris 2011&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;   &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;&lt;span style="mso-ansi-language: FR" lang="FR"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;&lt;span style="mso-ansi-language: FR" lang="FR"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7750110186755123605-7475056108015621985?l=laplumedissidente.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laplumedissidente.blogspot.com/feeds/7475056108015621985/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7750110186755123605&amp;postID=7475056108015621985' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7750110186755123605/posts/default/7475056108015621985'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7750110186755123605/posts/default/7475056108015621985'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laplumedissidente.blogspot.com/2011/05/chronique-de-juin-2011.html' title='Chronique de juin 2011'/><author><name>la plume dissidente</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03412569277603503352</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='25' height='32' src='http://bp3.blogger.com/_fsVpp6E0gFg/R2LD2rHNZvI/AAAAAAAAAAM/1jGsASMCYsA/S220/santos.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/-K-AGBI8mIAs/TeEpd4wF-6I/AAAAAAAAAV8/jYzMWWdKNGI/s72-c/eugene%2Bgreen-2.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7750110186755123605.post-7977882789368275372</id><published>2011-04-30T21:22:00.003+01:00</published><updated>2011-04-30T21:36:05.203+01:00</updated><title type='text'>Ernesto Sabato n´est plus</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/-D7DGj2Qna2w/TbxyhB89ycI/AAAAAAAAAVk/tGxRKBHut6Y/s1600/ernesto%2Bsabato.jpg"&gt;&lt;img style="display: block; margin: 0px auto 10px; text-align: center; cursor: pointer; width: 200px; height: 117px;" src="http://4.bp.blogspot.com/-D7DGj2Qna2w/TbxyhB89ycI/AAAAAAAAAVk/tGxRKBHut6Y/s200/ernesto%2Bsabato.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5601477948327446978" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Il aurait fête 100 ans le 24 juin, mais la mort l´a emporté aujourd´hui, à l´âge donc de 99 ans. Ernesto Sabato était un des plus grands écrivains de l´histoire de la littérature argentine. Essayiste et romancier, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;El túnel&lt;/span&gt;, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Sobre héroes y tumbas&lt;/span&gt; et &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Abaddón el exterminador&lt;/span&gt; comptent parmi ses principaux titres.  En 1983, après la chute de la dictature argentine de Videla et ses pairs, il a dirigé le Conadep, la commission argentine qui a mené l´enquête sur les crimes et les victimes de la dictature. L´année suivante, il s´est vu décerner le prix Cervantès.&lt;br /&gt;Après le décès du poète chilien Gonzalo Rojas lundi dernier, c´est la deuxième grande figure des lettres sud-américaines(et le deuxième prix Cervantès) à disparaître cette semaine.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7750110186755123605-7977882789368275372?l=laplumedissidente.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laplumedissidente.blogspot.com/feeds/7977882789368275372/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7750110186755123605&amp;postID=7977882789368275372' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7750110186755123605/posts/default/7977882789368275372'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7750110186755123605/posts/default/7977882789368275372'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laplumedissidente.blogspot.com/2011/04/ernesto-sabato-nest-plus.html' title='Ernesto Sabato n´est plus'/><author><name>la plume dissidente</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03412569277603503352</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='25' height='32' src='http://bp3.blogger.com/_fsVpp6E0gFg/R2LD2rHNZvI/AAAAAAAAAAM/1jGsASMCYsA/S220/santos.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/-D7DGj2Qna2w/TbxyhB89ycI/AAAAAAAAAVk/tGxRKBHut6Y/s72-c/ernesto%2Bsabato.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7750110186755123605.post-3008470433923846198</id><published>2011-04-28T22:43:00.010+01:00</published><updated>2011-12-04T19:28:51.248Z</updated><title type='text'>Chronique de mai 2011</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/-FCUNWIHsRPM/TbnhIEo-5iI/AAAAAAAAAVU/TEXmgzLscFI/s1600/jorge%2Bedwards.jpg"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 167px; DISPLAY: block; HEIGHT: 200px; CURSOR: pointer" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5600755140412761634" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/-FCUNWIHsRPM/TbnhIEo-5iI/AAAAAAAAAVU/TEXmgzLscFI/s200/jorge%2Bedwards.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/-6J1kaHGJb4Q/TbnhCMLNkWI/AAAAAAAAAVM/DTGYiZ0xoEI/s1600/la%2Bmuerte%2Bde%2Bmontaigne.jpg"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 132px; DISPLAY: block; HEIGHT: 200px; CURSOR: pointer" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5600755039356162402" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/-6J1kaHGJb4Q/TbnhCMLNkWI/AAAAAAAAAVM/DTGYiZ0xoEI/s200/la%2Bmuerte%2Bde%2Bmontaigne.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;p style="MARGIN-BOTTOM: 0cm"&gt;&lt;span lang="fr-FR"&gt;Michel de Montaigne selon Jorge Edwards.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;p style="MARGIN-BOTTOM: 0cm" align="justify"&gt;&lt;span lang="fr-FR"&gt;«Un jour dans un congrès on m´a présenté comme Jorge Edwards, un écrivain anglais, né à Valparaiso et épris de littérature française. Seule la dernière information est correcte». Cette assertion du grand écrivain chilien Jorge Edwards, on peut la retrouver dans une interview toute récente accordée au quotidien de Santiago du Chili El Mercurio, une interview suscitée par la parution de son dernier livre &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;La Muerte de Montaigne&lt;/span&gt; (éditions Tusquets, Barcelone), une nouvelle occasion pour le prix Cervantès 1999 de montrer, alors qu´il est le tout nouvel ambassadeur de son pays en France, son amour pour la culture française, doublé cette fois-ci d´une admiration sans bornes pour une des plus grandes figures de l´histoire des lettres françaises, le philosophe Michel de Montaigne. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style="MARGIN-BOTTOM: 0cm" align="justify"&gt;&lt;span lang="fr-FR"&gt;Né à Santiago le 29 juillet 1931(il fêtera donc prochainement ses quatre-vingts ans), Jorge Edwards est issu d´une des familles les plus traditionnelles du Chili, liée à la politique et aux affaires. Étudiant au collège jésuite et plus tard à l´Université de Santiago où il a suivi des études de Droit, puis de sciences politiques à l´Université de Princeton aux États-Unis, il a entamé la carrière diplomatique en 1962 à Paris, mais sa véritable vocation était sans l´ombre d´un doute la littérature. Dès sa jeunesse, Jorge Edwards était fasciné par la figure –qu´il avait vue très peu -d´un cousin germain de son père dont le nom était à peine chuchoté à la maison comme s´il s´agissait d´un renégat ou du moins de quelqu´un qui portait atteinte à la bonne réputation de la famille. Cet homme n´était autre que l´écrivain Joaquín Edwards Bello, figure un tant soit peu excentrique, auteur des livres comme &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;El inútil&lt;/span&gt; et &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Don Juan lusitano&lt;/span&gt;(un hommage à l´écrivain portugais Eça de Queiroz et à son espèce d´hétéronyme Fradique Mendes), à qui Jorge Edwards allait rendre en 2005 un bel hommage à travers son roman &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;El inutil de la familia&lt;/span&gt;(&lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Le bon à rien&lt;/span&gt; &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;de la famille&lt;/span&gt;), traduit en français en 2007 aux éditions Le Serpent à Plumes et dont j´ai fait une recension à l´époque pour le site de la Nouvelle Librairie Française de Lisbonne(1). &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style="MARGIN-BOTTOM: 0cm" align="justify"&gt;&lt;span lang="fr-FR"&gt;Quoique Jorge Edwards eût écrit des livres dès 1952(&lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;El patio&lt;/span&gt;, en français La Cour, livre de contes) et qu´il eût été associé à la génération du boom littéraire latino américain dans les années soixante, aux côtés de Julio Cortázar, Mario Vargas Llosa, Gabriel Garcia Marquez, Carlos Fuentes ou son compatriote José Donoso, sa maturité comme écrivain est plus tardive. À vrai dire, malgré le succès et le bon accueil critique de ses premiers livres, Jorge Edwards a surtout fait parler de lui en 1973 avec la publication de &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Persona non grata&lt;/span&gt;, son témoignage sur son expérience diplomatique de trois mois et demi à Cuba où il a été expulsé par le gouvernement de Fidel Castro, à la suite de sa solidarité avec les intellectuels cubains en pleine crise de l´affaire Padilla, du nom de l´écrivain Heberto Padilla qui à la bonne manière stalinienne a été obligé de faire une autocritique après avoir contesté la politique culturelle et les restrictions aux libertés individuelles du régime castriste. Jorge Edwards, en poste à Paris auprès de Pablo Neruda(2), a décidé, contre l´avis de ses amis, de publier ce témoignage jugé inopportun, surtout parce que les milieux intellectuels de gauche ne pourraient tolérer qu´un écrivain de leur bord puisse contribuer à éroder le rêve révolutionnaire et l´utopie soi-disant libertaire interprétée par le régime cubain, qui plus est à un moment où le Chili venait de tomber sous la coupe de la dictature criminelle et fasciste d´Augusto Pinochet. Les réactions furent assez violentes. Jorge Edwards fut accusé entre autres choses d´être un agent à la solde de l´impérialisme et un agent de la CIA (une accusation classique de la part des castristes). Julio Cortázar, furieux, a annoncé qu´il coupait toute relation avec Jorge Edwards et Gabriel Garcia Marquez a su préserver l´amitié mais la politique a cessé d´être un sujet de conversation entre eux. &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Persona non grata &lt;/span&gt;a réussi la «prouesse» d´être interdit à la fois par le régime cubain de Castro et le chilien d´Augusto Pinochet ce qui est tout à son honneur et, reconnaissons-le, un brin ironique. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style="MARGIN-BOTTOM: 0cm" align="justify"&gt;&lt;span lang="fr-FR"&gt;Si l´affaire s´est par la suite estompée, le ressentiment fait parfois remettre cette histoire sur le tapis, comme en 2004, où dans une interview à la télévision portugaise, l´écrivain Luís Sepúlveda a raconté l´expulsion de Jorge Edwards de Cuba, en tirant à boulets rouges sur son compatriote, le traitant notamment de mauvais écrivain. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style="MARGIN-BOTTOM: 0cm" align="justify"&gt;&lt;span lang="fr-FR"&gt;Au fur et à mesure du déroulement de sa carrière d´écrivain, avec des livres importants comme &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;El peso de la noche&lt;/span&gt;, &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Fantasmas de carne y hueso&lt;/span&gt;, &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;El museo de cera&lt;/span&gt;,&lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;El origen del mundo&lt;/span&gt;, &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;El&lt;/span&gt; &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;sueño de la historia&lt;/span&gt; ou &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;La Casa de Dostoïevski&lt;/span&gt;(Prix Planeta-Casa de las Américas)(3), Jorge Edwards- qui est également journaliste et critique littéraire(on peut lire ses articles et chroniques, surtout au quotidien espagnol El Pais, au magazine espagnol -mexicain Letras Libres et au quotidien chilien La Segunda) -a toujours gardé son indépendance d´esprit, une attitude qui lui a valu bien des reproches et des incompréhensions. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style="MARGIN-BOTTOM: 0cm" align="justify"&gt;&lt;span lang="fr-FR"&gt;En 2009, lors des dernières élections présidentielles chiliennes, il a annoncé que pour la première fois il voterait pour le candidat de droite Sebastian Piñera(devenu président) et a critiqué le discours ringard et passéiste de la coalition rassemblée autour du candidat de gauche Eduardo Frei Ruiz-Tagle. Certaines voix à gauche ne le lui pardonneront jamais. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style="MARGIN-BOTTOM: 0cm" align="justify"&gt;&lt;span lang="fr-FR"&gt;Lorsqu´il a été nommé ambassadeur à Paris, la ville de sa prédilection, en août 2010, il avait déjà pratiquement terminé son dernier livre qui rend un brillant hommage à une figure de proue de la littérature française, Michel de Montaigne (1533-1592). Le livre &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;La muerte de Montaigne&lt;/span&gt; (La mort de Montaigne) qui vient de paraître en Espagne (début mars, coïncidant curieusement avec le premier anniversaire de l´octroi de la citoyenneté espagnole par le Conseil de Ministres) aux éditions Tusquets est un hybride qui tient de la biographie sentimentale, de l´autobiographie et un peu du roman. En concomitance avec l ´évocation de Montaigne, l´auteur glisse dans son récit des souvenirs et des réflexions sur des moments de sa vie. Jorge Edwards n´avait jamais caché son admiration pour cette figure majeure du seizième siècle qui a vécu dans une époque et un pays – la France – tiraillé par les guerres de religion entre catholiques et protestants. Michel de Montaigne, en esprit éclairé, prônait dans ses essais la tolérance, la tempérance et la concorde. Homme politique à l´échelle locale (il fut maire de Bordeaux, comme l´avait déjà été son père avant lui), Michel de Montaigne se nommait en fait Eyquem de Montaigne du nom de la propriété familiale, située à une dizaine de kilomètres de Bordeaux, près des hameaux de Castillon et de Saint – Émilion. Montaigne a brossé un portrait de son père dans un essai intitulé &lt;span style="font-style: italic;"&gt;De l´Yvrognerie&lt;/span&gt;. Il le décrit comme un personnage prude et modeste qui s´était marié vierge à l´âge de trente-trois ans et qui à soixante ans gardait une vigueur et une souplesse enviables. Le seul reproche qu´il adresse à son père –peut-être une boutade d´intellectuel, selon Jorge Edwards – c´est son respect excessif pour la connaissance, la culture et l´académie, lui qui était un personnage plutôt rustique aux connaissances limitées. Cette affirmation de Montaigne sert de prétexte à l´auteur pour dresser une comparaison avec la situation que l´on vit de nos jours où, d´après lui, au Chili, contrairement à ce qui se produisait il y a quelques décennies, les brutes n´admirent que la brutalité et les gens cultivés sont parfois obligés de dissimuler leur connaissances de peur d´offenser les rustauds. Une situation qui se généralise un peu partout d´ailleurs. Pour en revenir à Montaigne, son père lui a donné une éducation classique avec le latin comme langue maternelle et le français comme deuxième langue. Aussi les &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Essais&lt;/span&gt; de Montaigne quoiqu´écrits en français sont-ils imprégnés de citations latines et également de certaines tournures populaires, de gasconismes qu´il entendait aux paysans de la région. Contrairement à son père, Montaigne n´a pas été un homme chaste et il a même fréquenté des prostituées, ayant été victime à trois reprises de contagions vénériennes. Mais en fait d´amour, Jorge Edwards ne pouvait pas passer sous silence la relation de Montaigne dans les dernières années de sa vie avec Marie de Gournay, une jeune admiratrice qui s´éprend de lui, mais que Montaigne considère comme une fille adoptive et qui après la mort du philosophe s´occupera des éditions de ses œuvres. Une fille que l´historien Jules Michelet au dix-neuvième siècle ne tenait pas en haute estime, Michelet qui selon la légende- Edwards nous le rappelle-en panne d´inspiration, avait l´habitude de humer des puanteurs (odeurs d´urine et d´excrément) dans un recoin caché de sa maison.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style="MARGIN-BOTTOM: 0cm" align="justify"&gt;&lt;span lang="fr-FR"&gt;L´amitié de Michel de Montaigne et Étienne de la Boétie, le jeune philosophe, mort prématurément á l´âge de trente-trois ans, est l´objet de plusieurs références dans ce récit, Edwards ne souscrivant pas à l´idée de certains observateurs qui insinuent un début d´homosexualité, ne serait-ce que platonique, entre les deux. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style="MARGIN-BOTTOM: 0cm" align="justify"&gt;&lt;span lang="fr-FR"&gt;D´autres événements sont évoqués comme le meurtre d´ Henri III, le dernier de la branche de Valois en 1589 par Jacques Clément, un moine au service de la Ligue, et celui d´ Henri IV, le premier de la branche des Bourbons, en 1610(donc dix-huit ans après le décès de Montaigne) par François Ravaillac, un fanatique charentais. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style="MARGIN-BOTTOM: 0cm" align="justify"&gt;&lt;span lang="fr-FR"&gt;Ce livre est également l´occasion pour revenir à Cuba, un souvenir suscité par des insultes qui lui ont été adressées dans un lieu public à Santiago par un admirateur de Hugo Chavez. Jorge Edwards rappelle l´intolérance des communistes et se souvient d´une chanson de Carlos Puebla, très populaire au début de la révolution cubaine, dont le refrain disait : «Al que asome la cabeza, duro con el ! (Contre celui qui pointe sa tête, il faut être dur !). Curieusement, les intellectuels cubains entonnaient ce couplet de façon enthousiaste sans se rendre compte que c´était de leurs têtes qu´on parlait, comme on le verrait quelques années plus tard.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style="MARGIN-BOTTOM: 0cm" align="justify"&gt;&lt;span lang="fr-FR"&gt;Son admiration pour Montaigne a amené Jorge Edwards à faire le déplacement au village où Montaigne a vécu. À l´office du tourisme de Bordeaux, on a cru d´abord que l´écrivain chilien s´intéressait à Montesquieu et, l´équivoque dissipée, il s´est aperçu que l´intérêt pour Montaigne était assez réduit. Une fois arrivé, après quelques péripéties, il est monté jusqu´en haut de la tour du château de Montaigne et a pu visiter les lieux où le philosophe français a écrit ses essais et où, selon plusieurs chroniques, Henri III de Navarre (futur Henri IV de France) aurait séjourné un ou deux jours. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style="MARGIN-BOTTOM: 0cm" align="justify"&gt;&lt;span lang="fr-FR"&gt;D´autres souvenirs, réflexions, anecdotes enrichissent ce livre comme l´évocation du poète péruvien Emilio Adolfo Westphalen, une conversation entre Mario Vargas Llosa et Jorge Semprún à Paris, la difficile réconciliation au Chili, l´endroit où Jorge Edwards aimerait reposer après sa mort, le tout servi par une plume vive, chatoyante, voire -on oserait bien le dire – envoûtante. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style="MARGIN-BOTTOM: 0cm" align="justify"&gt;&lt;span lang="fr-FR"&gt;En refermant ce livre, on en sort grandi par la sagesse, l´intelligence, la joie qui s´en dégage.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style="MARGIN-BOTTOM: 0cm" align="justify"&gt;&lt;span lang="fr-FR"&gt;Un lecteur qui n´aurait jamais lu de livre de Jorge Edwards et qui eût décidé de plonger dans &lt;em&gt;La&lt;/em&gt; &lt;em&gt;muerte de Montaigne&lt;/em&gt;, comprendrait mieux après en avoir achevé la lecture, les phrases choisies par l´éditeur et écrites sur la bande qui entoure le livre : «Son langage est un alliage des vertus les plus difficiles : la transparence avec l´intelligence, la pénétration la plus incisive avec un sourire» (Octavio Paz), ou encore «On lui doit une œuvre riche, profonde et très cohérente qui exploite après chaque livre les éléments qui se cachent derrière les comportements humains, en faisant rejaillir ses zones d´ombre»(Mario Vargas Llosa).&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style="MARGIN-BOTTOM: 0cm" align="justify"&gt;&lt;span lang="fr-FR"&gt;Si ces jugements n´ont pas été exprimés en pensant à ce livre de Jorge Edwards (dans le cas de Octavio Paz ce serait tout à fait impossible, puisqu´il est mort en 1998), mais à l´ensemble de son œuvre, &lt;em&gt;La muerte de Montaigne&lt;/em&gt; traduit on ne peut mieux les caractéristiques qui y sont énoncées.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style="MARGIN-BOTTOM: 0cm" align="justify"&gt;&lt;span lang="fr-FR"&gt;À la veille de commémorer son quatre-vingtième anniversaire, Jorge Edwards garde intacts son talent et sa verve. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;p style="MARGIN-BOTTOM: 0cm" align="justify"&gt;&lt;span lang="fr-FR"&gt;(1) La traduction portugaise de ce roman (&lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;O inútil da família&lt;/span&gt;), publiée chez la prestigieuse maison d´édition Assírio &amp;amp; Alvim a valu un prix à son traducteur, le poète Helder Moura Pereira.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;p style="MARGIN-BOTTOM: 0cm" align="justify"&gt;&lt;span lang="fr-FR"&gt;(2) Jorge Edwards rend un hommage assez émouvant à Pablo Neruda dans son livre &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Adiós&lt;/span&gt; &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Poeta&lt;/span&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;p style="MARGIN-BOTTOM: 0cm" align="justify"&gt;&lt;span lang="fr-FR"&gt;(3)&lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Le bon à rien de la famille&lt;/span&gt;, &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Le musée de cire&lt;/span&gt;, &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;L´origine du monde&lt;/span&gt;, &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Le poids de la nuit&lt;/span&gt; et &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Persona non grata&lt;/span&gt; sont les livres de Jorge Edwards traduits en français.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;p style="MARGIN-BOTTOM: 0cm"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7750110186755123605-3008470433923846198?l=laplumedissidente.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laplumedissidente.blogspot.com/feeds/3008470433923846198/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7750110186755123605&amp;postID=3008470433923846198' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7750110186755123605/posts/default/3008470433923846198'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7750110186755123605/posts/default/3008470433923846198'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laplumedissidente.blogspot.com/2011/04/chronique-de-mai-2011.html' title='Chronique de mai 2011'/><author><name>la plume dissidente</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03412569277603503352</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='25' height='32' src='http://bp3.blogger.com/_fsVpp6E0gFg/R2LD2rHNZvI/AAAAAAAAAAM/1jGsASMCYsA/S220/santos.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/-FCUNWIHsRPM/TbnhIEo-5iI/AAAAAAAAAVU/TEXmgzLscFI/s72-c/jorge%2Bedwards.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7750110186755123605.post-6698379235530294270</id><published>2011-04-25T19:46:00.004+01:00</published><updated>2011-04-25T20:06:56.543+01:00</updated><title type='text'>La mort de Gonzalo Rojas</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/-meZN5iviNIQ/TbXFvXRKAuI/AAAAAAAAAU0/bO56YVpKkng/s1600/Gonzalo%2BRojas.jpg"&gt;&lt;img style="display: block; margin: 0px auto 10px; text-align: center; cursor: pointer; width: 132px; height: 200px;" src="http://3.bp.blogspot.com/-meZN5iviNIQ/TbXFvXRKAuI/AAAAAAAAAU0/bO56YVpKkng/s200/Gonzalo%2BRojas.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5599599129195578082" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Le grand poète chilien Gonzalo Rojas s´est éteint aujourd´hui à Santiago, à l´âge de 93 ans ,des suites d´un AVC, survenu en février dernier. Né le 20 décembre 1917, Gonzalo Rojas fut aussi diplomate à l´instar d´autres grands écrivains latino-américains. Son oeuvre poétique a été couronnée de nombreux prix littéraires dont le Prix National de Littérature du Chili en 1992 et le Prix Cervantès en 2003.&lt;br /&gt;Parmi ses titres, on se permet de mettre en exergue &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Contra la muerte&lt;/span&gt;, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Del relámpago,El alumbrado y otros poemas &lt;/span&gt;ou&lt;span style="font-style: italic;"&gt; Materia de testamento.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;La littérature de langue espagnole perd avec la mort de Gonzalo Rojas une de ses voix les plus singulières.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7750110186755123605-6698379235530294270?l=laplumedissidente.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laplumedissidente.blogspot.com/feeds/6698379235530294270/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7750110186755123605&amp;postID=6698379235530294270' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7750110186755123605/posts/default/6698379235530294270'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7750110186755123605/posts/default/6698379235530294270'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laplumedissidente.blogspot.com/2011/04/la-mort-de-gonzalo-rojas.html' title='La mort de Gonzalo Rojas'/><author><name>la plume dissidente</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03412569277603503352</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='25' height='32' src='http://bp3.blogger.com/_fsVpp6E0gFg/R2LD2rHNZvI/AAAAAAAAAAM/1jGsASMCYsA/S220/santos.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/-meZN5iviNIQ/TbXFvXRKAuI/AAAAAAAAAU0/bO56YVpKkng/s72-c/Gonzalo%2BRojas.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7750110186755123605.post-430620631496064726</id><published>2011-03-28T17:13:00.017+01:00</published><updated>2011-08-24T22:02:19.654+01:00</updated><title type='text'>Chronique d´avril 2011</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/-8D9VN0mWZIk/TZC2OBifs5I/AAAAAAAAAUs/lpq_vkhrB70/s1600/cioran-1.jpg"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 200px; DISPLAY: block; HEIGHT: 140px; CURSOR: pointer" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5589167489614328722" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/-8D9VN0mWZIk/TZC2OBifs5I/AAAAAAAAAUs/lpq_vkhrB70/s200/cioran-1.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;span lang="FR"&gt;Emil Cioran ou de l´inconvénient d´être gai.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;span lang="FR"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span lang="FR"&gt;&lt;span style="font-size:0;"&gt;&lt;/span&gt;Il y a une expression portugaise qui aurait bien plu au philosophe roumain Emil Cioran si jamais il avait appris la langue de Camões : « par les rues de l´amertume».&lt;span style="font-size:0;"&gt; &lt;/span&gt;Non pas qu´il eût été, d´après les témoignages de ceux qui l´ont le plus fréquenté, un personnage sombre, bourru ou atrabilaire, mais son œuvre philosophique est, on le sait, tissée par une réflexion sur le &lt;span style="font-size:0;"&gt;&lt;/span&gt;scepticisme et le désespoir que certains de ses titres traduisent on ne peut mieux : &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Sur les cimes&lt;/span&gt; &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;du désespoir(&lt;/span&gt;1934), &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Précis de décomposition&lt;/span&gt;(1949), &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Syllogismes de l´amertume&lt;/span&gt;(1952) ou &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;De&lt;/span&gt; &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;l´inconvénient d´être né&lt;/span&gt; (1973). &lt;span style="font-size:0;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:0;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span lang="FR"&gt;Emil Mihai Cioran est né le 8 avril 1911 à Rãsinari, un petit village des Carpates en Transylvanie, d´un père prêtre orthodoxe et d´une mère athée. Son lieu de naissance était à l´époque territoire magyar, c´est-à-dire intégrait l´empire austro –hongrois, dont le démembrement à la fin de la première guerre mondiale aurait été, selon Cioran, une parabole de l´écroulement futur de l´Europe. Pourtant, il n´y est pas resté longtemps, sa famille déménageant quelques années plus tard à Sibiu(Hermannstadt en allemand et Nagyszeben en hongrois),toujours en Transylvanie. Ses études universitaires à Bucarest entre la fin des années vingt et le début des années trente lui permettent de faire la connaissance de plusieurs personnalités- jeunes comme lui- même- qui allaient marquer de leur empreinte la vie littéraire roumaine comme Mircea Eliade, Eugène Ionesco ou Constantin Noica. Ce sont des années d´une extrême turbulence où les mouvements nationalistes d´inspiration fasciste et antisémite comme la Garde de Fer de la Légion de l´archange Michel sévissent sur le pays -à l´instar de ce qui se produit un peu partout&lt;span style="font-size:0;"&gt; &lt;/span&gt;en Europe- et séduisent les jeunes intellectuels. Mircea Eliade, Constantin Noica et Emil Cioran sont particulièrement sensibles à l´argumentaire et à l´éloquence de Nae Ionescu, professeur de philosophie, dont les cours sont toujours pleins de jeunes enthousiastes.&lt;span style="font-size:0;"&gt; &lt;/span&gt;Un jour –selon le témoignage d´Aurel Cioran (frère de l´auteur), livré à l´essayiste italien Claudio Mutti et paru le 22 février 1996 au quotidien L´umanità – alors que Nae Ionescu, à la fin d´un cours demande à ses élèves s´ils veulent encore parler de quelque chose, Emil Cioran se lève et lui&lt;span style="font-size:0;"&gt; &lt;/span&gt;répond :«Parlez-nous de l´ennui». Nae Ionescu disserte sur ce thème pendant deux heures.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span lang="FR"&gt;Emil Cioran, étudiant épris de Nietzsche, Kant,&lt;span style="font-size:0;"&gt; &lt;/span&gt;Schopenhauer, Spengler et Léon Chestov, obtient néanmoins sa licence –en 1932 –en achevant une thèse sur Henri Bergson.&lt;span style="font-size:0;"&gt; &lt;/span&gt;La passion du jeune roumain pour l´œuvre du philosophe français qui s´était vu couronner en 1927 du Prix Nobel de Littérature s´amenuiserait au fur et à mesure, Cioran considérant que Bergson n´avait pas compris la tragédie de la vie.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span lang="FR"&gt;En 1933, grâce à une bourse, Emil Cioran part à Berlin où il séjourne deux ans et peaufine ses études à l´Université locale. À l´époque où le nazisme prend le pouvoir en Allemagne, où les intellectuels indépendants, à l´esprit critique et libre, sont forcés de quitter leur pays- souvent déchus de leur nationalité - et voient leurs livres être brûlés, Emil Cioran succombe au chant des sirènes hitlériennes. Entre autres tristes perles, Cioran affirme, dans les années trente, que : «dans le monde d´aujourd´hui il n´existe pas d´homme politique qui m´inspire une sympathie et une admiration plus grande que Hitler». Ou encore «Sans le fascisme, l´Italie serait un pays en faillite». Il ne cache pas non plus sa fascination pour Codreanu, le leader du mouvement légionnaire de la Garde de Fer, à qui il adresse les commentaires les plus dithyrambiques.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span lang="FR"&gt;Entre-temps, il a commencé à publier ses premiers écrits. En 1934, paraît à Bucarest &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Pe culmile&lt;/span&gt; &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;disperari&lt;/span&gt;(&lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Sur les cimes du désespoir&lt;/span&gt;). Dans ce tout premier livre, percent déjà, de façon certes embryonnaire, quelques caractéristiques de la philosophie future de Cioran, quoique, dans ce livre, comme d´ailleurs dans le deuxième &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Cartea Amagirilor&lt;/span&gt;(&lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Le livre des leurres&lt;/span&gt;), Cioran, comme nous le rappelle Marta Petreu *, s´intéressât surtout« au domaine philosophique qui présente le plus d´intensité spirituelle : la métaphysique, pensée à la manière des philosophes subjectifs et supposant donc un intense débat sur la condition tragique de l´homme dans l´univers».&lt;span style="font-size:0;"&gt; &lt;/span&gt;Il ne dissimule pas sa pensée dès sa préface dont je me permets de reproduire ici un large extrait traduisant on ne peut mieux l´état d´esprit de l´auteur, à travers ses insomnies, au moment où il conçoit ce livre : «J´ai écrit ce livre en 1933 à l´âge de vingt-deux ans dans une ville que j´aimais, Sibiu, en Transylvanie. J´avais terminé mes études et, pour tromper mes parents, mais aussi pour me tromper moi-même, je fis semblant de travailler à une thèse(…) À tout cela un bouleversement intérieur vint mettre un terme et ruiner par là même tous mes projets. Le phénomène capital, le désastre par excellence est la veille ininterrompue, ce néant sans trêve. Pendant des heures et des heures je me promenais la nuit dans des rues vides ou, parfois, dans celles que hantaient&lt;span style="font-size:0;"&gt; &lt;/span&gt;des solitaires professionnelles, compagnes idéales dans les instants de suprême désarroi. L´insomnie est une lucidité vertigineuse qui convertirait le paradis en un lieu de torture. Tout est préférable à cet éveil permanent, à cette absence criminelle de l´oubli. C´est pendant ces nuits infernales que j´ai compris l´inanité de la philosophie. Les heures de veille sont au fond un interminable rejet de la pensée par la pensée, c´est la conscience exaspérée par elle-même, une déclaration de guerre, un ultimatum infernal de l´esprit à lui-même(…) Voilà dans quel état d´esprit j´ai conçu ce livre, qui a été pour moi une sorte de libération, d´explosion salutaire. Si je n´avais pas écrit, j´aurais sûrement mis un terme à mes nuits».&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span lang="FR"&gt;En 1936, faisait irruption sur la scène littéraire roumaine le livre le plus polémique de Cioran, celui qu´il finirait, dans une certaine mesure, par renier ultérieurement. Il s´agissait de &lt;em&gt;Schimbarea la fata a României&lt;/em&gt;(&lt;em&gt;Transfiguration de la Roumanie&lt;/em&gt;), un essai aux accents nettement antisémites. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span lang="FR"&gt;Lorsqu´en 1990, alors que la Roumanie venait de sortir de la longue, tyrannique et ubuesque dictature communiste du conducator Nicolae Ceascescu,&lt;span style="font-size:0;"&gt; &lt;/span&gt;les éditions Humanitas ont promu une réédition de ce livre, Cioran&lt;span style="font-size:0;"&gt; &lt;/span&gt;a décidé de supprimer l´intégralité du chapitre IV «Collectivisme national» et plusieurs passages qui risquaient de heurter la sensibilité des divers groupes(Hongrois, Tziganes, Juifs et Roumains),victimes de commentaires particulièrement agressifs, ce qui lui fut aussitôt reproché. L´édition française a vu le jour en 2009(chez L´Herne) avec un avertissement de l´éditeur et en quatrième de couverture on y peut lire des extraits d´un texte se trouvant intégralement à l´intérieur et qui s´intitule «Mon Pays», retrouvé par sa compagne Simone Boué après le décès de l´auteur en 1995. Elle estime que le texte serait daté de 1950 et Cioran y revient sur ses engagements de jeunesse : «Quand j´y songe maintenant, il me semble me rappeler les années d´un autre. Et c´est un autre que je renie, tout «moi-même» est d´ailleurs, à mille lieues de celui qu´il fut. J´avais haï mon pays, tous les hommes et l´univers ; il me restait de m´en prendre à moi ce que je fis par le détour du désespoir». Simone Boué (décédée en 1997) nous rappelle dans une Note à la fin du texte que dans les années cinquante Cioran disait de lui-même «Je suis comme certaines femmes dont on dit qu´elles ont un passé».&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span lang="FR"&gt;En 1937, Emil Cioran publiait un nouveau livre : &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Lacrimi si Sfinti&lt;/span&gt; (&lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Des larmes et des Saints)&lt;/span&gt;, sous la forme d´aphorismes, un genre qu´il affectionne particulièrement et qu´il emploiera souvent dans des livres futurs, écrits en français. C´est d´ailleurs, on le sait, une tradition bien française que celle des aphorismes. Cioran qui aimait particulièrement Chamfort et La Rochefoucauld est donc tributaire de cette tradition bien qu´il eût affirmé un jour que la forme fragmentaire lui allait bien parce qu´il était paresseux. Cette année de 1937 revêt une importance capitale dans sa vie : c´est l´année où il quitte son pays, grâce à une bourse de l´Institut français de Bucarest et se fixe définitivement en France. Il revient en Roumanie en 1940 – l´année où paraît à Sibiu son quatrième livre &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Amurgul gândurílor&lt;/span&gt;(&lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Le crépuscule des pensées&lt;/span&gt;)- pour un séjour de courte durée et en février 1941 il rentre à Paris. C´est dans la France occupée qu´il semble s´éloigner de ses engagements politiques (bien qu´il eût flirté pour quelque temps encore avec le régime de Vichy) et se consacre entièrement à son œuvre, surtout après la guerre et la libération de Paris. C´est encore pendant l´occupation qu´il fait la connaissance du grand poète juif roumain d´expression française Benjamin Fondane qu´il fréquente jusqu´à la déportation de celui-ci à Drancy, puis à Auschwitz et dont il évoquera plus tard l´amitié dans &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Exercices d´admiration&lt;/span&gt;, livre paru en 1986.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span lang="FR"&gt;1947 est l´année cruciale de sa vie où il consomme sa rupture avec la langue roumaine. Alors qu´il traduit Mallarmé en roumain, dans un village près de Dieppe, il s´aperçoit que la langue française pourrait mieux traduire ce qu´il voulait exprimer et décide de se mettre à écrire en français. Il rédige plusieurs versions de ce qui deviendra en 1949 &lt;em&gt;Précis de décomposition&lt;/em&gt;. Il dira un jour, d´un ton peut-être ironique,que «la langue française m´a apaisé comme une camisole de force calme un fou.» &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span lang="FR"&gt;Dans un entretien fort intéressant accordé à Léo Gillet en 1982 à la Maison Descartes d´Amsterdam –où l´on retrouve la phrase sur le goût pour la forme fragmentaire citée plus haut - et repris dans le recueil &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Entretiens&lt;/span&gt; (Collection Arcades, Gallimard), Cioran(qui dès le choix du français signe ses œuvres comme E.M. Cioran)livre ses impressions sur l´importance du style, de la correction grammaticale et de la préexcellence du langage français. Il évoque sur un ton plaisantin l´histoire de quelqu´un qu´il avait connu un jour, un certain M. Lacombe, homme très cultivé, spécialiste de langue basque, érotomane, bibliophile, fin connaisseur de la langue française qu´il maniait avec un brio et un raffinement inouïs, mais qui n´avait jamais publié de livre. Il se permettait néanmoins de corriger des professeurs de la Sorbonne –dont il fréquentait les cours – si jamais ils faisaient des fautes de français et il reprenait pour la même raison les prostituées de Paris avec lesquelles il s´était lié d´amitié ! Selon Cioran donc« il n´y a qu´en France où le fait d´écrire soit vraiment quelque chose de sacré (…) ça n´a aucun sens de dire par exemple : un tel écrit parfaitement l´allemand. Ça n´a aucun sens. Même pas l´anglais(…) C´est un concept qui est strictement français». D´après Cioran, en français on ne devient pas fou…&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span lang="FR"&gt;Après &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Précis de décomposition&lt;/span&gt;, donc son premier livre écrit en français, Emil Cioran a encore écrit autour d´une dizaine de livres jusqu´à sa mort en 1995 dont : &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Syllogismes de&lt;/span&gt; &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;l´amertume&lt;/span&gt;(1952) ; &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;La tentation d´exister&lt;/span&gt;(1956) ; &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Histoire et Utopie&lt;/span&gt; (1960) ; &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;La chute dans le&lt;/span&gt; &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;temps &lt;/span&gt;(1964) ; &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Le mauvais démiurge&lt;/span&gt;(1969) ; &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Valéry face à ses idoles&lt;/span&gt;(1970) ; &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;De l´inconvénient d´être né&lt;/span&gt; (1973) ; &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Ecartèlement&lt;/span&gt;(1979) ; &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Exercices d´admiration &lt;/span&gt;(1986)ou &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Aveux et anathèmes&lt;/span&gt; (1987).&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span lang="FR"&gt;Après sa mort, quelques inédits ont été publiés et le mois dernier deux nouveaux textes ont vu le jour aux éditions de L´Herne : &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Lettres(1961-1978),&lt;/span&gt;correspondance avec Armel Guerne et &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Bréviaire des vaincus II&lt;/span&gt;(Le premier tome de ce livre fut publié en 1993 mais aurait été écrit entre 1941 et 1944).&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span lang="FR"&gt;La philosophie de Cioran, on l´a vu au début de cette chronique, est tournée vers la réflexion sur le scepticisme, le pessimisme et le désespoir mais aussi le suicide, l´amertume, le rêve, la désillusion, l´absurde, l´aliénation, le vide, la déchéance et la tyrannie de l´Histoire. Malgré le côté plutôt sombre de la plupart de ses écrits, l´ironie n´y était pas toujours absente et il&lt;span style="font-size:0;"&gt; &lt;/span&gt;affirmait d´autre part qu´il y avait une supériorité de la vie face à mort : celle de l´incertitude. La mort est, au contraire, certaine et claire, donc seul le mystère de la vie est une raison de vivre.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span lang="FR"&gt;On dit de son œuvre qu´elle est marquée par le refus de tout système philosophique et ses détracteurs lui reprochent le manque de profondeur&lt;span style="font-size:0;"&gt; &lt;/span&gt;de sa recherche philosophique en ce sens qu´il reprend des idées de Nietzsche, de Bergson et d´autres penseurs en les illustrant tout court, ne développant pas une pensée critique ou du moins autonome par rapport à leur philosophie. D´aucuns rappellent aussi que l´histoire est sa bête noire. À ce propos, Cioran&lt;span style="font-size:0;"&gt; &lt;/span&gt;a présenté ses arguments –assez intéressants d´ailleurs -&lt;span style="font-size:0;"&gt; &lt;/span&gt;dans l´entretien cité plus haut : «Ce n´est pas seulement chez moi. La pensée d´Eliade est aussi contre l´histoire. Au fond, tous les gens de l´est de l´Europe sont contre l´histoire. Et je vais vous dire pourquoi. C´est que les gens de l´Est, quelle que soit leur orientation idéologique, ont forcément un préjugé contre l´histoire. Pourquoi ? Parce qu´ils en sont victimes. Tous ces pays sans destin de l´est de l´Europe, ce sont des pays qui ont été au fond envahis et assujettis : pour eux l´histoire est nécessairement démoniaque.». Quoi qu´il en soit, il ne tient pas en effet l´histoire en très haute estime. Plus loin, il affirme : « C´est la plus grande leçon de cynisme qu´on puisse concevoir(…) J´ai toujours eu une vision, disons, désagréable des choses. Mais à partir du moment où j´ai découvert l´histoire, j´ai perdu toute illusion. C´est vraiment l´œuvre du diable !» On peut interpréter ces assertions comme une sorte de boutade, mais si l´on s´en tient à l´argumentaire pessimiste et sceptique de toute l´œuvre de Cioran, on peut en conclure qu´il n´y a là aucune incohérence.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span lang="FR"&gt;Interdit de publication en Roumanie pendant la période communiste, Cioran a vécu modestement à Paris, d´abord dans une chambre de l´Hôtel Marignan, au 13 de la Rue du Sommerard, puis avec sa compagne dans une mansarde de la rue de l´Odéon. Se tenant à l´écart des milieux universitaire et littéraire parisiens, il a quand même fréquenté un cercle d´amis fidèles dont faisaient partie Eugène Ionesco (qu´il avait connu encore à Bucarest dans les années trente), Samuel Beckett – des «métèques» qui comme lui avaient choisi d´écrire en français -, Gabriel Matzneff, Frédéric Tristan, Roland Jaccard, Constantin Tacou et, bien sûr, Mircea Eliade avant le départ de celui-ci aux États – Unis.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span lang="FR"&gt;Les prix littéraires, il les a tous refusés, sauf le Prix Rivarol en 1949, pour des raisons strictement financières. Il était, il est vrai, sans le sou.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span lang="FR"&gt;À l´occasion des commémorations du centenaire de la naissance de cet écrivain majeur de langue française et roumaine, son œuvre est toujours vivante et suscite l´intérêt des milieux universitaires et littéraires.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span lang="FR"&gt;Je vous laisse en guise d´hommage à Emil Cioran, un des aphorismes que je préfère, du livre &lt;em&gt;De&lt;/em&gt; &lt;em&gt;l´inconvénient d´être né&lt;/em&gt; : «Montaigne, un sage, n´a pas eu de postérité ; Rousseau, un hystérique, remue encore des nations. Je n´aime que les penseurs qui n´ont inspiré aucun tribun.» Quoique je ne tienne pas à proprement parler en horreur la figure et l´œuvre de Rousseau (J´ai beau quand même lui préférer de loin Montaigne), je pense que notre cher Emil Cioran a vu juste… &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;p style="text-align: justify;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span lang="FR"&gt;*Préface à l´œuvre &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Transfiguration de la Roumanie&lt;/span&gt;, traduction d´ Alain Paruit, Éditions de L´Herne, Paris, 2009.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="LINE-HEIGHT: 115%;font-family:';font-size:11;"  lang="FR" &gt;P.S- Sur Internet, on trouve sur le site multilingue http://cioran.eu des articles intéressants sur l´œuvre de l´écrivain. À retenir aussi la parution récente de l´essai de Stéphane Barsacq, Cioran : éjaculations mystiques, aux éditions du Seuil. À lire enfin la chronique du dénouement de la célèbre affaire autour de Simone Baulez, la brocanteuse qui a sauvé de la destruction des manuscrits inédits de l´auteur et qui en est bien la propriétaire, selon un arrêt rendu par la Cour d´appel le mois dernier. À lire à ce propos, par exemple, l´article «Affaire Cioran : fin de partie» du blog de Pierre Assouline (http://passouline.blog.lemonde.fr).&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7750110186755123605-430620631496064726?l=laplumedissidente.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laplumedissidente.blogspot.com/feeds/430620631496064726/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7750110186755123605&amp;postID=430620631496064726' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7750110186755123605/posts/default/430620631496064726'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7750110186755123605/posts/default/430620631496064726'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laplumedissidente.blogspot.com/2011/03/chronique-davril-2011.html' title='Chronique d´avril 2011'/><author><name>la plume dissidente</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03412569277603503352</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='25' height='32' src='http://bp3.blogger.com/_fsVpp6E0gFg/R2LD2rHNZvI/AAAAAAAAAAM/1jGsASMCYsA/S220/santos.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/-8D9VN0mWZIk/TZC2OBifs5I/AAAAAAAAAUs/lpq_vkhrB70/s72-c/cioran-1.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7750110186755123605.post-4838873314911015126</id><published>2011-03-28T16:58:00.002+01:00</published><updated>2011-03-28T17:06:28.054+01:00</updated><title type='text'>Fernando Pessoa dans «Le petit journal»</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/-7hA4lJpr-jA/TZCx0In-cgI/AAAAAAAAAUk/W6Z9BgKUPP0/s1600/fernando%2Bpessoa.jpg"&gt;&lt;img style="display: block; margin: 0px auto 10px; text-align: center; cursor: pointer; width: 184px; height: 200px;" src="http://1.bp.blogspot.com/-7hA4lJpr-jA/TZCx0In-cgI/AAAAAAAAAUk/W6Z9BgKUPP0/s200/fernando%2Bpessoa.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5589162646793253378" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Le dernier numéro de l´édition lisbonnaise du Petit Journal-le journal des Français et des Francophones à l´étranger- est particulièrement intéressant avec notamment un article de notre ami Philippe Despeysses sur Fernando Pessoa. Un regard différent sur le génie des lettres portugaises qui fait indiscutablement partie du patrimoine littéraire universel. Lisez l´article sur: www.lepetitjournal.com,le site du Petit Journal.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7750110186755123605-4838873314911015126?l=laplumedissidente.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laplumedissidente.blogspot.com/feeds/4838873314911015126/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7750110186755123605&amp;postID=4838873314911015126' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7750110186755123605/posts/default/4838873314911015126'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7750110186755123605/posts/default/4838873314911015126'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laplumedissidente.blogspot.com/2011/03/fernando-pessoa-dans-le-petit-journal.html' title='Fernando Pessoa dans «Le petit journal»'/><author><name>la plume dissidente</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03412569277603503352</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='25' height='32' src='http://bp3.blogger.com/_fsVpp6E0gFg/R2LD2rHNZvI/AAAAAAAAAAM/1jGsASMCYsA/S220/santos.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/-7hA4lJpr-jA/TZCx0In-cgI/AAAAAAAAAUk/W6Z9BgKUPP0/s72-c/fernando%2Bpessoa.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7750110186755123605.post-8610796139302414578</id><published>2011-03-13T22:51:00.005Z</published><updated>2011-03-13T23:16:04.202Z</updated><title type='text'>Fête  de la francophonie 2011</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/--O-PxtsKeGk/TX1PNzKB4HI/AAAAAAAAAUc/SBv8AYGkGTE/s1600/f%25C3%25AAte%2Bde%2Bla%2Bfrancophonie%2B2011.jpg"&gt;&lt;img style="display: block; margin: 0px auto 10px; text-align: center; cursor: pointer; width: 134px; height: 200px;" src="http://4.bp.blogspot.com/--O-PxtsKeGk/TX1PNzKB4HI/AAAAAAAAAUc/SBv8AYGkGTE/s200/f%25C3%25AAte%2Bde%2Bla%2Bfrancophonie%2B2011.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5583706211498451058" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Cette semaine(du 14 au 20 mars) se tiendra à Lisbonne, Porto, Coïmbra, Setúbal, Caldas da Rainha et Vila Nova de Gaia, la Fête de la Francophonie au Portugal avec des concerts, des films, des pièces de théâtre, des expositions et des conférences. Douze pays de l´Oif(Organisation internationale de la francophonie) y participent:la France, la Belgique, la Suisse, le Luxembourg, le Sénégal, le Canada,  la Principauté d´Andorre,  le Maroc,la Roumanie,  la Moldavie, la Bulgarie et la Grèce. Voir le programme sur le site http://www.fetedelafrancophonie.com&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7750110186755123605-8610796139302414578?l=laplumedissidente.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laplumedissidente.blogspot.com/feeds/8610796139302414578/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7750110186755123605&amp;postID=8610796139302414578' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7750110186755123605/posts/default/8610796139302414578'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7750110186755123605/posts/default/8610796139302414578'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laplumedissidente.blogspot.com/2011/03/fete-de-la-francophonie-2011.html' title='Fête  de la francophonie 2011'/><author><name>la plume dissidente</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03412569277603503352</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='25' height='32' src='http://bp3.blogger.com/_fsVpp6E0gFg/R2LD2rHNZvI/AAAAAAAAAAM/1jGsASMCYsA/S220/santos.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/--O-PxtsKeGk/TX1PNzKB4HI/AAAAAAAAAUc/SBv8AYGkGTE/s72-c/f%25C3%25AAte%2Bde%2Bla%2Bfrancophonie%2B2011.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7750110186755123605.post-4142969760463697881</id><published>2011-02-26T18:45:00.005Z</published><updated>2011-02-26T19:06:15.757Z</updated><title type='text'>Chronique de mars 2011</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/-gYBoMOTb4VE/TWlOBgzpvxI/AAAAAAAAAUU/P3qD-MeIG9s/s1600/michel%2Bde%2Bghelderode.jpg"&gt;&lt;img style="display: block; 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  &lt;w:lsdexception locked="false" priority="73" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Colorful Grid Accent 5"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="60" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Light Shading Accent 6"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="61" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Light List Accent 6"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="62" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Light Grid Accent 6"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="63" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Medium Shading 1 Accent 6"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="64" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Medium Shading 2 Accent 6"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="65" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Medium List 1 Accent 6"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="66" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Medium List 2 Accent 6"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="67" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Medium Grid 1 Accent 6"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="68" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Medium Grid 2 Accent 6"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="69" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Medium Grid 3 Accent 6"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="70" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Dark List Accent 6"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="71" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Colorful Shading Accent 6"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="72" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Colorful List Accent 6"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="73" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Colorful Grid Accent 6"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="19" semihidden="false" unhidewhenused="false" qformat="true" name="Subtle Emphasis"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="21" semihidden="false" unhidewhenused="false" qformat="true" name="Intense Emphasis"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="31" semihidden="false" unhidewhenused="false" qformat="true" name="Subtle Reference"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="32" semihidden="false" unhidewhenused="false" qformat="true" name="Intense Reference"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="33" semihidden="false" unhidewhenused="false" qformat="true" name="Book Title"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="37" name="Bibliography"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="39" qformat="true" name="TOC Heading"&gt;  &lt;/w:LatentStyles&gt; &lt;/xml&gt;&lt;![endif]--&gt;&lt;!--[if gte mso 10]&gt; &lt;style&gt;  /* Style Definitions */  table.MsoNormalTable  {mso-style-name:"Tabela normal";  mso-tstyle-rowband-size:0;  mso-tstyle-colband-size:0;  mso-style-noshow:yes;  mso-style-priority:99;  mso-style-qformat:yes; 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 &lt;/span&gt;francophiles –quant au grand public&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;l´idée ne m´a même pas effleuré l´esprit-saisissent la véritable dimension de l´œuvre de cet écrivain majeur de langue française – issu comme tant d´autres du plat pays –qui, n´était sa mort relativement prématurée, aurait pu devenir –selon des rumeurs qui couraient l´année de son trépas –le deuxième écrivain belge après Maurice Maeterlinck en 1911 couronné du prix Nobel de Littérature. Dans les années cinquante ses pièces étaient régulièrement&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;jouées à Paris tant et si bien que l´on en est même venu à parler de «ghelderodite aiguë» et l´engouement s´est étendu un peu partout. Depuis, l´enthousiasme se serait paraît-il&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;estompé mais certains critiques français l´ont rangé parmi les plus grands écrivains du siècle et &lt;span style=""&gt; &lt;/span&gt;érigé en &lt;span style=""&gt; &lt;/span&gt;parangon à suivre,&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;le rapprochant de Céline pour la verve langagière et de Kafka pour le côté obscur et labyrinthique de l´intrigue de ses pièces.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="text-align: justify;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="" lang="FR"&gt;Michel de Ghelderode est le nom de plume d´Adémar Adolphe Louis Martens, né à Ixelles dans la banlieue de Bruxelles le 3 avril 1898, au sein d´une famille flamande. Néanmoins comme il était&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;assez courant à l´époque, on lui a donné une éducation française dans un but de promotion sociale. C´est&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;de son père, employé aux Archives du Royaume, qu´il tient le goût pour l´histoire, surtout les périodes du Moyen Âge, de la Renaissance et de l´Inquisition. De sa mère il hérite le plaisir des légendes et des récits racontés au coin du feu. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="text-align: justify;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="" lang="FR"&gt;Ses années d´étude au collège catholique Saint- Louis revêtent une importance capitale pour le développement et la maturation de son œuvre future. Si d´un côté il retient de la fréquentation des pères catholiques&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;les aspects rituels et magiques, il&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;en abhorre tous les fondements de l´édifice argumentatif religieux, il perd la foi en Dieu, mais continue de croire aux puissances du mal. À ce propos, il écrira un jour : « On m'a trop menacé naguère, mes parents et les prêtres, et ma vie s'est édifiée sur la peur […] Le prêtre clamait dans l'oratoire où l'on nous rassemblait le soir, pareils à des coupables. Et nous baissions le front. Un vent glacial nous frôlait la nuque et nous redoutions que la porte s'ouvrît et que quelqu'un d'invisible vînt appréhender l'un de nous. ». S´il ne croit plus en Dieu, la figure du Diable hante son esprit : « L'existence du diable est certaine, il suffit de regarder autour de soi. Dieu se manifeste rarement. »&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="text-align: justify;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="" lang="FR"&gt;De son enfance, Ghelderode garde également le souvenir des moments où son père l´emmenait à l´opéra et surtout au théâtre de marionnettes, notamment au Théâtre royal de Toone(où plus tard nombre de ses pièces seraient jouées)et à la foire de Midi, des souvenirs qui ont contribué ultérieurement à nourrir son œuvre.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="text-align: justify;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="" lang="FR"&gt;Quand il épouse en 1924 Jeanne- Françoise Gérard, son aînée de trois ans et demi, rencontrée dans une librairie où il avait travaillé comme commis, Ghelderode avait déjà écrit trois pièces de théâtre mais il était encore un jeune dramaturge, tout à fait méconnu, bien entendu.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="text-align: justify;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="" lang="FR"&gt;Ses pièces, écrites en français, ont d´abord été jouées, au Vlaamsche Volkstoonnel, une compagnie à la fois populaire et d´avant-garde, donc en traduction flamande, avant de connaître la gloire à Paris, surtout après la seconde guerre mondiale, a partir de 1947 et jusqu´en 1953. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="text-align: justify;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="" lang="FR"&gt;&lt;span style=""&gt; &lt;/span&gt;Si Ghelderode a naturellement choisi le français comme langue de création, son œuvre prolifique (autour d´une soixantaine de titres) emprunte essentiellement à l´imaginaire flamand, on dirait qu´il assume une rupture avec le théâtre français classique. On lit un livre de Ghelderode comme on regarde et l´on apprécie un tableau de Breughel. L´œuvre de Ghelderode est baroque, grotesque, macabre, un théâtre de la cruauté qui tient d´ordinaire de la pantomime et de la marionnette, aux résonances bouffonnes, le tout revisité par le feu, les flammes et le vent qui semblent&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;parfois soufflés par les esprits de l´Espagne inquisitoriale du temps de Torquemada. &lt;span style=""&gt; &lt;/span&gt;Ses personnages sont des ratés, des fous, des ivrognes, des vierges folles ou des femmes lubriques. &lt;span style=""&gt; &lt;/span&gt;Sa personnalité est tout aussi outrancière que son œuvre : mythomane, misogyne, antisémite, égotiste, hargneux, réactionnaire, faux anarchiste, anticlérical sont des épithètes que l´on entend souvent sous la plume de ceux qui brossent le portrait d´un homme qui n´était pas en odeur de sainteté avec son propre pays.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="text-align: justify;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="" lang="FR"&gt;&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;De Ghelderode,&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;le poète et passeur&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;belge Guy Goffette en donne une définition parfaite dans sa préface à La Balade du Grand Macabre, dans la collection Folio Théâtre, chez Gallimard : « Exilé dans un XXe siècle auquel sa nature délicate et rêveuse ne l´inclinait pas, obsédé par la peur de la mort sa vie durant, Ghelderode s´est réfugié par l´imagination dans une Flandre moyenâgeuse, dorée sur tranche, mythique, foisonnante et breughélienne, une Flandre mâtinée d´Espagnes, celle de Charles Quint, la plus heureuse et festive et l´autre, l´Espagne des Inquisiteurs avec son obsession de la Mort, son goût des pompes funèbres et de la cendre».&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="text-align: justify;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="" lang="FR"&gt;Les titres de ses pièces de théâtre illustrent on ne peut mieux le côté excessif, pétillant&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;et inventif de son œuvre. En voici quelques exemples : &lt;span style="font-style: italic;"&gt;La mort regarde à la fenêtre&lt;/span&gt;(1918), &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Duvelor ou la farce du diable vieux&lt;/span&gt;(1925), &lt;span style="font-style: italic;"&gt;La farce de la mort qui faillit trép
